Au final, cette épreuve d'initiation est assez simple. Tous les autres se sont élancés dans la forêt comme des furets enragés. Ils sautent d'arbre en arbre, en se disant que les kunaï ont été biens cachés. Et pourtant...
À à peine quelques mètres de l'entrée de cette immense forêt, je suis tombée sur mon premier kunaï. Il était juste là sous mes yeux, caché sous quelques feuilles mortes. J'en ai encore trouvé d'autres à peu près de la même façon. Simplement cachés sous les feuillages, dans un buisson ou le creux d'un tronc d'arbre. C'est si facile que mon panier est presque plein. À ce rythme là je risque bien de terminer en première position.
J'imagine déjà le bonheur de mes parents quand je reviendrai la première, mon panier plein. Ils vont être fières de moi. Mais bon, il m'en faut un peu plus si je veux atteindre ce but. Je décide alors de quitter le sentier que je suivais pour rentrer véritablement dans la forêt. Malgré le fait que je la côtoie depuis un bon moment, elle me donne toujours cette impression étrange. Vraiment, je n'aime pas cet endroit. Mais pour la boîte de bonbons je serais prête à tout. Aussi je pénètre dans la forêt, mettant mes peurs de côté.
Je poursuis ma chasse aux kunaï avec quiétude. Comme tout à l'heure, les armes sont dissimulés dans des buissons. Je remercies les organisateurs pour ne pas les avoir cachés à l'aide de techniques de ninjutsu. Si non, je n'en aurais trouvé aucun.
Mon panier se rempli assez vite. Bientôt je pourrais quitter cette forêt lugubre. Des indications sont accrochées sur certains arbres, pour nous permettre de retrouver le chemin de retour. Il ne faudrait pas non plus que des enfants se perdent dans cette immense forêt. J'ai dit deux fois forêt, mais y a-t-il un autre mot pour la nommer ? ~_~
Je contourne ce qui me semble être un grand chêne, et tombe nez à nez -plutôt nez à dos, car je les vois de dos- avec deux jeunes garçons. Ils sont accroupis sur le sol, une petite fosse devant eux. L'un d'eux tient un kunaï plein de terre. J'en déduis que c'est lui qui a creusé le trou. Ils semblent mécontents.
Inconnu 1 : et m***e !!! Encore raté. Râle le premier.
Inconnu 2 : si ça continue comme ça, Nous finirons derniers de ce fichu rite. Se pleint l'autre. Si j'échoue cette année je devrais quitter l'académie.
Son acolyte aquiesse en silence.
En effet, le panier que tient le deuxième jeune homme m'a l'air bien vide. Et mon instinct me dit de fuir. Même si l'une des règles demandait de ne pas attaquer les autres, mieux vaut être prudente.
Mais alors que je me dirige en sens inverse, l'un des garçons apparait juste devant moi. Il me fixe avec dédain, un sourire narquois aux lèvres.
Inconnu 2 : Hum, Je me disais bien que j'avais entendu quelque chose. Qu'as-tu là ? Hé ! Rîn, viens voir.
Je reste figée, La panique m'envahie peu à peu. Vont-ils vraiment faire ce que je pense qu'ils vont faire ?
Rîn : quoi ? Qu'est-ce que... Il ne termine pas sa phrase lorsqu'il aperçoit mon panier. Ça fait des heures qu'on retourne cette satanée forêt. Et jusqu'ici, on n'a trouvé qu'un seul kunaï. Alors comment tu as fait ? Il me crie presque dessus.
Moi : heu... Je... Heu... Je n'arrive pas à aligner deux mots.
Leurs regards froids me figent sur place. Que faire ?
Inconnu 2 : là n'est pas la question. Nous ce qu'on veut c'est des kunaï n'est-ce pas. Pour rendre fières nos parents. Commence le premier.
Rîn : ouais. En plus, tu n'es pas Ninja. Tu ne peux pas comprendre. C'est une question d'honneur. Pas vrai Ginta ?!
Ginta: tout à fait. Donc tu vas gentillement nous remettre ton panier. Puis, on va partager les Kunaï entre nous et te laisser partir. M'ordonne-t-il.
C'est hors de question. Je tiens énormément au prix que j'obtiendrais si je parviens à ressortir de cette forêt le panier plein. Et je veux faire honneur à Kakashi qui a confiance en moi. Je ne peux pas faire ça. Mais je ne peux pas non plus me battre contre eux. Ce sont des ninjas, et moi... La pauvre fille d'un agriculteur. Toute fois, j'ai un plan.
Je fixe un point derrière eux afin de détourner leur attention. J'entre-ouve même la bouche, comme si j'étais surprise par un truc. Le premier se retourne, et le second ne tarde pas à le suivre. J'en profite pour me faufiler derrière eux, et m'échapper. Une fois hors de portée, j'accélère le pas, et me mets à courir aussi vite que possible.
Moi qui croyais m'en être échappée, suis très vite rattrapée par le dénommé Ginta. Il m'a l'air plus dangereux que son compagnon. Il me plaque violemment contre un arbre. Je ne peux retenir un cri de douleur, et laisse tomber mon panier. Son ami le récupère tandis que l'autre me maintient appuyée contre l'arbre.
Rîn : tu croyais vraiment pouvoir nous échapper ? *se gratte la nuque *. Tout se serait bien passé si tu n'avais pas résister. Mais maintenant...
