X L’affrontementPierre les observait. Oriane et Sara venaient vers lui, les bras détachés du corps, la démarche souple. Les vignerons avaient accumulé des tas de souches devant les bulldozers, ils avaient apporté des troncs d’arbres en grande quantité. Ils brandissaient fièrement leurs pancartes. « La route ne passera pas ! », « Non au bronze-cul ! », « Nous voulons vivre de notre travail ! » Le responsable des travaux vint les trouver. — Allez, dégagez, Bon Dieu ! Il se nommait Gustave Albarède. Il avait le visage barré par une épaisse moustache, des yeux vifs, le nez camard. Plutôt petit, c’était un homme ramassé, tout en muscles. Il jeta à la dérobée de brefs coups d’œil sur les souches. — Je vais y mettre le feu, dit-il. — Essaie et je te casse la gueule ! cria Roch Boulou. Oria

