LEXIQUE À L’USAGE DES NÉOPHYTES-1

2001 Words
LEXIQUE À L’USAGE DES NÉOPHYTES 3615 : terrasse-boîte de nuit située sur le boulevard du 30 juin dans le centre-ville kinois, repère des « filles de la nuit ». 4e bureau : le bureau est la deuxième femme qu’on n’a épousée ni religieusement ni civilement, seulement « coutumièrement » et le plus officiellement possible. Elle est installée, choyée et son foyer est le domicile parallèle. On peut avoir un premier, un deuxième, un troisième, un quatrième ou un dixième bureau selon son compte en banque. C’est une forme de polygamie. Abacost : contraction de « à bas le costume ». À l’époque de Mobutu et de son « recours à l’authenticité », des habitudes se sont installées. Elles étaient jugées dignes et proches du guide et de ses acolytes, les Mobutistes, notamment la suppression des prénoms chrétiens, le rejet des costumes-cravates, etc., directement remplacés par les noms et postnoms, le port de l’abacost avec écharpe, etc. Abeti Masikini : une des pionnières de la chanson congolaise dans les années 1970, avec les Mpongo Love, Vonga Ayé ; les Tshala Muana et Mbilia Belle font partie de la génération suivante. Devenue « Le Rossignol du Zaïre », Abeti a elle-même créé son style, le Soukouss parfumé – de la Rumba imprégnée de folklore congolais –. Elle se produit au Carnegie Hall de New York devant 3000 personnes, dont 400 ambassadeurs de l’O.N.U. Elle se retrouve en Chine au moment des événements de Tien An Men. Grande dame à la voix chaude qui savait évoquer « le pays » et se fondre dans les dialectes, « Tantine », comme on l’appelait affectueusement, a servi de référence à de nombreuses interprètes féminines, et s’est éteinte en catimini à Paris, en 1991. Bananes plantains : ce sont des bananes mûres, à consommer avec des légumes, de la viande ou du poisson, on peut les frire, les bouillir ou encore les piler pour en faire des boules comme du fufu (on appelle cela alors lituma). Bandal : contraction de Bandalungwa, c’est une des vingt-quatre communes de Kinshasa. On l’appelle « cité », ce qui signifie quartier populaire, en opposition aux communes résidentielles telle que Gombe ou Ngaliema. Bandundu : une des onze provinces que compte le Congo, elle est située dans l’Ouest de la République, à soixante-dix kilomètres à peu près de Kinshasa. Barrage d’Inga : c’est le principal barrage fournisseur d’électricité dans toute l’étendue du pays et au Congo-Brazza. Beach Ngobila : port de commerce et d’échanges qui relie Kinshasa à Brazzaville, les deux capitales les plus rapprochées du monde. BIAC : il s’agit de la « Banque internationale africaine au Congo », une de nombreuses banques installées à Kinshasa. BIC : c’est une de mes inventions : vu que j’ai écrit le texte pendant la campagne électorale, au lieu de parler par exemple de la CEI, la Commission électorale indépendante, j’ai préféré BIC, Bureau international du contrôle des urnes et du dépouillement, d’autant que le terme renvoie à la marque d’un stylo, Bic, le plus utilisé ici. Bisengo : un des quartiers de la commune de Bandal (il y a également Makelele, Moulaert, Adoula, Bakayau, Synkin et Tshibangu). Bloc : il se situe à Bandal et nulle part ailleurs, il s’agit d’une succession de terrasses où sont fumées de longues brochettes de viande et de poisson, le tout accompagné de piment, chikwangue ou plantain, avec dans l’air une musique tonitruante. Bon Marché : une des vingt-quatre communes kinoises, c’est le repère des « expatriés » (il y a là-bas surtout des Libanais et des agents des Nations unies) qui veulent vivre entre la cité et les quartiers résidentiels, mais en restant les plus proches possible du centre-ville, car la commune est à cinq minutes du centre des affaires. Bonobos : les bonobos sont des « grands » singes qui vivent essentiellement dans la partie nord du Congo (une dizaine de milliers seraient encore en liberté). Comme pour le c*******é, 98% des gènes qui sont présents dans leurs chromosomes sont semblables à ceux de l’homme, ce qui suggérerait un lointain ancêtre commun. Le comportement social des Bonobos est entièrement ordonné par la sexualité. Bonobo est un mot découlant de la déformation du nom de la ville Bolobo (République démocratique du Congo). Boulevard du 30 juin : une des artères principales que compte la ville de Kinshasa (il y a aussi le boulevard Lumumba, le boulevard Kasa-Vubu, etc.). Il se situe en grande partie dans le centre-ville kinois, le 30 juin étant la date de l’indépendance du Congo. Bracongo : c’est, avec la Bralima, une des deux grandes compagnies brassicoles du pays. Bralima : c’est, avec la Bracongo, une des deux grandes compagnies brassicoles locales. Caoutchoucs rouges : c’est le caoutchouc produit par le sang à l’époque coloniale. Chaque Congolais engagé dans les plantations de caoutchouc du roi des Belges, Léopold II, avait un quota de production à atteindre. Chaque fois qu’il ne l’atteignait pas, on lui coupait les mains pour le punir de sa « paresse ». Celtel : réseau téléphonique installé au Congo (il y a aussi Vodacom, Tigo, CCT-Congo Chine Télécom, Standard Télécom, etc.). Château Rouge : station de métro parisien sur la ligne 4, lieu de rencontre des populations étrangères dans l’Île-de-France, mais surtout repère des Congolais, comme la Porte de Namur à Bruxelles pour les ressortissants de la RDC. Chez Colonel : une adresse à Bandal Moulaert. Chez Colonel est un endroit couvert, situé dans une parcelle, où l’on peut manger du délicieux poulet braisé. Chez papa Sankar : toujours à Bandal, c’est un endroit en plein air, sur la grande avenue Kasa-Vubu, on y fume de la viande uniquement, chèvre et poulet. Chikwangue : aliment de base congolais, c’est du manioc préparé dans des feuilles de bananier, de la taille d’une demi-baguette que l’on consomme, comme le riz, en accompagnement avec des légumes, de la viande ou du poisson. Cinemax : ancienne grande salle de cinéma, Ciné Paladium, aujourd’hui reconvertie en salle de spectacle, le Cinémax se situe sur le boulevard du 30 juin en face de la grande poste. Direcab : diminutif de « directeur de Cabinet ». Djicains : diminutif kinois de Belgicains, qui se dit des Congolais expatriés en Belgique ou de ceux qui en reviennent… Doppel : c’est une bière brune congolaise de la Bracongo (la bière brune chez Bralima, c’est la Turbo King). Expat : diminutif d’ « expatrié ». Fally : transfuge du groupe Quartier Latin de Koffi Olomide, Fally Ipupa est la jeune star congolaise qui monte, avec un opus très écouté qui s’appelle Droit Chemin. Faux têtes : ce sont, dans le jargon des transporteurs privés kinois, toutes les personnes désignées comme exemptes de frais de transport par l’État congolais : les fonctionnaires de l’État, les militaires et les journalistes. FAZ : abréviation des « Forces armées zaïroises » à l’époque de Mobutu (aujourd’hui, on dit FARC, Forces armées congolaises). Fikin : abréviation de « Foire internationale de Kinshasa ». Franga : mot luba signifiant « argent » (en lingala mbongo, en kikongo nzimbu, en swahili falanga). Fufu : aliment de base congolais dit « la boule nationale », on le fait avec de la farine de manioc mélangée à celle de maïs et qui se présente sous forme d’une boule. Gambela : marché kinois situé dans la commune de Kasa-Vubu, c’est le deuxième grand marché sur le plan de la fréquentation après le marché central en ville. Gepamal : c’est encore une invention, et surtout un clin d’œil au métier de journaliste, des gens qu’on arrête et tue souvent au nom de la vérité, d’où la dénomination phonétique de cette chaîne en pensant à « j’ai pas mal », malgré les meurtres, les arrestations, les injustices que subissent les gens de la presse dans l’exercice de leurs fonctions. Gombe : commune résidentielle de Kinshasa. Grand Hôtel : l’hôtel quatre étoiles le plus renommé de la capitale. Guangzhou ou Nguanzu : ville chinoise de Shanghai devenue le lieu de pèlerinage de tous les commerçants congolais en mal de visa Schengen. C’est plus facile pour eux d’y arriver et l’échantillonnage est très large. Home 80 : avec le home 150, ce sont les logements les plus connus des étudiantes de l’université de Kinshasa, UNIKIN. Hummer : véhicule jeep 4x4 de marque américaine. J.B. Mpiana : star de la chanson congolaise ; avec Werrason, il est leader de la quatrième génération de la musique de la RDC. Ils étaient tous les deux dans un même ensemble, le Wenge Musica Maison Mère BCBG 4x4 Number One. Aujourd’hui JB Mpiana est le patron de l’orchestre Wenge BCBG, et Werrason gère le Wenge Musica Maison Mère. Jetons : dans l’entendement kinois, ce sont des quolibets, des insultes que s’échangent souvent des rivales. Kadogos : jeunes enfants enrôlés dans l’armée de Kabila, le père, pour une promesse de salaire de 100 $. Situation très attirante, puisqu’il faut savoir que la majorité de la population kinoise vit avec 1 dollar par jour et que les fonctionnaires de l’État ne sont toujours pas payés. Kalamu : une des vingt-quatre communes de Kinshasa. Kaluji : musicien kinois évoluant chez Wenge BCBG avec JB Mpiana, aime faire le atalaku, c’est-à-dire le DJ à la congolaise. Kapita : vient du mot « capitaine ». Gardien veilleur qui assure la sécurité des demeures et qui décide qui peut en franchir l’accès. Kaysha : musicien congolais de la Diaspora, il vit en Suisse et sa musique est plutôt zouk. Kinois : habitants de Kinshasa. Kintambo : commune de Kinshasa. Koffi Olomidé : star de la chanson congolaise et patron de l’orchestre Quartier Latin. Kombi : minibus Volkswagen qui sert de taxi-bus dans les transports en commun. Kunta Kinté : héros du film Racines qui raconte la traite des noirs. Il se battait contre le commerce des noirs et leur déportation dans le nouveau monde… Il leur racontait sans cesse leur pays, leur terre, afin qu’ils s’en souviennent jusqu’au jour du retour, car il y croyait… « Le retour aux racines, à l’origine, à la terre-mère : l’Afrique » ! Lemba : commune de Kinshasa. Ligablo : petit commerce, souvent un container, dans lequel on vend des cosmétiques, du riz, du sel, des serviettes hygiéniques, des capotes, bref tout. Limété : commune kinoise et résidentielle où vit Étienne Tshisekedi, opposant historique à Mobutu. Lingala : une des quatre langues nationales parlées au Congo avec le kikongo, le tshiluba et le swahili. Le lingala est la langue nationale la plus parlée à Kinshasa. Lokoloma : petite avenue dans le quartier Matonge de Kinshasa. Elle constitue, avec les avenues Madimba, Oshue, Kanda-kanda et Inzia, le village Molokaï, cher à l’artiste Papa Wemba (ce sont les initiales de chacune de ces avenues mises ensemble) et qui constitue le quartier où il a vécu. Lotoko : whisky congolais. Loupiots : c’est un complexe scolaire privé de la ville. Magasin : c’est la place de Kintambo Magasin, lieu stratégique, avec la place Victoire, dans la bousculade du transport à Kinshasa. Cette place mène sur tout l’ouest de la ville tandis que Victoire conduit à l’est de Kinshasa. Maïsaf : diminutif de la Maison africaine, c’est une boîte de nuit de la commune de Bandal réputée pour ses putes très entreprenantes. Depuis le décès de son propriétaire, la « maison » a fermé ! Malewa : nourriture et même restos moins chers qui proposent des plats cuisinés et servis comme à la maison : l’eau pour laver les mains, pas de couverts, la boule nationale, les légumes, le poisson ou la viande à la sauce, etc. Maloba Écurie : plutôt Écurie Maloba, c’est une structure artistique de théâtre basée dans la commune de Bandal et qui propose une saison théâtrale avec des représentations tous les vendredis et un festival international tous les deux ans. Maluku : commune de Kinshasa bâtie sur les bords du fleuve au-delà de l’aéroport de N’Djili dans le sens opposé à toutes les autres communes et dans la direction de la province du Bandundu. Ses habitants sont pour la plupart des pêcheurs et on y déguste du bon liboke, bouillon de poisson préparé dans des feuilles de bananier. Maman : titre affectueux et/ou respectueux que les Congolais font suivre du prénom de la personne à qui ils s’adressent quand c’est une femme. Martyrs : il s’agit du stade des Martyrs, appelé stade Kamanyola au temps de Mobutu. Masina : commune de Kinshasa. Matonge : c’est un quartier dans la commune de Kalamu, un quartier très populaire de Kinshasa. Mikili, mikilistes : désignation congolaise des compatriotes vivant à l’étranger ou en venant, Europe ou Amérique. Mikili, mot en lingala signifiant « les mondes » — son singulier est Mokili — et Mikiliste est celui qui arrive « du monde en couleurs », comme on dit dans la cité quand on parle de l’Europe. Moambe : c’est de la pâte d’arachide, ingrédient essentiel dans la préparation du « poulet à la moambe » ou du « saka-saka », les feuilles de manioc à base de pâte d’arachide. Mokili mobimba : expression en lingala qui veut dire « le monde entier ». Mokonzi : signifie « chef » en lingala. Molière : c’est une des nombreuses chaînes de télévision privée commerciale qui émettent dans le pays. Molokaï : invention de Papa Wemba, star de la chanson congolaise, successeur de la Rumba des Kalé Jeff, compositeur de Indépendance Cha-cha qui a fait danser tous les Congolais de l’époque. Ce village Molokaï est le périmètre de jeu de Papa Wemba qui a grandi dans le quartier de Matonge. Il s’agit des initiales des cinq avenues les plus fréquentées par l’artiste depuis sa jeunesse : Madimba, Oshue, Lokolama, Kanda-kanda et Inzia.
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