Le Havre 7 mai 1945, 15h Les confessions du grand maigreTony commençait à se détendre. Le commissaire était en train de lui expliquer comment se repérer dans les allées du marché aux puces de Saint-Ouen pour dégotter les plus vieux microsillons de jazz du monde. Soudain, changeant de ton, il se résolut à porter une nouvelle estocade. – Revenons à nos moutons. Pourquoi es-tu allé brandir ton pistolet sous le nez d’Albert Fronsac, mon garçon. Que lui reprochais-tu ? Tony resta un bon moment sans parler, toujours aussi pâle, les yeux dans le vague, sourcils froncés. L’inspecteur Porto se leva avec l’intention de l’exhorter à parler, mais Henri lui fit signe de n’en rien faire. Il savait que Tony, habitué aux interrogatoires de police, était en train de peser le pour et le contre, d’évalue

