chapitre 7: la voix d'un père , la main d'un bourreau

2725 Words
DANS LA CHAMBRE DE CHLOÉ. Assise sur le canapé face à son lit, Chloé jouait distraitement avec une mèche de ses cheveux encore humides. Elle portait un jean boyfriend un peu large et un tee-shirt blanc simple. Ses longs cheveux détachés retombaient en cascade sur ses épaules, encadrant son visage fatigué mais apaisé par la douche qu’elle venait de prendre. Entre ses doigts, son téléphone vibrait légèrement. C’était celui qu’elle avait trouvé dans les affaires livrées par la mère de Lorenzo. Elle inspira profondément, ferma les yeux un instant puis composa le numéro de son père. Son cœur battait vite. Les premières sonneries lui parurent interminables. Et puis enfin, la voix de Giovanni résonna, familière, rassurante. Père – Allô, c’est qui ? Chloé (souriante, la voix douce) – C’est moi papa, c’est Chloé. Comment tu vas, mon papa d’amour ? Père (ému, la voix tremblante) – Ah… ma chérie. Je vais bien. Et toi, comment tu vas ma puce ? Comment va… euh… ton mari ? À ces mots, le sourire de Chloé s’effaça légèrement. Son regard se perdit vers le lit. Son estomac se serra. Devait-elle tout lui dire ? Lui avouer le genre d'homme qu'était Lorenzo ? Ou bien lui épargner ce fardeau pour protéger sa santé fragile ? Chloé (essayant de paraître rassurante) – Je vais bien, papa. Et, mon mari aussi va bien. Mais il va falloir qu’on parle, papa. Père (curieux, un peu inquiet) – Parler de quoi ? Tout va bien ? Chloé poussa un long soupir, sa gorge serrée par l’émotion. Elle joua avec le bas de son tee-shirt, cherchant ses mots. Sa voix sortit plus basse, presque un murmure. Chloé (soupirant) – Oui… mais je crois pas que je vais réussir à m’habituer à cette nouvelle vie. J’étais tellement habituée à rester avec toi. Et là, tout est allé si vite que je me demande ce qui va se passer dans le futur. Un silence lourd s’installa. De l’autre côté du fil, Giovanni pouvait sentir la peur et l’incertitude dans la voix de sa fille, malgré ses efforts pour rester forte. Chloé, elle, fixait le vide devant elle, les yeux brillants, attendant désespérément que son père trouve les mots pour la rassurer. Chloé (calmement) – Papa, tu crois pas qu’on peut en reparler avec ton patron concernant ton opération ? Franchement, moi je comprends rien. Ce mariage est allé trop vite… je sais même pas pourquoi il voulait absolument que je me marie avec son fils. Et tu sais que si j’ai accepté, c’est uniquement parce qu’il a promis de payer ton opération et aussi une maison, pour que tu sois à l’aise. Je ferai tout pour toi, papa. Je sais très bien que même si tu travailles toute ta vie, tu pourras jamais payer ces frais-là. Et moi, j’ai pas envie de te perdre. Je préfère rester dans cette maison avec cet homme, et être sûre que tu vas bien, plutôt que de te voir mourir. À l’autre bout du fil, Giovanni sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Les mots de sa fille le touchaient profondément, mais la douleur d’un secret qu’il cachait alourdissait encore plus son silence. Père (ému) – Ma puce… je t’aime tellement. N’oublie jamais que ton papa d’amour t’aime plus que tout au monde. Je sais que ce sera difficile d’apprendre à vivre avec un homme que tu ne connais pas mais ne t’inquiète pas. Mon patron m’a rassuré : tant que tu seras avec son fils, il veillera à ce que tu sois protégée. Rien ne t’arrivera, ma chérie. Chloé (les yeux remplis de larmes) – Papa, tu me manques déjà… Je viendrai te voir demain. Ton opération, c’est prévu pour quand ? Je veux être là pour te soutenir, et m’assurer que tout se passe bien. J’aurais voulu que tu me dises plus tôt que tu avais un cancer des poumons… Pourquoi tu m’as caché ça, papa ? Père (ému) – Ma puce… je pouvais pas. Je voulais pas t’inquiéter, ne me juge pas, ma chérie. J’ai mes raisons. L’opération est prévue dans cinq jours. Ne t’inquiète