Chapitre 93 Les étoiles brillaient dans la nuit. Le ciel d’hiver reflétait la mélancolie de l’opéra de Purcell, « Didon et Ennée ». Ernest passait en revue les jours qu’il avait passés loin de Balsamine. Des adieux modérés le jour de son départ pour les trois jours, sous le regard de son père qui ne manifestait aucun sentiment, au comité d’accueil sur son lieu d’arrivée, où chacun dut effectuer dix séries de pompes devant un commandant rasé et vêtu d’une chemise sans manches, laissant apparaitre des tatouages impressionnant les jeunes recrues. Les hurlements de l’homme qui montrait les dents comme un tigre en cage, expliquant le règlement auquel il devait se soumettre et les activités prévues, n’étaient pas sans lui rappeler les paroles de son grand-père. Il avait hâte que cette étape obl

