Le Havre 7 mai 1945, 14h L’atmosphère bon enfant d’un commissariat à la françaiseLa dernière fois que Tony Cascarino avait eu affaire aux flics, c’était en février 43 à Chicago, avant son départ pour l’armée. Il en gardait un souvenir cuisant, coups sur la gueule et sévices divers. Le tortionnaire, c’était Mac Carty, l’inspecteur musculeux dont la brosse blonde frémissait à chaque fois qu’il frappait. Son adjoint, le petit alcoolique au teint grisâtre qui puait des pieds était encore pire. Pour fayoter, il mettait un point d’honneur à taper plus fort que son chef. À cette époque, si Tony avait eu son Beretta sous la main, flics ou pas, il n’aurait pas hésité à les descendre. Il fut donc très surpris par ce premier contact avec un service de la police française. Il régnait dans le bureau d

