Quelques heures plus tard.
Debout devant le lit d'hôpital, le jeune homme restait immobile, les bras dans les poches, le regard fixé sur Giovanni. Son cœur battait doucement, partagé entre l’impatience et la vigilance. Chaque respiration du patient résonnait dans la pièce silencieuse, lui rappelant combien chaque seconde pouvait compter.
Ses yeux de s’illuminèrent légèrement lorsque Giovanni cligna des paupières et sembla enfin émerger de son inconscience. Sans perdre une seconde, il s’approcha et s’assit sur la chaise à côté du lit, sa posture calme et rassurante trahissant une détermination tranquille.
Homme (calmement)
_ Bonsoir monsieur, comment vous sentez-vous ?
Giovanni (faiblement, la voix encore tremblante)
_ Je vais bien, jeune homme, mais... je peux savoir ce qui s’est passé ? Pourquoi suis-je dans un lit d’hôpital ? Euh… je ne me souviens de rien, à part que j’avais passé un appel et…
Homme (rassurant, le ton doux)
_ Calmez-vous, Vous étiez simplement inconscient. J’ai tenu à vous amener ici pour que tout se passe bien. Je suppose que vous commencez à vous sentir mieux, car il va falloir que je m’en aille maintenant.
Giovanni (reconnaissant, un léger sourire aux lèvres)
_ Ah, merci beaucoup, mon enfant. Tu peux partir, je vais déjà mieux. Je rentrerai chez moi une fois que j’aurai remis mes idées en place.
Le jeune homme se leva, le visage toujours calme, mais un léger frisson de satisfaction passa dans ses yeux, sachant que tout allait bien.
Homme (calmement)
_ Votre voiture est dehors. J’ai un peu endommagé la portière en vous transportant, mais c’est déjà réparé. J’ai également réglé les frais de l’hôpital, donc vous pouvez rentrer tranquille.
Après avoir prononcé ces mots, il se retourna et s’apprêta à sortir, ouvrant la porte doucement. Mais la voix curieuse de Giovanni le fit s’arrêter net.
Giovanni (curieux, les yeux plissés)
_ Mon fils… je peux savoir ton nom ?
Homme (calmement)
_ Lorenzo, Lorenzo De Santis, c’est mon nom.
Après cette révélation, il sortit de la chambre et claqua doucement la porte derrière lui. Giovanni resta là, les yeux légèrement écarquillés, le souffle suspendu. Ce nom de famille… ce n’était autre que celui de son patron. Et à cet instant, il réalisa qu’il avait été sauvé par le fils de son propre patron.
Fin du flashback.
Giovanni (voix intérieure)
Je sais que je vais mourir bientôt. Huit ans que je lutte contre un cancer des poumons, et je n’ai jamais dit la vérité à ma fille. À l’époque, sa mère nous avait déjà abandonnés, et Chloé était trop petite pour comprendre la gravité de ma maladie. Je me suis battu pour elle, seule, depuis ses deux ans, et je suis fier du chemin que nous avons parcouru ensemble. Chaque sourire, chaque éclat de rire de ma fille est devenu ma force, et je veux qu’elle reste protégée, coûte que coûte.
Il y a deux semaines, j’ai entendu mon patron parler au téléphone de chercher une femme pour son fils, afin qu’il puisse être surveillé et guidé dans ses responsabilités. Je connaissais déjà ce garçon : il m’avait sauvé la vie le jour où la mère de Chloé menaçait de revenir la prendre. Alors, j'ai accepté l'offre de monsieur Carlo. Pas par besoin d’argent, mais parce que je savais que mon temps était compté. Avec Lorenzo, je sais que Chloé sera en sécurité et aimée, loin des dangers et des manipulations de sa mère. Mon cœur est en paix en pensant qu’elle sera entre de bonnes mains.
Je refuse qu’Aurore prenne ma fille. J’ai fouillé, j’ai cherché à comprendre la femme qu’elle est devenue, et ce que j’ai découvert sur sa nouvelle vie m’a glacé le sang. Rien ne me rassure, rien ne me donne envie de lui confier Chloé. Plutôt la laisser entre les mains d’un inconnu que de la voir aux côtés d’une mère instable.
