Chapitre 10 Le manoir de Kerwern, austère demeure de grosses pierres de taille grises, était blotti dans un vallon planté de chênes et de châtaigniers plusieurs fois centenaires, qui formaient une sorte d’oasis dans cette palud aux herbes rases. Une rivière, ou plutôt un clair ruisseau large d’à peine quatre mètres, coulait au fond de ce vallon, ce qui expliquait l’exubérance de la végétation et la présence d’arbres de haute futaie où roucoulaient des ramiers. Il y avait en façade six fenêtres dont trois avaient leurs volets clos. Elles encadraient trois par trois une entrée principale à laquelle on accédait par une sorte de perron à cinq marches. Pour parvenir à ce perron, il fallait franchir une grille dont les battants de fer rouillé étaient fermés. Cependant, il y avait une voiture

