IV. UNE ÂME DE SOLDAT Madeleine Liébaut ne s’était pas trompée : celui dont elle rêvait romanesquement de faire son beau-frère avait été frappé d’une impression très forte par la grâce exquise du visage d’Agathe apparu à la fenêtre du compartiment. Mais elle n’avait pas deviné que le travail qu’elle souhaitait d’accomplir s’était accompli déjà, en partie du moins, en sens inverse ; il avait suffi que l’officier la vît, elle, traverser la salle à manger, le premier soir, et ensuite qu’il causât avec elle, dans le vaste parc rempli du chant et du vol d’innombrables oiseaux. L’extraordinaire ressemblance des deux sœurs entre elles avait aussitôt dérivé sur la cadette l’admiration éveillée par le coup de foudre de la beauté de l’aînée. C’était bien Mme de Méris qu’il avait remarquée à la gare