Chloé a toujours eu ce caractère rebelle, cette force qui la pousse à ne jamais se laisser écraser. Mais derrière cette façade, je sais à quel point elle est sensible. Et cette sensibilité, c’est moi. C’est ce que je lui ai transmis. Je connaissais déjà sa décision avant même qu’elle ne la prononce. Je savais qu’elle accepterait ce mariage insensé, uniquement pour que je puisse subir mon opération. Elle m’aime, peut-être plus qu’elle ne l’avoue, et moi je l’aime d’un amour qui dépasse tout. Je la protégerai, coûte que coûte.
Giovanni, prisonnier de ses pensées, fixait le vide sans même s’en rendre compte. Les mots tournaient dans sa tête comme un écho douloureux. Il ne remarqua pas la présence de l’infirmière qui se tenait déjà à ses côtés, tentant à plusieurs reprises d’attirer son attention. Ce ne fut qu’au moment où elle posa une main douce sur son épaule qu’il sursauta violemment, arraché à son monde intérieur. Ses yeux encore embués d’angoisse croisèrent enfin ceux de la jeune femme, et il inspira profondément, comme s’il revenait à la réalité après une longue apnée.
Infirmière (inquiète)
_ Monsieur, vous allez bien ? Je vous parle depuis un moment déjà, mais vous ne répondez pas. Est-ce que vous allez bien ?
Giovanni (souriant faiblement)
_ Oui, je vais bien. Désolé, je n’avais pas répondu, j’étais en train de penser à ma fille.
Infirmière (rassurante)
_ Si vous voulez, je peux l’appeler pour qu’elle vienne vous voir.
Giovanni (calmement)
_ Non, non, Je lui ai déjà parlé hier. Elle viendra me voir, mais pas maintenant. Donnez-moi mes médicaments, je vais me reposer dans ma chambre. Il faut que je me prépare pour mon opération qui est dans quelques jours.
Infirmière (souriante)
_ Très bien, je vous apporte ça tout de suite.
L’infirmière lui tendit les médicaments avec un verre d’eau. Giovanni les prit lentement, conscient que, malgré tout, la maladie finirait par l’emporter.
Quelques heures après / La nuit.
La nuit s'était installée depuis un moment déjà, enveloppant la maison d'une douce obscurité. Chloé était seule, après le départ de Lila, et elle avait mis un long moment à sortir de sa chambre. Elle s'était finalement installée dans le salon, sur le canapé. La table basse portait encore les restes de son dîner qu’elle venait tout juste de terminer.
Habillée dans son pyjama du soir, un gros pantalon rose confortable et un petit haut assorti qui laissait entrevoir son ventre plat et mettait subtilement en valeur sa poitrine ferme, elle avait attaché ses longs cheveux en chignon, laissant apparaître son visage lumineux et angélique. Même dans sa simplicité, elle était magnifique ce soir-là. Les yeux rivés sur la télévision, elle attendait que sa meilleure amie, Valentina, réponde enfin à son appel. Les jambes croisées sur le canapé, le téléphone dans une main, la télécommande dans l’autre, elle paraissait à la fois détendue et impatiente.
Chloé (murmurant)
_ Mais répond bon sang Val, t'es où là…
Voix (coupant)
_ Allô ? C’est qui ?
Elle n’avait même pas fini sa phrase que la voix de Val retentit à l’autre bout du fil.
Chloé (souriante)
_ Ma cocotte, comment tu vas ? C’est moi, Chloé !
Val (voix tremblante)
_ Sérieux ? C’est vraiment toi ? T’es vivante ?
Chloé (roulant les yeux)
_ T’es folle ou quoi ? Comment ça je suis vivante ? Tu voulais que je sois morte peut-être ?
Val (rouge de colère)
_ Eh ben, tu veux que je dise quoi, la traite ? Ça fait des jours que je t’ai pas vue, t’as disparu sans prévenir. J’croyais que t’étais morte ! Mais bon, dommage que ce soit pas le cas.
Chloé (criant)
_ QUOIIII ? “Dommage” ? Donc toi tu souhaitais ma mort ? Sale folle !
Val (riant aux éclats)
_ Arrête petit puce, je rigole ! J’étais juste trop en colère contre toi. Sérieux, t’étais où ? On avait prévu de passer la semaine de congés ensemble et maintenant il reste à peine deux jours ! T’as posé un gros lapin, meuf !
