- CINQUANTE-SEPT -LE TEMPS de revenir en taxi jusqu’à Carouge, parce qu’il n’y avait plus de bus à cette heure, Mireille a cessé de sangloter. Le personnel de la pension a été très chaleureux avec elle. Là-bas son oncle était très apprécié. C’était un des plus anciens pensionnaires de l’établissement. Elle a attendu qu’on le prépare pour les pompes funèbres et lui a dit un dernier au revoir, demandant à ce que le cercueil soit ensuite fermé et scellé. Elle préfère garder de lui cette dernière image souriante. Entre-temps, elle a glissé dans son sac l’enveloppe trouvée dans l’armoire. S’il a fait l’effort de lui confier ce papier juste avant de mourir, c’est certainement important. Mais, à l’heure où elle se sent si seule au monde, Mireille estime avoir eu son comptant d’émotion pour la so

