XIII La vente du boisLa petite-fille de Boulou chevauchait depuis le matin sur sa cavale blanche. Elle aimait ces longues promenades qui la conduisaient jusqu’au bord de l’étang. Elle s’imaginait aussi légère qu’un oiseau sauvage, aussi douce que la lumière tourbillonnant autour d’elle sans jamais la toucher. Elle voulait voir de ses yeux cette ville qui naissait, cette ville mystérieuse qui allait se dresser dans le ciel comme une pyramide fouettée par le vent de la mer. La jeune fille avait sur les lèvres le goût de l’herbe rousse. Sa bouche était une fleur épanouie. Lorsqu’elle aperçut la silhouette de Pierre qui allait à pied, elle laissa échapper un cri. Aucun doute, c’était bien lui. Elle calma l’impatience de sa jument. Son cœur bondit dans sa poitrine : oui, elle l’aimait, Pierre.

