Je roule jusqu'à une galerie d'art. Je gare la voiture dans le parking souterrain, j'enlÃĻve le bracelet qui doit sÃŧrement avoir un GPS, on ne sait jamais. Je le balance sur le siÃĻge passager, puis sors de la voiture. Je place les clÃĐs dans le bac à fleurs à cÃītÃĐ de la Mustang.
Je regarde les alentours et pose les yeux sur une moto à la plaque "T.A.G". Je marche en direction de celle-ci en attachant mes cheveux en queue de cheval. Mes bottines claquent sur le sol. Je prends le casque, sors les clÃĐs quâil y a à lâintÃĐrieur et monte sur la moto. JâinsÃĻre les clÃĐs, dÃĐmarre, puis enfile le casque. Je roule jusquâà lâagence que mâindique le GPS.
Pour plus de sÃĐcuritÃĐ, à chaque fois que je devrai aller à lâagence, celle-ci se dÃĐplacera. Histoire dâÃĐviter quâon nous trouve ou quâun traÃŪtre parle.
Jâarrive devant un game shop. Je descends de la moto et entre à lâintÃĐrieur. Je mâapproche du vendeur, qui lit un magazine. Je mâarrÊte au comptoir.
â Quâest-ce que je peux faire pour vous ? me demande-t-il.
â Un papillon de nuit, dis-je, le mot de passe pour mâidentifier.
Il se fige, soit en entendant ma voix, soit le mot de passe. Il relÃĻve la tÊte, se redresse et me sourit.
â Comment tu vas, Papillon ?
â Et toi ?
â BienâĶ Jâai entendu dire que tu tâes rapprochÃĐe dâErnest Stone. Tâas vraiment des couilles.
Il se penche, les avant-bras posÃĐs sur le comptoir, avec un sourire charmeur.
Lui, câest Rodrigo, un agent toujours au poste dâentrÃĐe. Peau mate, un mÃĻtre quatre-vingts, et charmeur comme pas deux.
â Tu sais que je ne peux pas parler de ça avec toi. Bon, tu mâouvres ou pas ?
â Tu veux toujours pas dÃŪner avec moi ?
â Tâes toujours pas mon style.
Il me fait un clin dâÅil, se redresse et tire le rideau. Je mâavance pour passer quand il me retient par le bras.
â Je semblais Être ton style avant.
â Je me rappelle pas de tout ce que je fais quand je suis soÃŧle.
Je passe le rideau et marche dans le grand couloir sombre qui mÃĻne à une piÃĻce lumineuse. Je pousse le rideau et entre dans la planque : des centaines dâordinateurs connectÃĐs à un grand ÃĐcran.
Je tourne la tÊte vers RodÃĐo, occupÃĐ Ã parler avec une standiste, et mâapproche de lui.
â OÃđ est John ?
â Dans son bu...
Il sâarrÊte net en se tournant vers moi.
â Papillon... Alors, la mission ?
â Je dois parler à John.
â Il est dans la piÃĻce là -bas.
Il me montre du menton. Je marche vers la salle, pousse la porte, et dÃĐcouvre John en train dâembrasser une blonde que je reconnaÃŪtrais entre mille.
Elle a lâÃĒge dâÊtre sa filleâĶ
Je croise les bras et me racle la gorge. Les deux sâarrÊtent et tournent leurs regards vers moi.
La belle blonde aux yeux bleus, câest "Chat", de son vrai nom Catherina. Connue pour se taper John. On nâest ni amies ni ennemies, on a une relation neutre.
â LuâĶ Papillon, se corrige-t-il.
Il se tourne vers Catherina.
â Tu peux nous laisser ?
Elle hoche la tÊte et sort, mâadressant un bref regard avant de fermer la porte. Je regarde John, qui range ses vÊtements et vient vers moi.
â Tu devrais trouver une femme de ton ÃĒge.
â Tu sais que jâaime pas les femmes de mon ÃĒge.
Je lÃĻve les yeux au ciel. Inutile dâaller plus loin dans cette conversation, elle mÃĻnera sur un terrain que je refuse de prendre.
â Alors, comment ça se passe avec Ernest Stone ? me demande-t-il
â Ce type me donne la nausÃĐeâĶ
Je mâinstalle sur son siÃĻge et pose mes pieds sur son bureau.
â Tu as trouvÃĐ quelque chose ?
â Jâai pas commencÃĐ.
â Comment ça ? il me questionne, en fronçant des sourcils.
â Qui est Caleb Stone ?
John croise les bras, sâadosse au bureau.
â Qui câest ?
â Le fils aÃŪnÃĐ de la famille Stone !
Il fronce les sourcils.
â Dâaccord, jâai peut-Être foirÃĐ mon enquÊte sur les Stone, mais un enfant de plus ou de moins, quâest-ce que ça change ?
â Je suis juste venue te dire que tâas foirÃĐ.
â Je mâen excuse.
Je me lÃĻve, mâapproche de lui.
â Et arrÊte de te taper Catherina pendant que les autres sont là . On va croire que tu fais du favoritisme.
â Tâes mignonne.
â La ferme.
Je tourne les talons, puis me rappelle mon problÃĻme principal. Je me retourne vers lui.
â Jâai besoin que tu mâaides pour une employÃĐe de maison.
â Qui ?
