XIV C’était à l’est du cap Lévi, à quatre ou cinq lieues de Cherbourg, que l’Orénoque avait été jeté à la côte. Les paysans qui étaient venus à mon secours m’emmenèrent à Fermanville, le village le plus proche, et l’on me coucha chez le curé. J’avais été si rudement secoué par les émotions et la fatigue, que je dormis plus de vingt heures sans m’éveiller ; je crois même que Turc et moi nous aurions dormi cent ans, comme dans la Belle au bois donnant, si le commissaire de la marine et les agents des assurances n’étaient venus nous déranger. Il me fallut comparaître devant eux et raconter tout ce qui s’était passé depuis le départ du Havre jusqu’au moment où l’Orénoque avait fait côte ; il me fallut dire aussi comment je me trouvais dans la caisse ; ce ne fut pas sans crainte que je m’y

