chapitre 30: L'amour s'éloigne , le danger s'invite.

2587 Words
Le soir – Villa de Lorenzo. Le salon baignait dans une obscurité épaisse, seulement traversée par la lueur tremblante d’une lampe oubliée dans un coin. Lorenzo était affalé sur le canapé, torse nu, un simple pantalon de pyjama sur lui. Ses cheveux en bataille, ses traits tirés, ses yeux rouges trahissaient trois nuits sans sommeil. Une bouteille à la main, il buvait à grandes gorgées, comme si chaque goutte d’alcool pouvait noyer un peu plus sa douleur. Autour de lui, un silence pesant. On n’entendait que le bruit du verre qui frappait la table à chaque fois qu’il le reposait, et sa respiration lourde, brisée. Il se pencha en avant, les coudes sur les genoux, fixant le vide comme s’il cherchait une réponse qu’il ne trouverait jamais. Lorenzo (voix intérieure) _ Trois mois, trois putains de mois à creuser, fouiller, chercher à savoir qui me tournait autour depuis toutes ces années. Et quand j’ai enfin trouvé... j’aurais préféré ne jamais savoir. C’était lui, Fabio. Mon frère d’arme, mon frère de sang. Le mec pour qui j’aurais pris une balle sans réfléchir. Il inspira profondément, les mâchoires serrées, la gorge sèche. Une larme silencieuse roula sur sa joue, qu’il essuya aussitôt d’un revers brutal. Lorenzo( voix intérieure) _ Et maintenant, il est mort. Mort par ma main. C’est moi qui ai tiré, moi qui ai mis fin à sa vie. Et le pire... c’est que je sais même plus si je dois me sentir coupable ou soulagé. Tout ce que je sais, c’est que j’ai mal. p****n, j’ai mal comme jamais. Il reprit la bouteille, but directement au goulot, le liquide brûlant lui déchirant la gorge. Lorenzo( voix intérieure) _ J’ai passé ma vie à haïr, à me battre, à écraser tous ceux qui se mettaient sur mon chemin. J’ai toujours dit que je ne tuais que ceux qui le méritaient, ceux qui faisaient du mal. Jamais pour le plaisir. Jamais pour la gloire. Juste par justice. Mais là... c’est pas pareil. Fabio, c’était pas un ennemi au début. C’était mon gars sûr, mon frère. Et pourtant... c’est moi qui ai appuyé sur la détente. J’essaie de me convaincre que c’était la bonne chose à faire, mais bordel... comment tu vis avec ça ? Comment tu continues à respirer quand t’as tué la personne que t’appelais "frère" ? Il ferma les yeux un instant, revoyant la scène encore et encore. Le coup de feu, le sang. Le silence après. Un cauchemar qui ne s’effaçait pas. Lorenzo (pensée douloureuse) _ Et Chloé… elle me déteste maintenant. Elle me regarde comme un monstre. J’ai vu la peur dans ses yeux, cette peur que j’ai toujours refusé d’inspirer à la femme que j’aime. Elle, qui me tenait tête, qui me parlait sans trembler, elle a eu peur de moi. Il se frappa la poitrine du poing, rageur. Lorenzo( voix intérieure) _ Merde ! J’aurais préféré qu’elle me gifle, qu’elle me hurle dessus, qu’elle me crache sa haine à la figure, mais pas ce regard-là. Ce regard de dégoût et de peur... je peux pas l’oublier. Il posa la tête contre le dossier, le regard perdu au plafond. Lorenzo( voix intérieure) _ Je sais qu’elle me pardonnera jamais. Comment elle pourrait ? Qui voudrait rester avec un mec comme moi ? Un type qui a du sang sur les mains. Elle mérite mieux. Chloé, elle mérite un mec qui la protège, pas un gars qui détruit tout ce qu’il touche. Il éclata d’un rire amer. Lorenzo( voix intérieure) _ J’suis foutu, p****n. Depuis qu’elle est entrée dans ma vie, tout a changé. Elle a foutu le bordel dans ma tête, elle a fait battre ce cœur que je croyais mort. Et maintenant qu’elle est partie... j’me sens vide. Comme si tout s’écroulait autour de moi. Son regard se voila, sa voix s’éteignit presque. Lorenzo( murmurant) _ Peut-être qu’elle avait raison de