pas, il y a encore du temps. Je t’appellerai quand ça sera le moment. Et puis mon patron a engagé une infirmière pour rester avec moi, donc je suis entre de bonnes mains. Chloé (un léger sourire au coin des lèvres) – D’accord, papa, prends soin de toi. Je t’aime. Bye. Père (tendre) – Au revoir ma fille. Que Dieu te protège. Chloé (souriante, la voix tremblante) – Amen. Elle raccrocha enfin. Une larme glissa sur sa joue, suivie d’un long soupir. Au fond de son cœur, elle se sentait un peu soulagée : au moins, son père allait être opéré. Chloé (murmurant pour elle-même) – Tant que mon père va bien et que son patron tient sa promesse alors je supporterai ce monstre. Elle se leva lentement du canapé, enfila ses chaussons et sortit de sa chambre. Ses pas résonnaient doucement dans le couloir silencieux. Elle descendit les escaliers et entra dans le vaste salon, où flottait encore une légère odeur de café et de pain grillé. Sans s’arrêter, elle se dirigea droit vers la salle à manger. La pièce était grande, illuminée par les rayons du soleil filtrant à travers les larges baies vitrées. La table en bois massif trônait au centre, recouverte de plats soigneusement préparés par Lila. Lorenzo était déjà installé, assis dans son grand fauteuil en cuir, comme un roi à sa table. Il mangeait calmement, un air impassible sur le visage. Sa tasse de café fumait encore à côté de lui. Chloé entra sans même lui adresser un regard. Elle tira une chaise d’un geste sec et s’assit, baissant aussitôt la tête. Sans attendre, elle se servit dans les plats, ses mains légèrement tremblantes. Elle commença à manger en silence, ses yeux fixés sur son assiette, comme si chaque bouchée lui servait à éviter de croiser le regard de Lorenzo. Lui, pourtant, ne la quittait pas des yeux. Ses prunelles sombres la suivaient, froides, silencieuses, scrutant chaque geste, chaque respiration. De temps en temps, il levait sa fourchette mais ses yeux restaient rivés sur elle, comme si sa présence seule était une provocation. Chloé (voix intérieure) Mais c’est quoi son délire à lui ? Être torse nu dans la salle à manger comme si de rien n’était… il se prend pour qui ce gars ? Ok, je vais pas mentir, il est carrément canon, ce mec qui m’est tombé comme mari. Beau, croquant même. Mais il me dégoûte. Surtout après ce que j’ai vu ce matin… comment il a osé se faire s***r par cette femme alors que moi, j’étais juste là, à côté, en train de dormir ? Je le hais, ce s****d. Il me répugne. Et son père qui passe son temps à chanter ses louanges. Depuis que je suis là, il m’a jamais souri, jamais parlé gentiment. Moi qui pensais avoir un mari cool, respectueux, un mec qui saurait se comporter comme un vrai homme… pff, pas de chance pour moi. Lorenzo (voix intérieure) Je vais pas mentir, elle est mignonne cette petite. Ses longs cheveux, son visage innocent, et cette taille minuscule à côté de moi… c’est presque mignon, limite attendrissant. On dirait que mon vieux a carrément essayé de me coller ma moitié. Mais bon… ça change rien. Elle est jolie, ok, mais pas mon style. Elle m’intéresse pas. Le silence continuait de régner, jusqu’à ce que Lila entre dans la pièce. Sa démarche était volontairement provocante, ses hanches ondulant comme pour marquer son territoire. Elle s’arrêta à côté de Lorenzo, plantant ses mains sur ses hanches, et posa un regard appuyé sur Chloé, plein de curiosité. Lorenzo leva les yeux vers elle, ses sourcils se fronçant légèrement. Chloé, elle, resta concentrée sur son assiette, la tête basse, continuant à manger comme si le reste du monde n’existait pas. Lorenzo (voix imposante, sèche) – Tu veux quoi, Lila ? Lila (feignant l’innocence, regard sur Chloé) – Rien du tout. Je voulais juste demander à ta copine si elle avait besoin de quelque chose d’autre. Lorenzo ne répondit pas. Il savait très bien à quoi jouait Lila : elle cherchait à percer le