Raissa
- Pas question, Ray. - Béatrice m'a grondé à l'autre bout du fil. - Plus d'excuses, cette fois tu ne t'en sortiras pas.
- Oh, Béatrice. - J'ai grogné en jetant mon corps sur le lit. - Qu'y a-t-il de si génial à vouloir rester à la maison ?
- Mon amie... Toutes ces années, je t'ai vu étudier et travailler. Tu as vingt-huit ans, tu crois que c'est la vie ?
- Mais grâce à ma concentration, j'ai aujourd'hui un bon emploi, je vis dans un bel appartement et, bien que je doive encore payer les mensualités, j'ai une super voiture ! - Je me suis justifiée. Je suis sûre que me concentrer sur moi-même pendant toutes ces années a été la meilleure chose que j'ai faite dans ma vie.
- Oui, mais quel est l'intérêt, Ray ? Tu t'es fermée à tout le reste. - J'ai roulé les yeux en l'écoutant. - Mon Dieu, c'est incroyable que tu penses que c'est normal.
- Hey, je ne me suis pas enfermée, je traîne avec toi et les filles dès que je peux ! - J'ai dit avec indignation. Je savais exactement que le problème n'était pas de se fermer en soi. J'ai donc décidé de prendre de l'avance. - D'accord... Je vais y aller à une condition.
- Quelle condition ? - a-t-elle demandé d'une voix méfiante.
- Que toi et Isabella arrêtiez de me jeter ces types stupides. - Elle a reniflé. - Sérieusement, c'est une des raisons pour lesquelles j'ai évité de traîner avec vous ces dernières semaines.
- Mon amie, tu dois...
- Pas question ! Je suis parfaitement capable de décider quand sortir avec quelqu'un. - J'ai parlé fermement, me rappelant que le dernier gars avec qui elles ont essayé de me faire sortir était un parfait idiot.
- Ok. Ok, très bien.
- Où veux-tu me traîner cette fois ? - Je suis sortie du lit et je me suis dirigée vers la salle de bain. Et j'ai souri en remarquant son excitation à l'autre bout de la ligne.
- Heaven Club Night. Il a ouvert la semaine dernière. - a-t-elle dit avec enthousiasme.
- Hm... ok, envoie-moi l'adresse et je te retrouve là-bas dans une heure.
- Parfait camarade, bisous ! - Elle a répondu et j'ai fait un petit sourire avant de mettre fin à l'appel.
J'ai posé mon téléphone portable sur le meuble à l'extérieur de la salle de bain et je suis allée prendre une douche pour commencer à me préparer pour la nuit.
Après la douche, je suis allée dans ma garde-robe et j'ai choisi un ensemble court et une jupe courte pour la soirée. Puis je me suis coiffée et maquillée légèrement, un peu d'eye-liner et un rouge à lèvres nude.
En un peu plus d'une heure, j'étais prête. J'ai décroché mon téléphone portable et j'ai remarqué que j'avais un appel de Vinicius, mon frère. Et trois de Béatrice.
Comme je savais ce que Vinicius voulait, je n'ai même pas pris la peine de le rappeler. Je viens d'envoyer un SMS à Béatrice pour lui dire que j'étais en route, avant que la folle ne vienne me chercher à la maison.
[...]
L'endroit était vraiment différent, malgré la foule, il était très bien divisé, ce qui rendait tout plus confortable. La musique qui résonnait aux quatre coins me donnait envie de courir sur la piste de danse. S'il y a quelque chose que j'aimais beaucoup, c'était la danse.
Mais comme les filles m'avaient dit qu'elles seraient à l'une des tables près du bar, j'ai tourné mon attention sur le bar et j'ai commencé à les chercher entre les tables un peu plus loin.
Il ne m'a pas fallu longtemps pour les trouver. Elles étaient dans une zone plus réservée et buvaient quelques verres.
- Je suis arrivée. - J'ai attiré l'attention de Béatrice, Isabella et Marina qui prenaient un verre et discutaient.
- Hey Raissa ! - Isabella m'a saluée avec enthousiasme en se levant et en marchant vers moi.
- Salut l'amie ! - Je lui ai répondu avec un sourire en lui donnant un câlin.
- Enfin Mme Raissa ! - Béatrice est venue juste derrière, puis je l'ai prise dans mes bras aussi. Et pour compléter l'étreinte, Marina est arrivée juste derrière.
Avec un sourire sur le visage, elles se sont doucement éloignées et m'ont emmenée à la table, me laissant la place de m'asseoir.
- On a parié sur le fait que tu viendrais ou pas. - Isabella a plaisanté et je lui ai fait une petite grimace.
- Cela ressemble à une blague, mais c'est vrai. - Cette fois, c'était Béatrice. J'ai secoué la tête, sachant que oui, habituellement, quand la destination était une boîte de nuit, j'avais l'habitude de rester chez moi.
- Maintenant que tu es là, on peut aller chercher d'autres boissons et aller sur la piste de danse, non ? - Isabella a pris la parole, ce qui m'a fait sourire.