Chloé (soupirant, amusée malgré tout)
_ Au lieu de me juger direct, demande-moi d’abord pourquoi j’ai disparu. Et si je te dis que je suis mariée maintenant… tu vas le croire ou pas ?
Val (éclatant de rire)
_ Hahaha t’es sérieuse là ? T’es mariée ? Oh ma go, arrête, j’vais m’étouffer !
Chloé (sérieuse)
_ Mais arrête de rire, je te parle sérieusement. Je blague pas.
Val (encore riant)
_ Wesh ma go, t’as pété un câble ou quoi ? Comment ça, mariée ? T’as rêvé ou t’as fait une hallucination post-congé ?
Chloé resta silencieuse un instant, le regard perdu dans le vide, son expression se faisant plus posée et sérieuse.
Chloé (calme et posée)
_ Je me suis mariée il y a quelques jours… bientôt une semaine.
Val (criante, choquée)
_ QUOIIIIIIII ?????????
Le cri de Val fit sursauter Chloé, qui éclata d’un rire nerveux en même temps que la surprise la traversait.
Val (toujours criante)
_ Eh meuf, tu te fous de ma gueule ? Sérieusement, t’as fait quoi ? Comment t’as pu te marier comme ça ?
Chloé, calmement, raconta à Valentina tout sur son mariage précipité avec Lorenzo, mais garda pour elle le côté sauvage et intimidant de son mari, se concentrant sur les détails officiels et cocasses du mariage.
Val (crianta)
_ Non mais c’est quoi cette nouvelle de dingue ?
Chloé (soupirant, un peu exaspérée)
_ Val, tu peux arrêter de crier stp ? J’ai l’impression que t’es là juste à côté de moi, mes tympans vont exploser.
Val (calmement, mais encore sous le choc)
_ Bah moi j’suis choquée là, ma belle… Donc tu es maintenant une femme mariée ? Sérieux ? Et… tes études alors ? Tu fais comment avec tout ça ?
Chloé (rassurante, posant sa voix)
_ Bien sûr que je vais continuer mes études après les congés. Et je vais mener ma vie comme je l’entends. Tu crois que j’allais devenir femme au foyer, genre Netflix et tasses de thé toute la journée ? No way, ma belle. Moi je suis libre comme le vent.
Val (curieuse, taquine)
_ Et le beau gosse alors ? Il est comment ce mec ?
Chloé (calmement, presque sérieuse)
_ Il est bien, super beau, et doux comme tout… nouveau mari.
Val (fouineuse, avec un petit rire)
_ Hmm… sûr qu’il est doux ? Genre c’est pas un psychopathe en costard qui t’a kidnappée pour le mariage express ? Et t’es sûre qu’il t’aime, celui-là ?
Chloé (posée, avec un petit sourire ironique)
_ On apprendra à s’aimer. Franchement, je me suis mariée pour que mon père ait l’argent de son opération et soit tranquille… Mon mari ? Même pas je m’en fais, tu me connais, je pleure pas pour mes problèmes.
Val (soupirant mais toujours en mode « protective friend »)
_ Ouais, mais bon… j’aurais préféré que ça se passe pas comme ça. Mais t’inquiète, ma go. Si t’es pas heureuse, je te sors de là. Hors de question qu’un type profite de toi. On va bosser dur, rembourser ton père, et après… divorce, baby.
Chloé esquissa un petit sourire timide, touchée par les paroles sincères de son amie. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais le son de la porte du salon s’ouvrant la fit se figer.
Ses yeux se posèrent sur Lorenzo, qui venait d’entrer, tenant dans ses bras une femme vêtue uniquement d’un string et d’un soutien-gorge. La jeune femme avait les jambes enroulées autour de la taille de Lorenzo et les bras serrés autour de son cou.
En les voyant, Chloé écarquilla les yeux, choquée, et dans un réflexe paniqué, elle coupa immédiatement l’appel. Le cœur battant, elle resta figée, incapable de croire ce qui se déroulait sous ses yeux.
La porte claqua brutalement derrière Lorenzo, qui l’avait refermée d’un coup de pied sec. Ses pas lourds résonnaient dans la pièce tandis qu’il s’avançait d’un air sombre vers le canapé. À son cou, sa maîtresse riait doucement, y déposant des baisers provocants comme pour marquer son territoire.