mystère, à savoir qui était réellement cette fille assise en face de lui. Elle l’avait déjà questionné le matin même, mais il n’avait rien laissé filtrer. Chloé, en entendant ces mots, releva lentement la tête. Ses yeux se posèrent sur Lila, calmes mais tranchants, un sourire à peine perceptible au coin des lèvres. Chloé (provocatrice, ton piquant) – Ma chienne, si tu voulais savoir qui je suis, fallait demander directement. Peut-être que j’aurais eu la gentillesse de te répondre. Mais vu que t’insistes… je vais t’éclairer. Je suis sa femme. Ouais, la femme du mec que t’étais en train de s***r ce matin, quand moi je dormais juste à côté. Mais t’inquiète, je suis une fille sympa. J’aime bien partager ma nourriture avec les chiennes en chaleur. En te regardant, je sais déjà que t’as pas de mari capable de bien te satisfaire sexuellement alors vas-y, profite. Cet homme, on peut dire qu’il est à nous deux. Régale-toi, ma belle. Moi je partage toujours. Un silence glacé s’abattit sur la pièce. Lorenzo posa sa fourchette, ses yeux noirs fixés sur Chloé avec une intensité presque dangereuse. Ses mâchoires se crispèrent, son aura imposante emplissant la salle comme une ombre menaçante. Il s’attendait à une crise de jalousie ou une dispute banale, mais rien. Chloé, avec un sourire tranquille au coin des lèvres, reprit calmement sa nourriture, comme si de rien n’était. Lila, elle, sentit la honte lui brûler les joues. Son sourire forcé ne trompait personne. Sans oser répondre, elle tourna les talons et quitta la salle à manger, les hanches moins assurées qu’à son arrivée. Lorenzo (voix imposante) – Eh, la gamine… c’est quoi cette manière de parler ? T’as fumé ou quoi ? Comment ça je suis à vous deux ? T’es folle ? Tu crois vraiment que je suis à toi ? Chloé releva lentement la tête. Son regard était dur, son menton haut, mais ses yeux trahissaient une colère contenue. Chloé (fermement, piquante) – Redescends direct, arrête de prendre tes grands airs. Et surtout, crois pas une seconde que tu m’intéresses. Si j’ai parlé comme ça, c’est juste pour remettre ta chienne à sa place. Elle doit capter que je suis pas dans sa catégorie. Après, entre nous, je m’en fous royalement que tu te tapes cette Lila ou qu’elle te s**e la queue. C’est vos histoires de chien et de chienne, ça. Mais attention : elle va devoir apprendre à me respecter. Parce que si elle ose encore me chercher, je vais pas hésiter à vous montrer à tous les deux que je suis pas une idiote. Même si toi et moi on n’est pas un vrai couple, même si y a zéro amour entre nous, t’as quand même une obligation : me respecter. Alors la prochaine fois que tu veux b****r tes petites putes de bas étage ou tes mamans de quarante ans, fais ça dans ta chambre. Pas sous mon nez. Sa voix avait claqué comme une gifle. Sans attendre une réponse, Chloé se leva d’un bond, sa chaise raclant brutalement le sol. Elle tourna le dos à Lorenzo et quitta la salle à manger d’un pas sec, son corps tremblant de colère mais son allure fière. Lorenzo resta figé un instant. Ses mâchoires se contractèrent, son visage se durcit, ses veines saillantes sur le front. La colère bouillonnait en lui, alimentée par les mots tranchants de Chloé. Ses poings se refermèrent à s’en faire blanchir les jointures. Lorenzo (furieux, voix grondante) – Elle se prend pour qui, cette gamine ? Comment elle ose me parler comme ça ? Son corps entier vibrait de rage. Il repoussa sa chaise violemment, se leva d’un bond et traversa la salle à manger d’un pas lourd. Chaque enjambée résonnait comme une menace. Il passa le salon à grandes foulées, grimpa les escaliers deux par deux, sa respiration courte et brûlante. Dans le couloir, Chloé venait d’atteindre sa porte. Sa main effleurait déjà la poignée quand une poigne brutale lui saisit le bras. D’un geste sec, Lorenzo la força à se retourner. Elle se retrouva face à lui, ses yeux