Un jour de ces grands rassemblements du Plateau des Glières, je me trouvais, expectante, sur le square Bresson. La foule avançait vers l’est par petits groupes folâtres et décidés, comme elle en prenait l’habitude. Une b***e de jeunes qui se tenaient par le bras me trouva sur son chemin. Deux d’entre eux se lâchèrent les mains, saisirent les miennes, et me voilà dans la farandole, gambadant, chantant peut-être, criant même des slogans comme les autres, avec un plaisir inouï. L’étroitesse des trottoirs de la rue Dumont d’Urville et de la rue d’Isly obligeait notre petite b***e à s’étirer, à avancer de biais et, dans la cohue et le mouvement, je cherchais à me voir dans les glaces des vitrines, mais n’y parvenais pas… Je m’oubliais… Je vivais des moments où, malgré un effort d’introspection

