PROLOGUE : Le Poids des Apparences

431 Words
​On dit que la soie est la matière la plus douce au monde. Mais pour moi, en ce jour qui devait être le plus beau de ma vie, elle ressemblait davantage à un linceul froid et pesant. ​Avez-vous déjà ressenti ce vertige, celui qui vous prend à la gorge lorsque vous réalisez que votre existence entière n'est qu'une construction de verre, prête à voler en éclats au premier souffle de vérité ? Dans notre monde celui des Nash, des Cole et de ces noms qui s’affichent en lettres d’or sur les façades des gratte-ciel l’image est une religion. On ne respire pas, on pose. On ne vit pas, on performe. ​Je m’appelle Ava, et j’ai appris trop tard que le prix d'un million de regards est souvent le sacrifice de sa propre âme. ​Certains voient en moi une héritière capricieuse, une icône de papier glacé. D'autres, un spectre surgi d'un cauchemar pour souiller le plus sacré des autels. Mais qui se soucie de la chair sous la dentelle ? Qui voit les marques invisibles sur ma peau, ou le trouble instable qui fait tanguer le sol sous mes pieds ? ​On m'a tout pris : mon nom, ma dignité, et jusqu'à mon propre reflet devant l'autel. Pour survivre, il m'a fallu accepter de descendre encore plus bas, là où les projecteurs ne pardonnent rien. On m'a jetée dans l'arène d'une île lointaine, sous le regard avide de millions de spectateurs, pour une ultime tentation. On pensait m'y briser définitivement, mais ils ont oublié une règle fondamentale de la vie. ​« Le phénix doit brûler pour émerger de ses cendres. » ​L'histoire que vous allez lire n'est pas un conte de fées. C’est le récit d'une chute libre dans un abîme de trahisons, là où les sourires de ceux qu'on aime cachent des lames de rasoir. C'est le chemin sinueux d'une femme qui a dû mourir aux yeux du monde pour enfin apprendre à exister. Et au milieu de ce chaos, il y a lui. L'homme qui me pousse dans mes derniers retranchements, celui qui refuse de détourner les yeux quand tout le monde me tourne le dos. ​Entrez dans la cathédrale. Écoutez le silence qui précède le chaos. Regardez bien cette mariée qui s'avance, car entre la pureté du blanc et la noirceur du sang, il n'y a qu'un seul pas. ​Bienvenue dans mon enfer. Il est pavé de roses blanches, de caméras indiscrètes et de mensonges éternels. Mais n'oubliez jamais : le feu qui détruit est aussi celui qui purifie.
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