Pourquoi donc une dame, quand la nature la fait bonne et miséricordieuse, n’usera-t-elle librement des dons qu’elle lui a donnés, sans en être ingrate, ou sans répugner et contredire du tout contre elle ? Comme ne fit pas une dame dont j’ai ouï parler, laquelle, voyant un jour dans une salle son mari marcher et se promener, elle ne se put empêcher de dire à son amant : « Voyez, dit-elle, notre homme marcher ; n’a-t-il pas la vraie enclouure d’un cocu ? N’eussé-je donc pas offensé grandement la nature, puisqu’elle l’avait fait et destiné tel, si je l’eusse démentie et contrefaite ? » J’ai ouï parler d’une autre dame, laquelle, se plaignant de son mari, qui ne la traitait pas bien, l’épiait avec jalousie et se doutait qu’elle lui faisait des cornes. « Mais il est bon ! disait-elle à son ami