partir. Peut-être que je suis qu’un monstre déguisé en homme. Ouais... un monstre qui peut pas être aimé. Le silence fut soudain brisé par un bruit sec : la porte du salon venait de s’ouvrir brutalement. Lorenzo sursauta, les yeux mi-clos, le souffle court. Dans l’encadrement, une silhouette massive apparut : Marco. Ses yeux rouges de rage, les poings serrés, la mâchoire crispée. Il avançait lentement, chaque pas résonnant dans la pièce comme une menace. Lorenzo (surpris, la voix rauque) _ Marco... qu’est-ce que tu fous ici ? Aucune réponse, Marco ne dit rien. Il fonça sur lui, emporté par une colère qu’il ne contrôlait plus. Il attrapa Lorenzo par le cou et le souleva d’un geste brutal. L’air manqua aussitôt à Lorenzo, qui tenta de se débattre. Lorenzo (hurlant de douleur) _ Aaaaaaaaah ! Lâche-moi, bordel ! La gifle s’était transformée en coup de poing. Marco, le visage déformé par la rage, avait frappé sans réfléchir, un coup sauvage qui envoya Lorenzo rouler sur le sol comme un pantin dont on vient de couper les fils. Le bruit sourd du corps heurtant le parquet résonna dans la pièce, suivi d’un silence coupable. Marco (cri de rage) – Sale traître, pourquoi tu l’as tué ? Pourquoi tu as tué notre frère, Lorenzo ? POURQUOI ?! Marco tremblait, la colère lui secouait tout le corps. Des larmes, amères, chaudes, coulaient le long de ses joues, mais sa voix restait une déchirure, plus colère que douleur. Il voulait des réponses, des explications que la violence elle-même n’arrivait pas à extirper. Lorenzo resta un instant allongé, le souffle court, le goût métallique du sang dans la bouche. Il porta une main à ses lèvres : elles saignaient. Il eut un petit rire rauque, presque méprisant, puis se redressa difficilement. Chaque mouvement lui coûtait, mais il se traîna jusqu’au canapé et s’y laissa tomber, lourd, comme si son corps était trop fatigué pour soutenir ce qu’il venait d’endurer. Lorenzo (calme, voix basse) – C’était lui, C’était Fabio, le traître. Tu sais comment je traite les traîtres. En entendant ça, Marco s’immobilisa. Son regard oscillant entre l’incrédulité et la rage. Les mots de Lorenzo frappèrent plus fort que tous les coups. Marco (confus, suppliant) – De quoi tu parles ? Quelle raison a tu pour tué l’homme qui a bossé pour nous des années… Réponds, Lorenzo, pourquoi tu as tué notre ami ? POURQUOI ? Le visage de Lorenzo vira au rouge, la colère montant d’un cran comme une vague prête à tout engloutir. Ses yeux brûlaient d’une froide détermination. Lorenzo (cri de colère, rugissant) – PARCE QUE C’ÉTAIT LUI ! C’ÉTAIT LUI LE FRÈRE D’IRINA ! C’ÉTAIT FABIO, LE MAÎTRE-CHANTEUR ! CELUI QUI M'A POIGNARDÉ DANS L’OMBRE PENDANT DES ANNÉES ! Il se faisait passer pour Fabio, alors qu’en vrai il s’appelait Enzo. Ce fils de chien a essayé de v****r Chloé. C’est lui qui a buté le père de ma femme. Et tu veux savoir le pire ? Il a balancé toutes les infos sur mon cartel à la police. C’est une question de temps avant qu’ils sachent que le Jaguar, c’est moi. Tu piges maintenant ? Tu comprends pourquoi je l’ai descendu ?! Les mots claquaient, puissants, brutaux, pas d’excuse, pas de remords adouci. Lorenzo parlait comme un homme qui venait d’ôter un masque et révélait un réseau de mensonges. Sa voix ne tremblait pas ; elle était tranchante, froide. Mais sous cette froideur, on sentait la douleur, profonde, lancinante. Marco chancela, il se laissa tomber sur le canapé en face, le souffle coupé. Ses mains massaient ses tempes, comme pour chasser une vérité trop lourde à porter. Marco (voix tremblante, presque un murmure) – Donc… c’était Fabio ? Il était notre frère... Lorenzo (vif, amer) – Il n’a jamais été notre frère. Ce taré n’était qu’un traître. Et tu sais