- QUARANTE-QUATRE -NU sur la table d’autopsie, Delaunay est encore plus imposant que debout et habillé. Ses chairs, retombant mollement de part et d’autre de son thorax, ont un côté caoutchouteux qui donne un haut-le-cœur à Laederach. Armand s’est mis au travail dès que le corps est arrivé dans son service. D’après les symptômes décrits par les ambulanciers, après avoir constaté les vomissures tachées de sang et la diarrhée qui sont survenues juste avant la mort, le légiste a déjà sa petite idée sur l’empoisonnement dont a été victime Delaunay. – Je pense qu’il a ingéré un produit corrosif. Très basique. On voit un début de rigidité de l’abdomen, même si le produit n’est pas descendu jusqu’à l’estomac. En tout cas, la pression sanguine a fait un saut. Les vertiges ont dû survenir avec un