Arrivé près des canapés, Lorenzo ignora totalement Chloé, comme si elle n’existait pas. Sans un regard, il déposa la fille sans ménagement sur le canapé juste en face de Chloé. Puis, lentement, il se retourna vers elle. Ses yeux étaient froids, durs, et ses doigts commencèrent à déboutonner un à un sa chemise avec une lenteur volontaire, comme pour défier Chloé.
Derrière lui, la fille s’était déjà installée confortablement. Assise, un sourire insolent accroché aux lèvres, elle retira son soutien-gorge et jeta un regard amusé à Chloé, comme si elle savourait sa douleur. Chloé, elle, restait clouée à sa place, la bouche entrouverte, le souffle court. Ses yeux fixaient la scène sans parvenir à comprendre ce qui se passait, ni pourquoi Lorenzo osait lui infliger une telle humiliation.
Lorenzo (voix imposante, froide)
_ Monte dans ta chambre. Je veux utiliser le salon.
Chloé (yeux écarquillés, voix tremblante)
_ Quoiii ? Tu veux quoi ?
Chloé se leva d’un bond du canapé, le corps en feu, bouillonnante de rage, déjà consciente de ce que Lorenzo voulait imposer. Son cœur battait à toute allure, ses mains tremblaient mais son regard brûlait de colère.
Lorenzo (furieusement)
_ Dégage de mon salon. Je veux me vider les couilles là, p****n. T’es sourde ou quoi ?
Chloé sentit le sang lui monter à la tête, son visage devint rouge de colère.
Chloé (rouge de colère)
_ Tu te fous de ma gueule là ? Si t’as oublié, laisse-moi te rappeler que je suis ta femme ! Comment t’oses ramener une p**e ici, chez nous, et en plus me dire de dégager pour que tu te vide les couilles ?! Mais t’es tombé sur la tête ou y’a un fil qui s’est débranché dans ton cerveau ?
SPLASH.
La gifle claqua violemment sur la joue de Chloé. Le bruit sec résonna dans toute la pièce. Sa tête partit sur le côté, ses larmes jaillirent instantanément, mais elle les essuya du revers de la main, refusant de montrer sa faiblesse. Ses yeux brillaient de douleur, mais surtout de détermination.
Chloé (furieuse, la voix tremblante de rage)
_ Tu peux me gifler autant que tu veux, mais crois-moi, cette p**e-là, elle ne va pas rester une seule minute de plus dans cette maison.
Le regard glacé, Chloé poussa brutalement Lorenzo de côté avec toute la force de sa colère. Elle fonça sur la fille toujours assise sur le canapé, les seins à l’air, affichant un sourire insolent. Sans hésiter, Chloé lui attrapa les cheveux et tira d’un coup sec, l’arrachant de son confort.
La fille hurla, ses mains agrippant la main de Chloé pour tenter de se libérer.
Lorenzo( criant)
_ Mais tu fou quoi là ? putain...
La fille (criant)
_ Aaaaah ! Mes cheveux ! Lâche-moi, sauvage !
Chloé (rouge de colère, criant)
_ Toi la p**e, tu perds rien pour attendre ! La prochaine fois que tu croises mon mec, tu vas fuir direct après ce que je vais te faire aujourd’hui, p*******e !
Les yeux remplis de rage, Chloé la traîna par les cheveux à travers le salon. Le corps de la fille se tordait, elle trébuchait, ses cris résonnaient comme une musique de victoire pour Chloé. Arrivée à la porte, Chloé l’ouvrit d’un geste sec, puis, avec une brutalité glaciale, la projeta dehors de toutes ses forces.
La fille s’écrasa lourdement au sol, à moitié nue, humiliée, les seins encore en l’air, n’ayant pour tout vêtement qu’un simple string. Elle gémit de douleur, le visage tordu de honte.
Chloé (rouge de colère, crachant ses mots)
_ Dégage de ma maison avant que je revienne t’arroser avec de l’eau bouillante, sale chienne ! La prochaine fois que tu cherches des clients, demande-leur s’ils ont une femme à la maison. Parce que moi, mon mari, si une autre ose le toucher, je l’écrase sans réfléchir.
Elle claqua la porte violemment, laissant la fille dehors, effondrée, la honte collée à la peau. Le bruit de la porte résonna comme un coup de tonnerre dans le silence.
Mais à peine Chloé se retourna…
SPLASH. SPLASH.
À suivre...