IX Deux heures après, j’atteignais les premières maisons de Sourdeval ; mais de peur d’être remarqué, je ne traversai pas la ville, je la tournai vers les derrières, de manière à rejoindre la route de Vire. La marche avait calme mon exaltation, mais je n’étais pas rassuré sur les difficultés de mon voyage jusqu’à Honfleur : je n’avais plus ma casserole, mon petit paquet était reste à Mortain, et au milieu des campagnes j’allais me retrouver dans la même position que le premier jour de ma fuite : la faim ne se faisait pas encore sentir, parce que j’avais bien déjeuné, mais elle ne tarderait pas ! Ajoutez que je voyais des gendarmes partout, et vous comprendrez que je ne cheminasse pas très gaîment : d’abord je regrettais mon compagnon ; puis tout chapeau, même tout bonnet de colon qui se

