chapitre 5: mariée à un sauvage.

2028 Words
Après sa douche, Lorenzo descendit les escaliers d’un pas lourd, ses cheveux encore légèrement humides. Habillé d’un jogging noir et d’un débardeur blanc qui laissait parfaitement apparaître ses abdos taillés et ses bras musclés, il avançait avec cette nonchalance arrogante qui lui collait à la peau. Arrivé au salon, il bifurqua vers la salle à manger, s’attendant à voir la table dressée. Mais rien. Pas un café, pas un bout de pain, même pas un verre d’eau. Le vide total. Lorenzo (marmonnant, les mâchoires serrées) – Mais… elle se fout de ma gueule ou quoi, cette Chloé ? Je lui ai pourtant dit de préparer mon petit déjeuner. p****n… elle croit qu’elle est où ? À l’hôtel cinq étoiles ? Son regard s’assombrit, ses yeux se teintèrent d’un rouge de colère. Un frisson de rage parcourut son corps. Sans perdre une seconde, il fit volte-face, remonta les escaliers à grandes enjambées et traversa le couloir comme une tempête prête à exploser. Arrivé devant la chambre de Chloé, il agrippa la poignée et ouvrit la porte sans frapper, avec une brutalité qui claqua contre les murs. Il tomba nez à nez sur elle. Chloé, une simple serviette nouée autour de sa poitrine, ses cheveux longs encore trempés qui collaient à sa peau luisante d’eau. Les gouttes glissaient le long de son cou et descendaient lentement sur ses épaules. Sur le coup, elle sursauta, la main plaquée contre sa poitrine, le cœur battant à tout rompre. Ses yeux s’écarquillèrent puis se plissèrent aussitôt de colère. Chloé (furieuse, la voix tremblante) – p****n mais t’as un problème toi ! Tu pouvais pas frapper avant de débouler comme un taré ?! Regarde comment tu m’as fait flipper, espèce de malade ! Lorenzo (voix imposante) _ Tu me parles avec respect, jeune fille. Je suis ton mari. Où est mon petit déjeuner ? T’es sourde ou t’as pas entendu quand je t’ai dit de me préparer ça ? Chloé, rouge de colère, s’approcha de lui. Son cœur battait si fort qu’elle sentait presque ses tempes éclater. Les bras croisés, elle le fixa droit dans les yeux, le menton relevé comme pour défier son regard. Chloé (fermement) _ Je te permets pas de me traiter comme une domestique. Je suis ta femme, pas ta ménagère. Si t’as faim, tu commandes ou mieux, tu te bouges et tu prépares toi-même. Moi, je sais pas cuisiner, désolée. Lorenzo écarquilla les yeux, furieux. Ses mâchoires se crispèrent et il fit un pas vers elle, menaçant. Lorenzo (explosant) _ Quoiiiii ? Tu te fous de ma gueule là ? Tu sais pas préparer ? Et tu vas me servir à quoi, toi, dans cette baraque, si tu sais même pas faire un plat de pâtes ? Chloé (rouge de colère) _ Si je peux rien te servir, tant mieux. Chacun reste dans son coin et basta. De toute façon, c’est pas comme si on avait choisi ce foutu mariage, non ? La provocation fit briller une lueur encore plus sombre dans les yeux de Lorenzo. Lorenzo (voix glaciale, imposante) _ Et dis-moi, gamine, t’es ici pourquoi alors ? Hein ? Mon père t’a payée pour que tu joues la gentille épouse ? Ou bien t’as accepté parce que t’as entendu que je suis blindé de thunes ? Avoue, t’es là pour le fric, c’est ça ? Chloé serra les dents, mais garda la tête haute. Chloé (sérieuse, piquante) _ Premièrement, je te connaissais même pas, ok ? Deuxièmement, ton fric, je m’en fous royalement. Ton père ne m’a pas payée, et pour ton information, si j’ai dit oui, c’est juste pour mon père à moi. Donc tu te calmes, mec. Ton argent ne m’intéresse pas, et toi non plus. Franchement, t’es même pas mon genre. Ce fut la phrase de trop. Le sang de Lorenzo ne fit qu’un tour. Il claqua la porte derrière lui et fonça sur elle. Son pas résonna comme une menace, et d’un geste brusque, il attrapa Chloé par le cou, serrant sa gorge entre ses doigts rugueux. Ses yeux flamboyaient d’une rage noire. Lorenzo (rouge de colère, hurlant) _ C’est qui tu