Chapitre 13
Sonia ne put s’empêcher de froncer les sourcils, stupéfaite par l’attitude obstinée de Jean. Avec un mari talentueux et une fortune familiale colossale, comment cette femme pouvait-elle se comporter avec une telle arrogance campagnarde ? Un léger sourire ourla ses lèvres. « Écoutez bien, votre fils et moi sommes désormais divorcés. Et je n’ai jamais profité d’un seul centime de votre famille. »
Jean, cependant, refusait de croire à ses paroles. « Des mensonges ! » clama-t-elle. « Où as-tu trouvé l’argent pour te permettre de fréquenter ce genre d’endroits si ce n’est celui de mon fils ? Écoute-moi bien, Sonia Reed : même si tu t’agenouillais et implorais mon pardon sur-le-champ, je ne te pardonnerais jamais ! »
Sonia sentit la colère lui monter, réprimant un rire amer. Quelle femme ! Jamais une attitude normale, toujours prête à semer le chaos. Elle décida de tourner les talons, estimant que cette vieille querelle ne méritait plus son attention. Mais Jean n’était pas du genre à laisser partir quelqu’un si facilement. « Tu crois pouvoir t’échapper ? »
Soudain, la main de Jean s’empara brutalement des cheveux de Sonia. Charles, anticipant le geste depuis le début, intervint avec rapidité et détermination. Il repoussa Jean et plaça Sonia derrière lui, la protégeant de la saisie violente. Dans la manœuvre, Jean perdit l’équilibre et s’effondra lourdement sur le sol.
« Aïe ! » s’exclama-t-elle en relevant le visage pour croiser le regard furieux de Charles. Elle se redressa un peu, exagérant sa douleur, et hurla : « Où est la justice ? Voilà une vieille femme battue par un gamin impertinent ! »
La foule commençait à se former autour de la scène. Le directeur du magasin arriva promptement, alerté par le tumulte. Jean, ne perdant pas une seconde, désigna Charles du doigt et se lamenta : « C’est ce misérable qui m’a frappée ! Mon dos… j’ai si mal… »
Le directeur Zeller, soucieux d’une cliente VIP, scruta la scène. Quand ses yeux croisèrent ceux de Carl, il s’immobilisa un instant. « Bo… » commença-t-il, mais Carl l’interrompit aussitôt : « Elle ment. Vérifiez les enregistrements de surveillance. »
Zeller, habitué aux conflits et aux exagérations, comprit immédiatement la situation. Il hocha la tête et déclara en souriant : « Très bien, je vais récupérer les vidéos sans attendre. »
Sonia, de son côté, ne put s’empêcher de s’interroger sur Carl. Était-il vraiment ce jeune homme modeste venu d’un village reculé ? Lorsqu’il revint avec les images, Jean se retrouva face à la vérité, muette et déstabilisée. « Madame, il serait préférable de vous retirer avant que la police n’intervienne », prévint Zeller.
Jean, abasourdie, bredouilla : « Quels policiers ? » Le directeur, désormais furieux, précisa : « Les caméras montrent clairement que vous avez initié l’agression. Comment osez-vous prétendre le contraire ? Si vous continuez à créer du désordre, je n’aurai d’autre choix que de contacter les forces de l’ordre. »
À peine eut-elle compris que son imposture était découverte qu’elle céda, incapable de poursuivre son harcèlement. Charles éclata de rire, sarcastique : « À ton âge, continuer à tourmenter les autres ? Quelle vieille sorcière ! On récolte ce que l’on sème. »
Son téléphone sonna, interrompant leur échange. Charles décrocha, écouta quelques instants et jeta un regard discret vers Sonia. Elle haussa un sourcil : « Est-ce que cela me concerne ? »
Il acquiesça, sérieux. « Un ami m’a informé que Tom a visionné les images de la caméra de l’accident de Tina, il y a six ans. » Le visage de Sonia se figea. Carl, remarquant son changement d’expression, demanda à Charles : « Quelles images exactement ? »
Charles, encore irrité, répondit : « Cette g***e de Tina Gray. À son réveil, elle a appris que Sonia avait épousé Toby et, par jalousie, a manipulé les faits pour faire accuser Sonia. Elle a prétendu que Sonia l’avait renversée avec sa voiture. »
Comment Toby, si intelligent, a-t-il pu se laisser duper ? Carl baissa les yeux, réfléchissant. « Peu importe si les vidéos existent encore, même Toby n’aurait pas pu les récupérer. »
Charles, soudain éclairé par une idée, murmura : « Tina est capable d’inventer un mensonge aussi grossier. Et si elle fabriquait une vidéo truquée pour te discréditer ? »
Sonia laissa échapper un rire amer, non de joie. « Je pensais pouvoir me consacrer à ma propre vie après le divorce avec Toby, mais il semble que certains ne me laisseront jamais tranquille. »
Elle reprit, déterminée : « Tant que Tina me laisse en paix, je ne m’en prendrais pas à elle. Mais si elle ose s’en prendre à moi, elle découvrira vite que je ne suis pas une proie facile. »