quoi ? Sa mort ne m’apaise pas. Ça ne me soulage pas. J’ai encore mal, plus qu’avant. Un silence lourd retomba, seulement percé par le bruit étouffé des respirations et par les larmes que Marco retenait à grand-peine. Lorenzo, lui, regardait droit devant, les yeux noyés d’une colère glacée qui ne laissait rien passer. Après plusieurs minutes qui semblèrent des heures, Lorenzo brisa le silence d’une voix ferme, directe, la voix d’un chef qui recompose ses pièces après l’orage. Lorenzo (calme mais impératif) – Tu vas contacter nos contacts dans la police. Tu vas leur faire effacer toutes les preuves que Fabio leur a filées sur moi et sur le cartel. Tu nettoies mes arrières. Je veux aucune mauvaise surprise. Marco hocha la tête, sans un mot. L’ordre pesait dans l’air, et il sentit la gravité de la tâche. Il n’y avait plus de place pour l’hésitation. Lorenzo (froid, contrôlé) – Et trouve-moi l’adresse de Valentina, la pote de Chloé. Je veux tout savoir d’elle. Son entourage, ses habitudes, absolument tout. À l’évocation du nom, Marco plissa le front. Une lueur d’interrogation monta dans son regard : l’intérêt soudain de Lorenzo pour cette fille le surprenait. Marco (curieux, sceptique) – Pourquoi tu veux des infos sur Valentina ? Où est Chloé ? Tu te serais déjà passé d’elle pour t’intéresser à sa pote ? Je te préviens… Lorenzo leva la main, imposant le silence. Son regard se fit plus dur, glacial. Lorenzo (imposant, menaçant) – Baisse d’un ton quand tu me parles, petit. Je ne suis pas intéressé par elle. Et je sais très bien que toi, t’as un œil sur elle. Marco (calme, s’efforçant d’être neutre) – Alors pourquoi ? Lorenzo inspira, la poitrine se levant comme si chaque mot lui coûtait. Sa voix, quand elle revint, était basse, pleine d’une tendresse qu’il n’assumait pas, et d’une froideur déterminée. Lorenzo (calme, lourd de sens) – Parce que ma gamine est chez elle. Elle ne veut plus entendre parler de moi. Chloé m’a quitté. La phrase tomba comme une bombe. Marco ouvrit la bouche, incrédule. Marco (surpris, presque outré) – Quoi ?!? Chloé t’a quitté ? Qu’est-ce que t’as fait ?! Lorenzo ne répondit pas tout de suite. Ses yeux fixaient maintenant un point vague sur le mur, comme pour y trouver une explication qui n’existait pas. Il laissa échapper un rire bref, sans joie. Lorenzo (calme) _ Chloé sait que j’ai tué Fabio. Elle sait maintenant que je suis un meurtrier et elle ne veut plus me voir. La phrase glissa dans la pièce comme un couteau. Marco resta figé, la bouche entrouverte, incapable d’enchaîner. Lorenzo (calme) _ Et c’est mieux comme ça. Je préfère qu’elle soit loin de moi plutôt que la garder à mes côtés contre son gré. Je veux pas qu’elle vive avec la peur que je lui inspire. Un silence lourd pesa entre eux. Lorenzo parlait sans frémir, sa voix était basse, contenue, la voix d’un homme qui a choisi sa sentence et qui l’assume d’un froid implacable. Marco (interrompant, incrédule) _ T’es sûr ? Tu veux vraiment que vous vous sépariez ? Lorenzo (ferme) _ Ce n’est pas une question de ce que je veux. C’est elle qui décide. Et ce qu’elle veut, maintenant, c’est qu’on la laisse tranquille. Après ce qu’elle a vu, je ne peux pas lui demander de rester. Marco fronça les sourcils, l’inquiétude prenant le dessus. Une peur pratique commença à poindre derrière sa colère : la police, la réputation, les risques. Marco (calme mais pressant) _ Et si elle te dénonce ? T’y as pensé ? Comment est-ce qu’elle a su tout ça ? Tu n’as pas osé le tuer devant elle, quand même ? Lorenzo (glacial) _ Je ne veux plus en parler. Tu fais ce que je t’ai dit. Trouve-moi les infos sur Valentina, adresse, proches, fréquentations, tout et très vite. Marco (soupirant) _ Tu comptes