III Madame de La Sablière vécut plus de douze années aux Incurables, de 1680 à 1695. Son cœur était brisé, et, ni les louanges, ni les instances du monde, ni sa beauté, encore dans sa verdeur et dans tout son éclat, ne purent lui faire rompre sa résolution. Au dix-septième siècle, les naufragés de la fortune ou de l’amour, de l’esprit ou du cœur, se réfugiaient dans la pensée de l’éternité. Au commencement du dix-neuvième siècle, on n’allait plus au cloître, on se tuait ; aujourd’hui on se distrait et on oublie. L’amour était plus profond et plus vivace au dix-septième siècle que de nos jours. Avant de mourir, madame de La Sablière eut le bonheur de voir son vieil ami revenir à des sentiments chrétiens et abjurer les erreurs de sa vie. Vers la fin de l’année 1692, il fut pris d’une grave

