Je restai un long moment face au miroir de ma coiffeuse, les mains posées à plat sur le bois froid. Le reflet qui me faisait face n’était plus celui de la femme brisée de la veille. J’avais passé deux heures à sculpter ce masque. Ma robe, une pièce de haute couture d'un noir abyssal en satin de soie, épousait mes courbes avec une précision chirurgicale, laissant mes épaules nues exposées à l'air frais de la chambre. Le tissu était si sombre qu'il semblait absorber la lumière, contrastant violemment avec la pâleur de ma peau. Mon maquillage était une armure : un trait d’eye-liner acéré comme une lame, des lèvres d'un rouge sang mat, et un teint de porcelaine, si lisse et si fixe qu’il interdisait toute expression. Je n'étais plus Ava. J'étais une idée. Une statue. Une poupée mécanique prê

