Le Havre 6 mai 1945, 11h Traction Citroën : l’arme fataleHenri Poirier et son équipe furent appelés par le chef de bataillon du 89th US Infantry Division à onze heures du matin. Ils partirent en trombe du commissariat à bord d’une Rosalie déglinguée conduite par l’inspecteur Roussel. Les averses commençaient à s’espacer après deux heures de déluge ininterrompu sur Le Havre. Arrivé à la sortie ouest du camp Tareyton, Roussel aperçut un groupe de militaires qui les attendait. Il appuya sur la pédale de frein pour s’arrêter, mais chaussée de pneus lisses, la Rosalie partit en dérapage sur vingt mètres avant d’emplafonner gentiment une Jeep en stationnement. Les deux phares se décrochèrent et chutèrent sur le pavé. Ils tournaient encore comme des toupies quand les trois flics sortirent de la

