17 J’ai peur. Pour la première fois, j’ai peur. Je suis bien au point de rendez-vous, au croisement de la rue Ordener et de la rue Max Dormoy. J’observe. J’essaie d’anticiper. Je dois le repérer avant qu’il ne me voie. J’ai acheté une petite bombe lacrymogène. J’ai les 1000 euros sur moi. C’est plus cher quand on choisit son nom. Il y a beaucoup de monde. La plupart courent en tous sens. D’autres sont plantés là à attendre. Personne ne me remarque. Le visage caché par ma large capuche, je suis adossée à un mur derrière le vendeur d’épis de maïs comme il me l’a indiqué au téléphone. Un homme arrive sur ma droite, m’attrape le bras et me fait signe de le suivre. Il est aussi bien bâti que je suis frêle. Je monte avec lui dans un vieil immeuble dont l’escalier est vétuste. Les mains dans les

