XXI LettreCharles, Vous êtes mon amant. Voilà le premier mot qu’il me fallait écrire dans la seule lettre que vous recevrez de moi. Ce mot doit être mon châtiment : il est juste qu’un homme ait en son pouvoir la preuve de mon crime, qu’il puisse s’en armer contre moi, me perdre et me livrer à l’infamie, sans qu’il me reste un seul refuge pour y échapper, sans que je puisse lui dire impudemment à la face : Vous avez menti. Ceci est écrit de ma main, signé de ma main : vous êtes mon amant. Maintenant, à cet homme ainsi possesseur de mon déshonneur, je dois dire encore : Je ne veux plus que vous me parliez, je ne veux pas que vous m’écriviez ; si vous l’essayez, je dirai à d’autres qu’à vous : Charles est mon amant. Pour vous prouver que je ne suis pas folle, voici mes raisons. Si jamais fe

