II Jacques était un heureux enfant. Vêtu de sa blouse grise, serrée par une ceinture de cuir, son fusil sur l’épaule, près de lui son grand chien aux longues oreilles et aux regards si doux, il s’égarait à travers champs, poursuivant plus de rêves que de cailles et de perdreaux, et souvent, faisant grâce à la tourterelle qui gémissait sur la branche du chêne. Il vivait en paix dans le vieux château de son père, près de sa mère et de sa jeune sœur, qui jouait sur le piano les valses de Beethoven et les chœurs de Weber. Il s’en allait le long du ruisseau bordé de saules, et, assis sur le tronc d’un orme, il écoutait les vagues mélodies des campagnes. Il aimait ces voix diverses et mystérieuses. Le vent qui faisait crier la girouette du clocher, l’eau glissant sur les cailloux, le bruit des