noirs flamboyants de rage. Et là… SPLASH. La gifle claqua dans l’air, sèche, brutale. Si violente que Chloé chancela en arrière, manquant de tomber. Sa joue brûlait comme du feu sous la paume de Lorenzo. Elle posa aussitôt sa main dessus, le souffle court, les yeux embués de larmes qu’elle s’efforçait de retenir. Elle refusait de lui donner cette satisfaction. Chloé (voix tremblante) _ Pourquoi tu me gifles cette fois ? Parce que j’ai dit la vérité ? C’est ça ? Tu crois que tes claques vont m’arrêter ? Laisse-moi te dire un truc, connard : t’es qu’un gros lâche… un mec sans couilles qui… SPLASH. Une deuxième gifle, encore plus violente, la coupa net. Lorenzo (hurlant, voix imposante) _ Tais-toi, sale gamine ! Chloé sursauta sous la violence, une larme échappa à son œil et roula sur sa joue. Elle l’essuya d’un geste rageur, levant un regard flamboyant vers Lorenzo. Chloé (rouge de colère, la voix vibrante) _ Je t’interdis de lever la main sur moi ! Je suis pas ton esclave, p****n ! Tu te prends pour qui ? Lorenzo (furieux, les veines tendues sur son cou) _ Je me prends pour ton mari. Et la prochaine fois que tu oses me dicter ce que je dois faire, crois-moi, je vais te botter comme jamais. Contrôle ton p****n de langage avec moi, gamine. Chloé (furieuse, défiant son regard noir) _ Frappe-moi alors ! Tu penses que j’ai peur de toi, peut-être ? Eh bien non, mon cher mari. Tout ce que tu sais faire, c’est lever la main encore et encore. Tu veux que je te dise ? T’es qu’un bad boy de pacotille… un connard que je déteste de toutes mes forces. Le mot "déteste" claqua comme une gifle à son tour. Mais cette fois, Lorenzo explosa. D’un geste sec, il attrapa Chloé par le cou. Sa main massive l’enserra, et il la souleva du sol sans le moindre effort, comme si elle n’était rien qu’un poids plume. Les yeux injectés de sang, les traits tordus par la rage, il serrait de toutes ses forces son cou. Chloé rougissait, suffoquait. Ses jambes battaient dans le vide, ses mains agrippaient désespérément le bras de Lorenzo. Ses doigts tremblaient, cherchaient à se libérer, mais c’était peine perdue. Chloé (voix étranglée, étouffée) _ Hu…m… la… lâche… moi… Lorenzo (voix glaciale, terrifiante) _ Tu m’adresses la parole avec respect. Compris ? Je suis très méchant quand on me désobéit. Je suis ton mari, et dans cette maison, tu respectes mes règles. Si encore une seule fois tu oses me dire comment gérer mes affaires ou mes putes… crois-moi, la punition sera pire que tout ce que t’imagines. Fais gaffe, gamine. Très gaffe. Il la relâcha d’un coup sec. Chloé s’écroula lourdement au sol, comme une poupée brisée. Sa respiration haletante se coupa, ses yeux se voilèrent, et son corps s’affaissa de côté. Ses cheveux masquèrent son visage tandis que ses bras retombaient inertes. La marque des doigts de Lorenzo se dessinait déjà sur son cou fragile. Elle venait de perdre connaissance. Lorenzo, impassible, ne broncha pas. Ses yeux de glace se détournèrent d’elle sans une once de pitié. Il entra et claqua la porte de sa chambre derrière lui, comme si rien ne venait de se passer. Dans sa chambre, il arracha son pyjama d’un geste v*****t et le jeta au sol. Son corps crispé vibrait de colère. Il entra dans sa salle de bain, tourna le robinet d’un geste brutal et laissa l’eau ruisseler sur sa peau brûlante. Il ferma les yeux. Lorenzo (voix intérieure, sombre) Si elle croit qu’elle va jouer les rebelles avec moi, elle se trompe. C’est moi le boss ici. Qu’elle le veuille ou non, elle pliera. p****n, elle me tape sur les nerfs cette gamine. Il passa ses mains dans ses cheveux pour les laver, les yeux obstinément fermés. Son cœur cognait sous l’emprise de la colère, mais son visage demeurait impassible, étrangement calme, comme si l’état de la jeune femme ne l’atteignait pas le moins du monde. À suivre...
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