Moi : vous n'avez pas le droit de faire ça ! C'est mon panier. C'est moi qui me suis tuée à la tâche pour trouver ces kunaï. Il est à moi !! Sanglotai-je. RENDEZ LE MOI !! Je leur hurle dessus.
Mais au lieu de me le rendre, il me donne une gifle, si fort que j'ai l'impression de revivre ma rage de dent de l'an passé. Ma joue est brûlante, une goutte de sang s'écoule le long de cette dernière avant de tomber sur mon T-shirt rose. C'est clair à présent, je les hais.
Moi : vous n'êtes que des monstres. Des sals gosses ! Même si vous partez avec MON panier, je vous dénoncerai aux organisateurs...
Rîn : tu n'as aucune preuve que ces kunaï sont à toi. Me coupe-t-il sèchement.
J'avoue qu'il a raison. Comment vais je faire alors ? Je ne peux pas tout recommencer et les laisser s'en tirer victorieux... Non je ne peux pas. Mais, je ne sais pas quoi faire non plus. Ginta me lâche, je glisse contre l'arbre et me retrouve assise sur le sol. Mes larmes ne cessent de couler et de me brouiller la vue. Mes sanglots tranchent avec le silence des lieux, Tout en faisant écho dans cette forêt. (╥﹏╥)
Ginta : on n'a plus rien à faire ici. On se tire.
L'autre aquiesse. Ils s'en vont, m'abandonnant seule avec ma peine - qu'ils ont causé -. Mais contre toute attente, un héros vient à mon secours.
Sado se jette sur le bras de Rîn, qui laisse alors tomber mon panier. Puis Sado récupère mon panier et me le rapporte. Je lui caresse la tête pour le remercier. Même si mes yeux sont pleins de larmes, je suis très heureuse de le voir et d'avoir récupéré mon bien. Ce n'est qu'après que je me demande d'où il peut bien venir. Je l'avais attaché à un arbre.
Rîn : m***e ! Ce sal cabot m'a mordu !! Se plaint -il.
Ginta : ça va ? Rien de grave ? En plus, il a repris le panier. Hein ? C'est qu'un petit chiot ! Constate-t-il.
Rîn : ce sera donc facile de le reprendre à nouveau. Vas y, je surveille tes arrières. Lui demande-t-il.
Il semble avoir très mal au bras, vu la grimace qu'il fait depuis tout à l'heure. C'est bien mon chien. Ce dernier se retourne, montre tous ses crocs à son ennemi. Il est en position d'attaque, la queu redressée, les pattes biens encrées dans le sol, prêt à se jeter sur l'ennemi. Si Ginta fait ne serait-ce qu'un pas, Sado va le mordre encore plus fort que pour son ami.
Et en effet, lorsque Ginta tente un saut vers mon chien, Ce dernier se jette sur lui et le mord fermement au mollet. Ginta crie si fort que cela me surprend de sa part. Il tombe à terre, déséquilibré par cette attaque. Sado ne le lâche pas pour autant, il maintient sa prise. Il a du se battre pour survivre avant notre rencontre. Donc son engouement ne m'étonne pas.
Moi : c'est bien mon chien ! Surtout ne le lâche pas ! Je l'encourage.
En une fraction de seconde, Tout bascule. Rîn qui était resté à l'écart a saisit une pierre assez grosse et l'a jetée sur mon chien. Je crois bien qu'il m'a fallut quelques secondes pour réaliser le drame qui vient de se produire. Le corps de Sado gis sur le sol, il ne donne aucun signe de vie.
Je laisse tomber mon panier et me jette sur mon meilleur ami.
Moi : nooooon !! Non ! Je t'en prie, relève toi ! Sado je t'en suplie ne me fais pas ça, je t'en prie. J'ai besoin de toi, s'il te plaît !! Je le soulève et le serre dans mes bras. Tiens bon. Je... Je t'emmène à l'hôpital. Tiens bon Sado, je t'en prie.
Du sang sort de ses narines. Plus les secondes s'écoulent, plus la panique m'envahie. Je ne veux pas le perdre. Je me lève afin de courir aussi vite que je peux jusqu'au cabinet du vétérinaire. Mais mes ennemis n'ont apparemment pas l'intention de me laisser faire. Les deux me bloquent le passage.
Rîn : tu crois aller où comme ça avec cette saleté de chien ?
Je ne réponds pas. La seule chose que je veux c'est partir d'ici. Rien, même pas les bonbons ne vaut la vie de Sado ni sa survie. Elle dépend entièrement de moi. D'ailleurs... C'est de ma faute s'il est dans cet état.
Moi : laissez moi passer. Je vous laisse ce maudit panier si vous voulez. J'abandonne le concours. Faites en ce que vous voulez mais laissez moi sauver mon chien. Je termine ma phrase en sanglots, serrant un peu plus Sado contre moi, comme si cela pouvait le sauver. Je vous en prie, laissez nous...
Ginta : pas après ce qu'il nous a fait. Et puisqu'on ne peut pas se venger sur lui, c'est toi qui va payer à sa place. Me coupe-t-il.
Rîn : totalement d'accord avec toi. Les faibles ne doivent pas se mélanger avec les forts. m'annonce-t-il, puis il lève le point, prêt à me frapper.
Je ferme les yeux me préparant à recevoir ce coup. Mais rien n'arrive. J'ouvre aussitôt mes yeux et tombe sur le dos de quelqu'un. Il s'est interposé entre Rîn et moi. Qui est-ce ? Qui est le deuxième héros venu à mon secours ?