â Une gouvernante qui semble Être là pour me surveiller. Jâaime pas ça, donc...
â Je vois. Fais-la virer, je mâoccupe du reste.
â Ouais.
Je sors du bureau et mâarrÊte prÃĻs de la standiste avec qui jâÃĐtais au tÃĐlÃĐphone.
â Tu as trouvÃĐ des choses sur Caleb Stone ?
Elle sursaute, renverse son cafÃĐ. Je soupire, attrape un mouchoir et le lui tends.
â MerciâĶ EuhâĶ Non, rien que tout le monde ne sache dÃĐjà .
â Et concernant ce que personne ne sait ?
â Il faudrait envoyer quelquâun pour rÃĐcolter des informations.
Le temps quâune personne compÃĐtente sâen charge, jâaurai terminÃĐ ma mission avec Ernest.
â Non, laisse tomber. Je mâen occupe.
â Vous en Êtes sÃŧre ? Vous avez dÃĐjà une mission.
â En rajouter une autre ne changera rien.
JâÃĐchange un regard avec John, puis quitte lâagence. Le soir, je rentre au manoir, repose la moto à la galerie dâart et prends la Mustang.
Je gare la voiture, entre, balance les clÃĐs dans le pot et monte prendre une douche. Lâeau coule sur ma tÊte, glisse sur mon corps.
Je sors, enroule une serviette autour de moi et marche dans la chambre. Jâenfile une nuisette et un peignoir en satin. Jâouvre les portes du balcon et sors. Cigarette entre les lÃĻvres, je fixe le manoir principal.
Je dois trouver une façon de rentrer là -bas, si Max a pu se rapprocher d'Ernest, il a soit du rentrer dans le manoir principale ou dans l'un de ses deux manoirs. Celui de Rick ou celui de VÃĐronica.
Jâallume la cigarette, mon regard glisse dans la cour du manoir sombre, des hommes sont rassemblÃĐs autour de quelque chose que je distingue mal.
Jâenfile des chaussures à la va-vite et descends les escaliers. Madame FernÃĄndez se place devant moi.
â OÃđ allez-vous ?
Je lui montre ma cigarette allumÃĐe.
â Je vais prendre lâair.
â Vous avez un balcon dans votre chambre.
â Et vous Êtes une employÃĐe, qui n'a pas a me dire ce que je dois faire.
Je passe à cÃītÃĐ dâelle et sors. Je marche vers le manoir sombre, me baisse derriÃĻre le muret. Je regarde par-dessus : des hommes en noir entourent un autre homme couvert de sang. Il est dÃĐfigurÃĐ. Ils continuent de le frapper.
Câest quoi ce bordel ?
Lâhomme à le choux bas les fait sâarrÊter. Caleb arrive. Lâhomme sort une arme qu'il donne a Caleb qui porte des gants noires, il lui murmure quelque chose, puis sâÃĐcarte.
â Merci dâÊtre passÃĐ dÃŪner ce soir, dit Caleb avec un sourire aux lÃĻvres.
Ce sourireâĶ Il fait froid dans le dos.
â Je vous aurais simplement offert un dessert si vous aviez fermÃĐ votre gueule au procÃĻs ce matin. Vous avez ÃĐtÃĐ un brave homme, malgrÃĐ ma menace. C'est remarquable.
â Laissez-moi partir...
â Bien sÃŧr. Je vous laisserai partir. Je ne suis pas un criminel.
Il lui attrape violemment le visage.
â Une question... Quâest-ce qui rime avec brave ?
Lâhomme tremble, incapable de rÃĐpondre. Caleb sourit, un sourire de pur dÃĐsÃĐquilibrÃĐ.
â Cadavre.
Il tire avant mÊme que lâautre nâait compris. Le coup de feu dÃĐchire le silence. Le sang coule dans la piscine. Caleb redonne son arme a l'homme au choux bas.
â Transforme ça en suicide.
â Oui, monsieur. rÃĐpond-t-il.
Je devrais partir avant quâil me voie. Je recule, mais renverse un foutu nain de jardin. Qui n'a pas lieu d'etre là . Bordel ! Qui a fait ce stupide jardin !
â Qui est là ?
Merde.
Je cours jusquâau muret, le saute et me cache, haletante, je me glisse sur le muret rapidement et marche en direction du manoir. Je reprends mon souffle et entre rapidement dans le manoir en claquant la porte mes mains a plat dessus.
J'ai failli me faire repÃĐrer.
- Mademoiselle Violette ? m'interpelle FernÃĄndez.
Je me tourne face a elle.
- J'ai entendu un bruit qui m'a fait peur. mentis-je.
- Je comprends mais a l'avenir, ne sortez plus dehors pour votre sÃĐcuritÃĐ.
Elle pense a ma sÃĐcuritÃĐ ? La bonne blague, elle devrait penser à sa sÃĐcuritÃĐ...
- Je pourrais avoir de vin ?
- Oui, Mademoiselle, rouge ou blanc ?
- Rouge.
- Bien sÃŧre.
Elle tourne les talons pour aller me chercher le vin, je reste debout devant la porte, mon regard se place dans le juda.
Des hommes sont devant le manoir entrain de faire le tours, l'homme au choux bas s'arrÊte devant le manoir, il tourne soudainement sa tÊte dans la direction de la porte.
Putain !