appelles "mec" ? Hein ? C’est moi que t’oses appeler comme ça, sale gamine ? RÉPONDS ! Chloé suffoquait. Ses mains tapaient faiblement le bras de Lorenzo, ses yeux commençant à s’embuer. Ses jambes tremblaient, mais malgré la douleur, elle secoua la tête pour lui montrer qu’elle ne pouvait plus parler. Chloé (étouffée, haletante) _ La… lâche… moi… tu… m’é… touffes… Le souffle court, Lorenzo resserra un instant encore plus sa prise sur son cou. Son visage était déformé par la colère, sa voix tremblait presque tant il hurlait. Lorenzo (rage froide, regard assassin) _ Il va falloir que tu fermes ta p****n de gueule, sinon je te cogne. La prochaine fois que tu me parles comme ça, je t’arrache la langue. Avec moi, on s’amuse pas, t’as capté ? Je m’en fous de pourquoi t’as accepté ce mariage. Que ce soit ton père ou le mien, rien à foutre. Mais tant que t’es ici, tu suis MES règles. Tu restes tranquille. Comme une bonne épouse. T’as compris ou faut que je te fasse un dessin ? Chloé hocha la tête, incapable de parler. Des larmes brûlantes roulaient sur son visage rougi par la douleur. Sa gorge la lançait à chaque respiration. Lorenzo finit par lâcher son cou. Elle tomba presque en arrière, toussa bruyamment, une main posée sur la marque violacée qu’il venait de laisser. Son regard, trempé de larmes, croisa une dernière fois celui de Lorenzo. Mais lui, froid, impassible, fit volte-face, sortit et claqua la porte avec une telle violence que Chloé sursauta. Chloé (pleurant, d’une voix brisée) _ Sale connard, je te déteste, t’es qu’un sauvage. Elle se traîna jusqu’au lit et s’y laissa tomber, recroquevillée sur elle-même, une main toujours serrée sur son cou douloureux. Ses sanglots secouaient son corps, mélange de tristesse et de rage. Chloé (voix intérieure) Je peux pas vivre avec cet homme… c’est un animal. Rien que son regard me fait flipper. Ouais, je suis une fille forte, je me laisse pas marcher dessus, mais je suis aussi sensible et là, j’ai peur. Comment je vais cohabiter avec ce taré toute ma vie ? Non, impossible, soit je vais le tuer, soit c’est lui qui finira par me tuer. Faut que je trouve un moyen de me libérer après l’opération de papa. Sinon… je suis f****e. La vérité, si c’était pas pour sauver mon père, jamais de ma vie j’aurais accepté ce mariage. Je préfère mille fois notre vieille baraque et manger des pâtes cramées avec lui que rester ici avec ce monstre. Tout est allé tellement vite… j’ai encore l’impression de rêver. Mais la douleur dans mon cou me rappelle bien que non, c’est pas un cauchemar. C’est réel. Je suis mariée à un mec que je peux même pas appeler « mari ». On a juste signé des papiers, rien d’autre. Franchement, je comprends pas pourquoi son vieux a voulu à tout prix me coller à lui. Ce gars est incapable de protéger qui que ce soit, encore moins de prendre soin d’une femme. Et puis… j’imagine déjà la tête de ma meilleure pote quand elle va apprendre que je me suis mariée. Elle va péter un câble, cette peste. Mais peu importe, je compte pas rester ici comme une marionnette. Ses parents m’ont dit que je pouvais continuer ma vie comme je l’entendais, mes études, mes projets. Donc ses règles à lui… il peut se les garder. Moi, je fais ma vie. Heureusement qu’on est en congé une semaine. Dès que ça reprend, je retourne en cours. Et j’aimerais bien voir ce goujat essayer de m’en empêcher. Éclipse de quelques heures. Les heures passèrent lentement après la violente dispute. Chloé, épuisée d’avoir pleuré, avait fini par quitter sa chambre. Elle se rendit discrètement dans celle de Lorenzo pour récupérer son sac et ses vêtements de la veille. Par chance, il n’était pas là. Une fois changée, elle s’installa dans le salon. Affalée sur le canapé, elle avait allumé une série pour se distraire, mais ses pensées restaient ailleurs. Son ventre criait famine, mais le frigo était désespérément