19 Santiago du Chili. 9 h 42. Paulina Alvarez allait et venait dans la chambre depuis bientôt vingt minutes, sous le regard impuissant de son frère. Dans la touffeur de la pièce exiguë, elle ne parvenait à dissoudre la boule qui lui tenaillait l’estomac. Les vêtements collés de sueur, elle se passa de l’eau fraîche sur le visage et la nuque. Un coup d’œil à sa montre l’informa qu’il lui restait une heure à attendre. Une heure encore, et elle saurait. Le moment venu, elle quitta l’hôtel seule et se faufila par les rues grouillantes et encombrées, côtoyant chiens errants et vendeurs ambulants, hommes d’affaires en costume et cireurs de chaussures. Les maisons basses se succédèrent sous les effluves mêlés des marchés à ciel ouvert et des fumées d’échappement. En ce début de matinée, la cha

