Chapitre 2

1325 Words
Elle fréquentait un monde d'homme et devait toujours s'imposer pour garder sa place, mais cela l'amusait beaucoup. Elle prenait un malin plaisir à dominer ces adversaires aussi bien en affaires que dans sa vie privée. « - Entrez messieurs, je vous en prie. J'ai pris connaissance de vos affaires et je pense que j'ai ciblé le problème... - Ecoutez-moi, mademoiselle Mills. Je n'ai pas l'habitude qu'on me dise ce que je dois faire et je dois avouer que je suis là simplement parce que mon associé a voulu faire appel à vos services… - Mr Gribs, je vais vous arrêter tout de suite. Vous avez fait appel à moi. C'est vous qui avez besoin de mes services, pas l'inverse, dit-elle d'un ton froid et sec. Si vous n'êtes pas content, vous pouvez vous lever et prendre la porte ! - C'est comme ça que vous traitez vos clients… Pas très professionnelle comme attitude pour une présidente… - C'est effectivement comme ça que je procède oui. Je ne suis pas arrivé là où j'en suis en me laissant dominer par la gente masculine. Et avant que vous ne me posiez la question, non, je ne suis pas féministe. J'ai le droit au respect et je le fais valoir. - Calmes-toi Peter, je t'en prie, intervint Alfred, son associé. Nous subissons une crise et mademoiselle Mills est là pour nous aider à remonter la pente... - Très bien, très bien. Continuez... - Pas avant que vous ne me présentiez des excuses pour votre attitude hautaine et désinvolte. » Un silence de plomb s'installa dans le bureau. Mariella fixa l'homme, attendant qu'il s'exécute, mais il ne dit rien. Elle se cala dans son fauteuil, les bras croisés sur sa poitrine et attendit. Elle savait qu'ils avaient besoin d'elle, alors elle n'allait pas se laisser faire. « - Très bien, je vous prie de m'excuser d'avoir dit ça, mademoiselle. - Merci, monsieur Gribs. Nous pouvons continuer. Comme je vous le disais. J'ai mis le doigt sur plusieurs problèmes majeurs... » Elle lui énonça un à un les points qui clochaient dans sa façon de diriger l'entreprise et lui proposa de l'aider à remanier les choses pour qu'ils puissent à nouveau faire des bénéfices. Après deux longues heures d'entretien, les hommes sortirent du bureau, voyant enfin une lumière au bout de ce long tunnel qu'est le redressement judiciaire. Mariella se tourna vers Sacha, l'air perplexe : « - Il était plutôt coriace celui-là, mais il n'était pas méchant. Je suis sûre que d'ici à quelques mois, j'aurais remis leur société à flots et qu'il me mangera dans la main. Sacha ? - Oui, patronne ? - Est-ce que les médias sont aussi intéressés que ça, sur ma vie privée ? - Pour te dire la vérité, il y a des tas de rumeurs te concernant ! Des paparazzis surveillent tes allées et venues du bureau. Je me suis même fait interroger plusieurs fois. Je pense qu'ils tueraient pour savoir si tu as un petit ami. - Pourquoi est-ce que la vie privée intéresse tellement le public. Ils ne peuvent pas se contenter de garder en mémoire mon ascension fulgurante dans le monde des affaires ? Se contenter du simple fait que je suis une femme brillante qui a réussi point à la ligne ? - Le monde est ainsi fait patronne. Les hommes rêvent d'être avec toi et les femmes ont envie d'être toi, c'est aussi simple que ça. » Mariella lui sourit, envahit par la fierté d'être ainsi admirée. Elle lui indiqua de faire entrer son second rendez-vous qui se déroula sans encombre. Après une matinée bien remplie, elle décida d'aller rejoindre son amie Néva pour déjeuner. « - N'oublie pas la conférence à Harvard à 16 heures » lui rappela son assistante avant de partir. Elle se dit alors qu'elle prendrait ensuite son jet privé pour aller au campus. Elle hocha la tête et remonta dans l'ascenseur quand elle reçut un coup de