vide et Lorenzo, lui, avait disparu depuis leur clash. Le silence pesait dans la villa, juste interrompu par le bruit de la télévision. Chloé leva à peine les yeux, le regard perdu, quand soudain la sonnerie du salon retentit, brisant l’ambiance glaciale. Elle sursauta légèrement et tourna automatiquement son regard vers la porte. Son cœur battait un peu plus vite, comme si elle s’attendait à voir surgir un monstre de l’autre côté. Chloé (murmurant, hésitante) _ Hum… qui est là ? Elle se leva doucement, chaque pas résonnant dans le silence comme un écho de sa propre peur. Elle approcha de la porte avec prudence, la main tremblante sur la poignée, et l’ouvrit d’un geste lent. Son souffle se coupa net lorsqu’elle se retrouva nez à nez avec un livreur chargé de quatre énormes sacs qui semblaient plus lourds que lui. Livreur (poliment) _ Bonsoir, c’est vous, madame Lorenzo ? Les yeux de Chloé s’écarquillèrent, presque comiques dans leur surprise. Chloé (étonnée) _ Madame Lorenzo ? Non non, moi c’est Chloé. Euh… vous êtes là pourquoi ? Le livreur cligna des yeux, visiblement perdu. Livreur (confus) _ On m’a dit de livrer ces vêtements à Madame Lorenzo De Santis. Vous pouvez m’appeler madame, s’il vous plaît ? En entendant le mot vêtements et surtout ce nom de famille, Chloé resta un instant figée. Puis elle poussa un soupir, comme si une vérité oubliée venait de lui retomber dessus. Chloé (voix intérieure) Ah ouais, c’est vrai. J’ai carrément zappé que je suis déjà mariée. Et à qui ? À MON monstre de mari, Lorenzo. Bon, j’avoue, le prénom est stylé, trop classe même. Mais dommage que ce soit lui qui le porte. Le livreur, un peu mal à l’aise, tenta de la ramener à la réalité. Livreur (calmement) _ Vous pouvez m’appeler madame, alors ? Chloé leva les yeux au ciel, l’air de dire « f****e vie », puis esquissa un sourire. Chloé (calmement) _ C’est moi, Madame Lorenzo De Santis. Entrez, allez poser ça sur le canapé. Elle se poussa légèrement pour lui laisser le passage. Le livreur entra dans le salon avec difficulté, déposa les sacs sur le canapé avec un petit soupir de soulagement. Chloé referma la porte derrière lui, puis le rejoignit. Il sortit alors un carnet et un stylo qu’il lui tendit. Elle signa rapidement, son écriture un peu bancale trahissant son agacement, puis lui rendit le tout. Chloé (curieuse) _ Dites… vous livrez aussi des nourritures ? Parce que là franchement, j’aurais pas dit non à une pizza gratuite. Le livreur esquissa un sourire amusé, mais resta professionnel. Livreur (calme) _ Non madame. Nous, on est une société spécialisée dans les vêtements et les téléphones. Mais, il y a un téléphone dans un des sacs. Vous pouvez commander ce que vous voulez après. À ces mots, Chloé sentit une vague de soulagement. Ses yeux pétillèrent un instant, comme une enfant à qui on vient de promettre un jouet. Chloé (soulagée, poliment) _ Ah, merci bien. Sauveur de ma soirée. Livreur (souriant légèrement) _ De rien, je vais m’en aller maintenant. Le livreur fit volte-face, suivi de près par Chloé, et ils s’avancèrent vers la porte. Chloé, un peu nerveuse, se déporta sur le côté pour lui ouvrir et l’inviter à sortir. Mais à peine la porte entrouverte, elle se figea net. Son cœur fit un bond dans sa poitrine : Lorenzo se tenait là, campé dans l’embrasure, les yeux injectés de rouge, le visage crispé par une colère sourde. On aurait dit qu’il bouillonnait déjà avant même de franchir le seuil. Lorenzo (voix rauque, glaciale) _ C’est qui ce mec qui se permet de poser ses pieds dans mon salon ? Le ton brutal claqua comme un coup de fouet. Chloé sursauta, le souffle coupé, alors que Lorenzo fixait le livreur avec une intensité si violente qu’on aurait cru qu’il allait le dévorer tout cru. Son regard était sanglant, sans la moindre trace de pitié. À suivre...
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