LIII Le duel À cette époque, c’était toujours une chose grave que de se sentir toucher à l’épaule. Dixmer se retourna et reconnut Maurice. – Ah ! bonjour, citoyen républicain, fit Dixmer sans témoigner d’autre émotion qu’un tressaillement imperceptible qu’il réprima aussitôt. – Bonjour, citoyen lâche, répondit Maurice ; vous m’attendiez, n’est-ce pas ? – C’est-à-dire que je ne vous attendais plus, au contraire, répondit Dixmer. – Pourquoi cela ? – Parce que je vous attendais plus tôt. – J’arrive encore trop tôt pour toi, assassin ! ajouta Maurice, avec une voix ou plutôt avec un murmure effrayant, car il était le grondement de l’orage amassé dans son cœur, comme son regard en était l’éclair. – Vous me jetez du feu par les yeux, citoyen, reprit Dixmer. On va nous reconnaître et no