téléphone : « - Allo ? » Dit-elle en décrochant, mais personne ne lui répondit. Seul le souffle de la personne au bout du fil se fit entendre. Mariella grimaça, songeant qu'on devait lui faire une mauvaise blague ou que son interlocuteur avait dû se tromper de numéro. Elle raccrocha sans plus attendre et monta dans sa voiture direction Le Balthazar, un restaurant français en plein cœur de la ville. Arrivé au restaurant, elle aperçut son amie l'attendant assit à une table. Elle se précipita vers elle et la prend dans ses bras. Néva et elle étaient amies depuis qu'elle avait quinze ans. Elle n'avait pas beaucoup de vrais amis, mais elle savait qu'elle pouvait compter sur elle en toutes circonstances. « - Ma chérie, lança-t-elle. Ça me fait plaisir de te voir comment vas-tu ? - Oh, ce petit bout de femme me donne beaucoup de coups de pied, dit Neva en caressant son ventre. Mais ça en vaut la peine ... » Elles commencèrent à savourer les plats qu'on leur présentait : « - Ça, je veux bien te croire. J'ai hâte de la rencontrer. Rappelle-moi, c'est prévu pour quand ? - Dans deux semaines normalement. Aaron est aux anges et moi aussi… - Vous êtes si beaux tous les deux Ça donnerait presque envie de faire pareil ! - Menteuse ! Je te connais maintenant et ce genre de chose un peu fleur bleu te dégoute ! - Non ... Je ne dirai pas ça comme ça ... C'est juste que j'y ai renoncé il y a longtemps ... - En parlant de ça ... Jeremiah est venu nous rendre visite avant-hier ... » Néva s'interrompit en voyant le regard de son amie s'assombrir. Jeremiah était l'ex-petit ami de Mariella et il lui avait fait beaucoup de mal. Tellement de mal qu'elle avait jeté son cœur aux ordures après leur relation et qu'elle n'avait jamais refait confiance à personne. Elle chassa ses mauvais souvenirs dans un coin de son esprit et changea de conversation : « - Je dois donner une conférence aujourd'hui à Harvard… Tu crois que le campus a changé ? - Mariella ! Combien de temps encore vas-tu éviter le sujet… - Néva, s'il te plait. Je n'ai vraiment pas envie d'en parler ! Tout ça s'est du passé ! - Alors pourquoi j'ai l'impression que ça te fait encore du mal ? - Ce n'est pas le cas, je t'assure ! Si tu veux bien m'excuser, je dois aller prendre l'avion maintenant. » Son amie comprit qu'il était inutile d'insister. Mariella se leva, régla l'addition et mit son manteau. Elle ne voulait pas continuer cette discussion qui ne mènerait nulle part et avait pris le premier prétexte venu pour fuir les fantômes de son passé. « - D'accord, lui dit Néva. Salue nos anciens professeurs pour moi. - Je n'y manquerai pas. À bientôt mon amie. » Elle sortit du restaurant, le cœur gros. Elle ne voulait pas sombrer dans les niaiseries et commencer à pleurer. Elle consulta alors ses mails pour se changer les idées. Plusieurs comptes rendus de réunions envahissaient sa boite de réception, mais parmi les statistiques et les réponses de ses collaborateurs, un mail attira son attention. D'un destinataire inconnu, le mail s'intitulait « Avenir ». Elle cliqua dessus fit surprise de découvrir un montage des photos de son adolescence avec des trous à la place des yeux. Sur les clichés, du sang coulait de son cou et un message était indiqué en gros caractères : « Tu vas mourir bientôt ! » Hurla la voix. Mariella prit peur et lâcha son téléphone d'un seul coup. Elle posa une main sur sa poitrine et sentit son cœur palpité. Elle avait entendu parle de message pour intimider la concurrence, mais c'était la première fois qu'elle en recevait un et elle était choquée. Elle ramassa son mobile, remonta dans sa voiture et prit la direction de l'aéroport en pensant à qui pourrait être derrière tout ça.
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