- Bien sûr, une soirée entre filles, non ? - J'ai dit, les faisant hocher la tête avec un petit sourire.
C'est alors que nous avons décidé d'aller sur la piste de danse. Et oui, tous les trois ensemble, nous avons vraiment tout gâché. Et même si je l'évitais un peu à l'université, ça me manquait parfois.
Nous nous sommes relayées pour danser, boire et faire une pause pendant un bon moment. Nous avons renvoyé quelques gars qui sont venus en essayant d'interrompre la soirée pendant une bonne partie du temps. Mais ces vilaines filles n'ont pas pu se retenir longtemps.
Le résultat ? A la fin, elles voulaient me pousser vers quelqu'un d'autre pour qu'elles puissent chacune flirter avec un chat différent. Et je jure que j'ai essayé, mais le gars a suggéré qu'on aille dans la salle de bain pour s'embrasser, ce qui est vraiment... n'allait pas arriver.
Je semblais avoir un aimant pour les gars comme ça, le résultat ? Je n'ai jamais senti que c'était le bon gars.
La vérité, c'est que je ne savais pas vraiment comment reconnaître quand un gentil garçon me draguait, et toutes les tentatives après cela ont été un échec. Ce qui me fait penser que je cherchais dans les mauvais endroits.
J'ai donc été le premier à demander le pardon. Après avoir largué le gars, j'ai dit au revoir à chacune des filles avec un câlin, en promettant de les accompagner plus souvent. Puis je suis allée à ma voiture et j'ai emmené la roue à mon appartement.
Même si je sors un peu et que j'en profite chaque fois que je vais au club, ce n'est pas quelque chose que j'aime faire souvent. Alors oui, pendant qu'elles étaient accrochées à quelques cous, je voulais rentrer chez moi. Je préfère ça plutôt que d'avoir la compagnie d'un connard pendant un moment.
Le feu était ouvert, et vu la vitesse de la voiture qui me précédait, je savais qu'il ne s'arrêterait pas à ce feu. Et comptant qu'il me serait possible de passer avant la fermeture, j'ai accéléré un peu plus. C'est alors que mon téléphone a sonné et que j'ai fait ce que je n'aurais pas dû faire. J'ai détourné mon attention un bref instant pour vérifier l'affichage et voir qui c'était.
Vinicius, mon frère. J'ai soufflé, l'ignorant résolument, avant de tourner mon attention sur le front.
Un bref moment de distraction qui, je le pensais, n'aurait aucune influence. Et bon sang, j'avais tort.
J'ai freiné brusquement lorsque j'ai réalisé que ce fils de p**e en voiture de sport avait freiné d'un coup en décidant de ne pas franchir le signal qui venait de se fermer.
Ah, merde !
J'ai eu beau essayer de freiner, l'impact est arrivé avant que je ne puisse le faire. Mon corps a été légèrement projeté vers l'avant par l'impact de la collision, mais il a rapidement reculé à cause du siège de sécurité, heureusement sans me causer de dommages.
J'ai cligné des yeux plusieurs fois et j'ai porté brièvement ma main à mes yeux, effrayée. Puis, après un profond soupir, j'ai reporté mon attention sur le front.
Apparemment, c'était juste une frayeur. Mais les dégâts se sont produits devant nos voitures. Et merde !
J'ai reporté mon attention sur un peu plus loin en voyant le conducteur sortir du véhicule quelques instants plus tard. J'ai plissé les yeux en le voyant ajuster son pantalon et remonter sa fermeture Éclair. Ensuite, une femme est sortie de la voiture en se coiffant.
C'est sérieux ? Non ! Je voyais des choses, non ?
Je suis sortie de la voiture et j'ai croisé les bras, regardant simplement le gars s'arrêter un peu pour commencer à marcher vers moi.
J'étais sur le point de jurer, bien sûr ! Mais à chaque pas de cet homme vers moi, la volonté de le faire était plus faible.
Il s'est arrêté devant moi, semblant aussi affecté que moi, ce qui était étrange, très étrange.
Le pire, c'est le sentiment de familiarité qui s'est emparé de moi alors que ces yeux bleus me survolaient.
Ses cheveux noirs parfaitement alignés, sa barbe mal rasée et ces yeux bleu intense sur moi.
J'ai senti mon cœur battre la chamade et j'ai perdu mes repères pendant un moment. Serait-il quelqu'un de célèbre ? Pourquoi ai-je eu soudainement l'impression qu'il m'était familier ?
Je voulais demander, mais je me suis retenue au moment où je l'ai vu se racler la gorge, ce qui m'a ramenée à notre réalité. Il était sérieux, son expression n'était pas la meilleure.
- Vous avez heurté ma voiture. - Il a lâché ces mots, me faisant croire que c'était ma faute et uniquement la mienne.
- Tu as appuyé sur les freins, bon sang ! - Je l'ai maudit mentalement en pensant à la façon dont j'étais f****e à ce moment-là.