l’espionner ? Lorenzo (voix grave, résolue) _ Ne sois pas con. Je veux pas l’espionner pour le plaisir. Ma gamine est chez elle. Si elle est en danger là-bas, je vais la chercher immédiatement, point final. La phrase porta un poids qui changea l’atmosphère : derrière la violence et la froideur de Lorenzo, il y avait une promesse. Marco (calme, mais inquiet) _ Et si elle refuse de te voir ? Comment tu vas faire ? Lorenzo (déterminé) _ J’ai promis à son père de veiller sur elle. Même si Chloé me rejette comme l'homme de sa vie, je serai son bouclier dans l'ombre. Personne ne la touchera. Pas même cette folle qui prétend être sa mère. Le nom de la « mère » déclencha une surprise chez Marco. Marco (surpris) _ Quoi ? La mère de Chloé ? Tu la connais ? Lorenzo (yeux rouges, voix froide) _ Je ne l’ai jamais vue en face, mais je sais ce qu’elle est. Elle gère un réseau de prostituées Elle va revenir dans la vie de Chloé, maintenant que son père est mort j'en sur sûr. Marco hocha la tête, abasourdi. L’idée que la mère de Chloé dirige un réseau de prostituées sonnait presque incroyable, mais Lorenzo parlait avec la certitude de celui qui a des dossiers et des visages. Marco (étonné, incrédule) _ J’arrive pas à y croire… La mère de Chloé gère un réseau de prostituées ? Et tu crois qu’elle voudra placer sa fille dedans ? Lorenzo (calme mais sanglant) _ Si elle ose, je la détruis. Elle n’a aucune idée de qui je suis et de quoi je suis capable. Le ton était une menace à peine masquée. Marco, était secoué, il avait besoin d’air, d’alcool, de quelque chose pour calmer le tremblement dans ses mains. Marco (soupirant) _ J’ai besoin d’un verre. J’ai besoin de digérer tout ça. Il se leva lentement, prit la bouteille et se servit, tandis que Lorenzo restait immobile, le regard perdu, l’air absent. La pièce se referma sur leurs silences lourds de décisions à venir. Le lendemain — Maison de Valentina. Le matin apportait une lumière pâle, mais l’ambiance restait tendue. Chloé, en pyjama, pantalon ample et chemise froissée, était assise sur le canapé, un verre de jus à la main. Elle fixait le vide, le regard vide, comme si ses pensées étaient ailleurs, encore prisonnières de la nuit passée. La porte du salon s’ouvrit. Un jeune homme d’une vingtaine-cinq ans entra, charismatique et élégant, une valise à la main. Il avait l’allure de celui qui n’a rien à cacher, mais dont le sourire cache des choses. Chloé sursauta, son verre trembla dans sa main. Homme (curieux, souriant) _ Salut, t'est qui toi ? Chloé plissa les yeux, sur la défensive. Chloé (surprise, méfiante) _ Je suis la pote de Val. Et toi ? Qui es-tu ? Comment t’as eu les clefs pour entrer comme ça sans frapper ? En entendant ses paroles, l’homme esquissa un léger sourire charmeur, presque moqueur, comme s’il s’amusait de la méfiance évidente de Chloé. Son regard, à la fois calme et pénétrant, glissa sur elle avec une assurance troublante. Lentement, il s’approcha, posant sa valise près du canapé, puis lui tendit la main, d’un geste mesuré, presque trop sûr de lui. Homme (sourire au coin) — Moi, c’est Carlos… le cousin de Valentina. Chloé resta un instant immobile, le regard braqué sur cette main tendue. Elle hésita, l’observant de haut en bas, notant chaque détail : la montre dorée à son poignet, le parfum discret mais cher, la chemise légèrement ouverte sur un torse qu’il semblait exhiber sans s’en rendre compte. Son instinct lui criait de se méfier, mais elle finit tout de même par lui serrer la main. Son geste fut rapide, sec, presque froid. Aussitôt, elle retira sa main, les lèvres serrées, les yeux plantés dans ceux de Carlos avec une lueur de défi. À suivre...
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD