7.3 : Manoé

1576 Words
┌───── •✧✧• ─────┐ -Manoé- └───── •✧✧• ─────┘ J'efface donc la notification avec une drôle d'impression pesante qui me fatigue encore plus. Je ferais peut-être mieux de me recoucher en fait, finir ma journée de congé enfermé dans mon lit en regardant la série d'Ezra c'est pas plus mal ! J'ai vraiment l'impression dépérir comme un imbécile c'est fou, il faudrait pourtant que je me bouge. Le choix me semble presque crucial, et mes yeux se baladent de ma tablette à mon sac de sport déjà prêt. Quand mon téléphone sonne, je ne regarde même pas qui, toujours en rude bataille interne avec mon dilemme. De toute façon ça ne peut pas être l'un d'eux, ils n'appellent jamais… “Manoé, je te dérange pas ?” Je reconnais directement la voix du proprio de la salle de sport que je fréquente et ça me ferait presque rire. Apparemment, je n'aurais pas à réfléchir plus longtemps à toutes ces merdes... Le "dirlo" comme je le surnomme depuis qu'il a ouvert, me demande souvent de le dépanner. On se connait depuis le lycée même si nous étions dans des écoles différentes. Lui comme moi faisions partie de l'équipe de notre bahut et on s'est donc retrouvé en compétition l'un contre l'autre. Il faisait ça par plaisir, c'était évident et justement c'était une chose qui m'embêtait moi qui me donnait à fond. Nous n'étions donc pas proches, bien au contraire. Mais après l'incident avec mon ex, il a bien été le seul à ne pas changer d'attitude envers moi et m'a même, pour ainsi dire, aidé… Les années ont passé et on a tous les deux pris des chemins bien différents des tournois nationaux, mais c'est le seul avec qui j'ai plus ou moins gardé contact, même si nous n'avons jamais abordé le sujet… C'est juste parfaitement bien comme ça ! Qu'importe qu'il soit sympa par pitié ou non, ça ne change rien. Sa salle est parfaitement équipée pour mes besoins et j'y suis simplement bien. Oui c'est vrai, j'ai toujours été bien quand je sortais d'une séance. Son appel n'est qu'un simple hasard, mais à dire vrai on ne peut pas dire qu'il ne tombe pas à pic, la journée n'est pas si pourrie que ça et je me sens franchement requinqué durant tout le trajet en voiture ! - Merci pour ton aide ! Je te revaudrais ça. - Y a pas de mal. Du coup c'est pour qui ? - T'as rien écouté de ce que j'ai dit... - Pas le moins du monde ! - Des novices pour les anneaux. Mon expression seule suffit à montrer ma surprise réelle, laissant un sourire mystérieux que je ne lui connais pas planer. - Ouaip, bonne chance ! Il m'envoie un clin d'oeil complice tout aussi étonnant et se replonge dans sa paperasse sans rien ajouter. Ce n'est que là que je trouve la situation étrange. Quand Dirlo m'appelle en renfort, c'est souvent le week-end quand il a trop de monde. A bien y voir, il n'y a que les habitués et lui-même flâne derrière son bureau à l'accueil. Je lui tirerais les vers du nez après ! Je file donc vers la pièce adjacente réservée à ce type d'équipement et je suis tout aussi troublé de voir la porte fermée. J'ouvre donc la porte, pas certain d'y trouver qui que soit finalement, pourtant il y a bien une personne à l'intérieur… - Ezra ! L’Alpha est là; semblant terminer un échauffement difficile et mes jambes me portent vers lui sans réfléchir. La surprise est réussie et je me laisse juste emporté, lui sautant dans les bras pour m'accrocher à lui. Son rire explose, se répercutant partout sur les murs pour réchauffer l'immense pièce de plusieurs degrés. Son regard charbon me fascine toujours autant et je ne résiste pas avant de m'imposer sur ses lèvres. Je rêve de l'embrasser depuis des semaines ! Mes jambes s'accrochent autour de ses hanches et je suis véritablement satisfait de sentir ses phéromones réagir au quart de tour. Mais elles ne sont pas les seuls… Je le sens lui aussi, et il est bien le seul à pouvoir détourner un tant sois peu mon attention du bel acteur. Je me retourne vers l'autre homme présent qui s'avance vers nous. Je ne l'avais pas vu avant, mais ses phéromones me submergent à son tour, épousant parfaitement les nôtres. Un tableau parfait, chaudement agrémenter lorsque Ragel est à porté de lèvres me laissant feuler comme un animal blessé dès que je me l'approprie lui aussi. Les deux Alpha connaissent mon côté gourmand, cela fait des mois qu'ils s'emploient à me faire tourner la tête, toujours d'une succulente façon. Mais je le vois très vite qu'ils sont surpris par ma réaction, leur odeur même le laisse