Le silence du manoir à l’aube possédait une texture particulière, une sorte de grisaille sonore qui me pesait sur les tempes. Je m’étais glissée dans ma chambre par la porte dérobée avec une agilité que je ne me connaissais pas encore. Mes muscles, tétanisés par les exercices de Cyrus, tremblaient d’une fatigue sourde. Je restai debout, immobile au centre de la pièce, écoutant le rythme de la maison qui s’éveillait. Dans le couloir, j’entendis le pas lourd de Marcus, le garde du corps que mon père avait posté là. Le bruit de ses semelles de caoutchouc sur le parquet était un rappel constant de ma condition de prisonnière. Je me glissai sous les draps froids, mon corps encore vibrant de l’adrénaline de la nuit. La sueur avait séché sur ma peau, créant une pellicule inconfortable qui réveil