- Le feu s'était fermé, si vous aviez fait attention, vous n'auriez pas heurté l'arrière de la voiture. Ou allez-vous me dire que vous aviez l'intention de griller le feu ? - il a arqué son sourcil, me faisant soupirer.
Oh, merde ! C'est tout ce dont j'avais besoin, ça ne suffisait pas que mon idiot de frère ait sucé mes économies le mois dernier, je devais faire face à une p****n de réparation qui me prendrait mon âme.
Il s'est approché de moi, faisant presque éclater mon cœur, me faisant douter un instant si c'était la réparation de la voiture qui allait prendre mon âme, ou le propriétaire de celle-ci lui-même.
J'ai retenu mon souffle au moment où il s'est penché près de mes lèvres pendant ce qui m'a semblé une éternité. Puis il s'est éloigné et seulement alors j'ai pu respirer à nouveau.
- Et pour aggraver les choses, vous avez bu. - a-t-il dit, me faisant arrêter de réagir. p****n !
Il était impossible de nier que j'avais tort dans cette situation. Mais je pourrais essayer de ne pas prendre tout le blâme, non ?
- Oui, j'ai été distraite pendant un moment et j'ai juré que nous aurions le temps de passer le signal... Mais vous n'en êtes pas si sûr non plus, ou vous pensez que je n'ai pas réalisé pourquoi vous ne faisiez pas attention au trafic et avez freiné si brusquement. - Cette fois, c'est à mon tour d'arquer un sourcil, provoquant un sourire en coin sur sa bouche, ne faisant que me confirmer que oui, il s'amusait vraiment avec la femme de tout à l'heure.
J'ai détourné mon attention vers la blonde qui observait tout de loin. Il a suivi mon regard et, après un bref coup d'œil, s'est tourné vers moi, fouillant dans sa poche pour en sortir un téléphone portable qu'il a déverrouillé. Puis il me l'a tendu.
- Pourtant, le signal était fermé. - Il a parlé fermement, ce qui m'a fait soupirer légèrement, sachant que, dans l'ensemble, je n'aurais vraiment pas dû détourner mon attention de mon satané téléphone portable. - Donnez-moi votre contact et votre adresse électronique. Je vais évaluer la valeur de ces dommages. - Il a jeté un bref coup d'œil à sa voiture et je l'ai suivi, confirmant ainsi que j'étais dans la merde. - Je vous l'enverrai, pour que nous puissions en parler et régler ça de la bonne manière.
J'ai hoché la tête et pris le téléphone de sa main, puis j'ai mis mon numéro dessus. Puis, j'ai ajouté mon e-mail et mon nom, et je l'ai remis.
Ses yeux se sont dirigés vers le téléphone au même moment et sont restés sur cet écran plus longtemps qu'ils n'auraient dû. Puis son attention s'est reportée sur moi.
Il m'a mesurée du regard, puis s'est reculé un peu et a pointé son téléphone sur ma plaque d'immatriculation.
Le type prenait des photos, bien sûr !
J'ai plissé les yeux sur lui au moment où il a pointé son téléphone vers moi et a semblé prendre quelques photos.
Le point d'interrogation dans mon esprit devait être très évident car il a rangé le téléphone et s'est approché de moi à nouveau.
- Je m'assure juste que je peux vous trouver au cas où vous me donneriez un faux numéro. - a-t-il dit, faisant bouillir mon sang.
- Et pourquoi je ferais ça ? - J'ai demandé alors qu'il fouillait dans sa poche et en sortait son portefeuille.
- Ce ne serait pas la première fois. - Il a tourné son attention sur son portefeuille, semblant y chercher quelque chose.
J'ai dû me contrôler quand j'ai entendu ces mots, la façon dont il l'a dit, en me comparant à n'importe qui d'autre qui lui avait porté le coup, a profondément ébranlé ma dignité.
- Je ne fuirai pas mes responsabilités. - J'ai parlé fermement en lui montrant que je n'étais pas ce genre de personne. Je remarque à nouveau un sourire en coin sur ses lèvres, mais cette fois-ci un peu plus discret.
- Eh bien, peu importe. C'est juste une garantie, je vous enverrai les chiffres dès que possible. - a-t-il répondu, en me tendant ce qui ressemblait à une carte de visite. Je l'ai prise au même moment. - Je vous contacterai.
Sans me laisser l'occasion de répondre, il s'est retourné et s'est dirigé vers sa voiture. Je suis restée là à le regarder un moment pendant qu'il montait dans sa voiture. Sa femme est montée peu après.
Puis il a démarré la voiture et est parti. J'ai pris une profonde inspiration et seulement alors j'ai regardé la carte de visite dans ma main.
Alexandre Pierce.
J'ai froncé les sourcils en lisant l'information un peu plus loin. En gardant à l'esprit que j'aurais dû le voir dans un article, ou dans l'une des recherches de l'entreprise où je travaille.
Il était PDG du Radisson Pierce Hotel Group, l'un des principaux groupes hôteliers du pays.
Comme je le soupçonnais, le gars était chargé. Était-ce trop lui demander que de payer la réparation de sa précieuse voiture, et de laisser cet incident de côté ?