Le saut depuis la lucarne ne fut pas gracieux. Je tombai lourdement, le poids de ma robe gorgée d'eau m'entraînant vers le sol avec la force d'un filet de plomb. Mes genoux s'écrasèrent contre les graviers tranchants du parking désaffecté, et je sentis la soie fine se déchirer un peu plus, laissant ma peau à nu contre la terre battue. Je ne restai pas au sol. L'instinct, ce mécanisme animal que je ne soupçonnais pas posséder, me fit bondir. Je commençai à courir. Le terrain était une agression. Je n'avais pas de chaussures, et chaque débris de verre, chaque pierre saillante s'enfonçait dans la plante de mes pieds. Mais je ne sentais pas la douleur ; elle était anesthésiée par une décharge d'adrénaline si puissante qu'elle me brûlait les veines. Je courais entre les carcasses de voitu