entendre... L'air se charge de nous trois, juste si fort, et je pétille véritablement. Cela n'a jamais été aussi clair pour moi de les lire ! Chaque souffle est aussi évident qu'une ligne de texte, une définition de ce que l'autre a ressenti ou souhaite me faire comprendre. Le manque que j'ai éprouvé si lourdement est partagé, pour eux aussi le temps a été foutrement long. Le rugbyman est assez proche à présent pour que je m'arrime à lui et ses mains se retrouvent très vite sous mes fesses pour me maintenir contre lui. Ezra est toujours là pourtant, mon dos épouse son torse et il plonge directement dans ma nuque. Pris dans un étau des plus plaisant, j'embrasse de nouveau Ragel, me laissant peu à peu enivrer pour toutes nos phéromones largement sucrées qui nous entourent. - On t'a manqué ? creuse la voix suave de l'acteur qui s'amuse sur la peau de ma gorge - Ce n’est pas facile de rester sage pendant votre absence, je ne suis jamais resté si longtemps sans… ça ! Mon bassin ondule contre l'athlète, laissant aussi le comédien raffermir sa prise sur moi. Comment je pourrais simplement résister en cet instant ?! Je les pries si fort de me débarrasser de ce noeud de frustration intense qui m'a trop longuement habité, m'amusant de défaire lentement les fils des leurs… - J'ai faim de toi Manoé… Je gémis misérablement en réponse... Ce sont les premiers mots que Ragel prononce depuis tout à l'heure et ils me donnent l'impression de me plonger dans un océan de lave. Ses yeux de bronze fouille les miens, malicieux, et il se colle largement contre moi, appuyant son sexe érigé sur moi. - Mais calme-toi, on ne peut pas le faire ici... Glousse-t-il, presque amusé - Nan~ Me faites pas attendre, j'en peux plus… La pièce est surchauffée, c'est certain, et j'en ai le souffle coupé. Je ne pourrais jamais me retenir plus longtemps et quand bien même Ragel prononce cette presque injure, ses gestes ou ceux d'Ezra sont en totale contradiction. Alors j'ondule plus fort, frottant indécemment leurs lourdes érections contre mes fesses. Nous aurions étés nus, je les aurais engloutis sans l'ombre d'un souci ! Et quand les doigts de l'acteur s'infiltrent sans décence sous mon slime, chatouillant mes chairs impatientes, il ne peut qu'en avoir la certitude. Je le sens, mes fesses sont trempées ! Je les veux terriblement fort et je ne peux que me montrer aussi persuasif qu’obscène ! - J'ai pas de capotes… Ragel sait parfaitement ce qu'il fait. Il provoque un incendie qu'il ne pourra pas éteindre et s'en réjouit beaucoup. C'est exactement la scène qu'il avait en tête, et me voir aux portes de la privation est pile ce qu'il cherchait. Même si sa propre insatisfaction lui gonfle le sexe jusqu'à en devenir un supplice, cela reste un spectacle suffisamment divertissant et il ne le regrette pas. - Tch… Mais nous ne sommes pas seuls, et Ezra me lèche lentement la glande qu'il mordille depuis un moment. Ses doigts sont toujours aussi taquins, jouant de mon intimité sans en franchir les limites qu'importe à quel point ils y sont conviés. Il sait parfaitement que je veux qu'ils les enfoncent loin, qu'ils me remuent de l'intérieur pour me laisser exploser. Mais lui aussi joue, complice de son ami, et je vois les yeux d'ambre de Ragel se fixer un court instant derrière moi. Ezra bouge une main, farfouillant dans sa poche pour en sortir une liasse de préservatifs dont la vue suffit à me plonger dans le délice. - On venait voir notre p******l ! Je suis pas complètement con... - Dépêchez-vous ! Je me fiche bien de savoir tout ça. Si j'avais eu ne serait-ce que l'idée qu'ils puissent être ici, qu'importe les raisons, j'aurais moi-même apporté ce qu'il fallait ! Là de suite, je voulais être le fruit de leur envie, pas leur pote. Alors qu'ils s'enfoncent jusqu'à la garde en me tartinant de leurs hormones, c'est tout ce que je voulais. - Allez-y à deux, j'ai vraiment envie de vous deux ! - Bah dis donc, le régime n'est pas simple pour tout le monde... - Je vais bientôt avoir mes chaleurs… Je balance l'info sans y réfléchir et ça ne me semble même pas important. Pourtant leurs phéromones éclatent leur excitation rien qu'à l'idée. Je le sais, m'imaginer complètement sourd de toutes raisons les rend avides… C'en est trop ! Je descends de mon perchoir, retirant à la hâte mon bas tandis que mes amants enfilent leurs protections, tout aussi étourdis et impatient que moi. - Allez~
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