- QUATORZE -« ON S’ÉVEILLA au sortir de la guerre, engourdis comme après un cauchemar mais, très vite, les esprits genevois récupérèrent leurs grandes ambitions. C’est autour de 1918 que se multiplièrent les projets d’invasion de la plaine de La Praille. Une autre guerre était au programme. Mais, après quarante ans, Gustave n’avait plus autant d’énergie pour se battre. Ses premiers enfants devenaient adultes et il rêvait déjà de passer la main. Un des nombreux projets de réaménagement de la zone touchait directement la propriété familiale. Un architecte y envisageait une gare de marchandises en prolongement d’une gare de voyageurs installée au Pont-Rouge. Un tracé était alors dessiné sur les plans, délimitant les communes de Grand-Lancy et de Carouge. Le tracé d’une route coupant la plaine

