Chapitre 5
Elle: tu étais où?
Moi (bégayant): j'étais parti voir une amie.
Elle (criant): tu te fous de moi?
Moi (ayant peur): non bien sûr.
Elle: alors pourquoi tu me mens?
Elle (dans le bout du fil): alors c'est qui ça?
Moi (paniquant): assiste à que je t'explique.
Elle (ferme) tu n'as rien à m'expliquer, je te fais confiance et toi c'est ce que tu fais derrière mon dos. Donc t'attendais que je parte pour te pavaner dans les rues de Dakar avec les hommes qui pourront être ton père.
Moi (reniflant): assiste .. Je… vais ..
Elle (moi coupant): tu l'as ferme je dis, je rentre demain. On verra le discours que tu vas tenir devant moi. Au lieu de se concentrer sur tes études, non tu te crois assez grande pour être avec des hommes.
Moi (sniff): sœur. ..
Elle me raccroche au nez, alors je me mets à pleurer de plus en plus fort. Pourquoi suis-je partie à ce rendez-vous? Pourquoi, sans dîner je me couche dans mon lit et m'endors.
DEUX JOURS PLUS TARD
Je rentrais des cours lorsque je remarque la voiture de Mouha stationnée près de la maison. J'avais d'un coup chaud en imaginant ce qui m'attendait à l'intérieur. Je reste un bon bout de temps devant la porte de la maison priant Dieu de faire descendre à miséricorde sur moi, et aussi d'apaiser le cœur de ma sœur. Je franchis le seuil en pas de loup, je ne voulais pas me faire attraper mais à mon grand malheur ma sœur m'attendait devant la porte de ma chambre.
Elle: enfin Madame rentre.
Moi (stressé): bonsoir ma sœur.
Elle (venant vers moi): alors tu étais où vendredi?
Moi (bégayant): je… je ..
Elle (hurlant): ne me fait pas me répéter, bon sang tu étais où?
Moi (la gorge nouée): j'étais avec un ami.
Pafffff
Elle (criant): un ami, c'est ça [dit-elle en moi affichant les photos] ça c'est un ami pour toi.
Moi (pleurant): je te jure ce n'est pas ce que tu crois.
Elle: et qu'est ce que je crois? Lorsque tu te pavanes dans la rue avec des hommes qui ont le double de ton âge.
Moi (moi justifiant): il n'a…
Elle (levant sa main): tais-toi, vraiment tu m'as déçu, en plus tu t'embrassez comme ça dans la rue sans vergogne.
Moi: on ne s'est pas embrassé, je te le ju…
Pafff, une deuxième gifle
Elle: non mais toi, tu te fous de moi? J'ai les preuves sous la main et pourtant tu démens….
Je ne pouvais plus retenir mes larmes
Moi: snifff
Elle (me reluquant de haut en bas): dis moi s'il faut que je t'amène à l'hôpital pour une planification.
Je le regarde horrifiée, elle pense ça de moi? J'allais lui rétorquer que je ne suis pas une p**e lorsque Mouha fait irruption.
Lui: il se passe quoi ici?
Ma sœur: demande lui à elle?
Lui: je repose la question, il se passe quoi ici?
Elle: je discutais avec elle.
Mouha (la fixant): depuis quand crier, c'est discuter?
Elle (regardant son mari): n'est ce pas tu as vu les photos?
Mouha (son fils soutenant): et alors?
Ma sœur (haussant la voix): comment ça et alors? Tu aurais dis la même chose si c'était ta propre sœur?
Mouha: pff [se tournant vers moi] pourquoi tu pleures toi?
Moi (reniflant): sniff
Mouha (regardant ma sœur): ne me dis pas que tu lui as porté main?
Ma sœur: figure toi que si.
Mouha: quoi?
Elle: tu as bien entendu
Sans en entender plus, je me réfugie dans ma chambre en pleurant dans mon lit. Je restais un moment là en pleurant de chaudes larmes. Ce qui m'a le plus béni dans ses mots, c'est le fait qu'elle sous entend que je ne suis plus vierge. Là ça m'a vraiment blessé, qu'elle pense ça de moi. Je reniflais encore quand j'entends des coups sur la porte.
Moi (moi pertinent): entrez
Mouha (passant la tête): suis-je le bienvenue?
Moi (haussant les épaules): fais comme tu veux, tu es chez toi après tout.
Lui: mais là c'est ton enceinte, tu as le droit de m'y chasser.
Il vient s'asseoir dans la chaise de mon petit bureau. Avant de se tourner vers moi.
Lui: qu'est ce qui s'est passé Leïla?
Moi (le regardant): qu'est ce que tu veux dire?
Lui (me fixant): avant tu étais plus qu'une sœur pour moi, mais depuis mon mariage avec ta sœur, j'ai l'impression que tu me fuis, tu venais à chaque fois me voir. On ne restait jamais une semaine sans se parler, mais aujourd'hui c'est à peine si tu me salues dès que tu crois.
Moi (baissant les yeux):…
Lui (d'un ton calme): regarde moi.
Je lève les yeux, pour le voir
Lui: qu'est-ce qu'il y'a?
Moi: rien [fuyant son regard] il ne se passe rien.
Lui (venant près de moi): je crois comprendre.
Moi (levant les yeux vers lui): comment?
Lui (me fixant): je sais pourquoi tu réagis de la sorte.