Épisode 14

2078 Mots
Une nuit d’amour sans lendemain Épisode 14 Une voix souffla à Liya qu’elle devait tout arrêter, repousser André et lui faire comprendre qu’elle ne faisait pas partie de ses possessions. Mais comment l’aurait-elle pu alors que c’était faux ? Elle était sienne. Complètement. Elle voulait sentir sa chaleur et sa force, se perdre en lui... André promena sa bouche le long de sa joue, vint mordiller le lobe de son oreille, et un trouble intime, une pulsation fiévreuse l’enflammèrent. Sans perdre une seconde, André s’attaqua à la fermeture Eclair de sa robe et la descendit avec lenteur, jusqu’à ce que le corsage s’entrebâille. Quand il dégrafa le soutien-gorge, libérant ses seins, elle ramena instinctivement ses mains devant elle. — Il y a des gens dehors... Tes invités vont s’apercevoir que nous sommes partis. — Mais ils ne nous chercheront pas, ma belle . Ils ont à leur disposition les meilleurs mets et les meilleurs vins, et ils vont continuer à se restaurer, à bavarder et à écouter les musiciens. Nous serons tranquilles. Liya se sentit délicieusement immorale, debout dans le bureau, dénudée jusqu’à la taille, tandis que les échos de la musique et des voix leur parvenaient du jardin. André lui écarta les mains, les remplaçant par ses propres paumes, qui se refermèrent sur ses seins. — Ravissants, dit-il. Et si tentants... Il inclina alors la tête et happa entre ses lèvres la pointe d’un sein, puis la titilla à coups de langue et de légères morsures. Elle l’agrippa par les cheveux. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait eu droit à ces caresses... — André , balbutia-t-elle, je ne crois pas que... — Si, coupa-t-il. Il se mit à s***r les extrémités de ses seins. La tête renversée en arrière, elle ferma les yeux. Il la rendait folle... Elle n’aurait pas dû s’abandonner ainsi, succomber au pouvoir sensuel qu’il détenait sur elle. Mais il y avait si longtemps qu’elle en était privée, et elle s’était sentie si seule ! S’il la désirait à ce point, s’il pouvait aussi peu se dominer, peut-être leur relation avait-elle une chance. Peut-être pouvaient-ils surmonter leurs divergences et être de bons parents, pour l’amour de leur fils. Les caresses de André coupèrent court à ses pensées, et elle se laissa aller à la volupté qui l’envahissait. Elle aurait bien le temps de penser à l’avenir plus tard. — Je veux te toucher, murmura-t-elle. — Alors, touche-moi. Elle lui enleva sa veste de smoking, tira la chemise hors de son pantalon et faufila ses mains sous le tissu pour caresser son torse lisse et chaud, puis pincer les mamelons entre le pouce et l’index. Il laissa échapper un gémissement rauque avant de s’écarter d’elle et d’arracher sa chemise. Malgré elle, elle se laissa aller à admirer son torse superbe. — Est-ce que tu as envie de moi, Liya ? demanda-t-il. Elle hocha la tête en silence. — Alors, viens. Incapable de résister, elle vint se blottir contre lui. Lorsque leurs peaux se touchèrent, un soupir de plaisir lui échappa. Levant les yeux, elle fut remuée de voir son regard embrasé de désir. Comme elle avait envie qu’il l’embrasse... Il était étrange, d’ailleurs, de penser qu’elle n’avait pas encore eu droit à un b****r. Se hissant sur la pointe des pieds, elle voulut aller à la rencontre de ses lèvres. Mais il les laissa glisser au creux de son cou... La fièvre les gagna aussitôt, rapide et brûlante. André fit glisser sa robe à terre, et elle le débarrassa fébrilement de son pantalon. Lorsqu’elle enroula sa main autour de son sexe dur et chaud, le grondement qu’il émit lui donna une audace qu’elle n’avait jamais eue. Se laissant tomber à genoux, elle le fit glisser dans sa bouche et le taquina de sa langue... André laissa échapper une imprécation sourde. Au moment où elle releva la tête, elle vit qu’il avait les yeux clos, la mâchoire crispée par l’intensité du plaisir. Il ne la laissa pas continuer son exploration comme elle le désirait, mais la releva et l’attira à lui, les doigts enfoncés dans sa chevelure. Cette fois, enfin, sa bouche se referma sur la sienne... Un instant plus tard, presque nus, ils avaient basculé sur le bureau et échangeaient des caresses ardentes. La bouche de André dévorait sa peau. Le contact de son sexe contre son intimité éveillait en elle des sensations délectables. Mais cela ne suffisait pas. Glissant les mains vers ses hanches, elle tenta de l’attirer en elle... Mais il ne la laissa pas faire et continua à la caresser, visitant les replis de sa féminité, explorant la chair moite et lui arrachant des gémissements de plaisir. — Tu es si prête, chérie ... , dit-il avec un rire grave et sensuel. Patience... Il y a des choses qui valent la peine d’attendre... — Il y a un an que j’attends, répondit-elle avec passion. Elle vit son regard s’obscurcir, mais elle sut qu’il n’était pas en colère. Au contraire, il était sur le point de basculer, de perdre le contrôle de lui- même. Il était aussi passionné et avide qu’elle, mais ne voulait pas l’admettre. André Néves était habitué à tout maîtriser. Prendre le temps, cela signifiait gouverner son désir, être au-dessus du commun des mortels, ne pas être livré aux émotions brutes. Mais Liya voulait qu’il perde tout contrôle ! Elle ne savait pas pourquoi, mais elle refusait qu’il règle leur échange selon sa volonté. Elle voulait que ce soit aussi v*****t, sauvage et chaotique pour lui que ça l’était pour elle. Elle se redressa et, une fois encore, emprisonna son sexe, si chaud, si dur, dans sa main. — Je t’en prie, André ..., dit-elle, surprise par la note de désespoir qui perçait dans sa propre voix. Je t’en prie... Elle crut pendant quelques secondes qu’il allait ignorer sa requête. Il se contenta de l’embrasser, sa bouche épousant la sienne avec douceur, de façon si parfaite qu’elle noua les bras autour de son cou. C’était un b****r bien plus torride que tous ceux qu’il lui avait octroyés, un b****r profond et absolu, auquel elle se livra comme si elle lui était destinée depuis toujours. Puis il la pénétra, avec une sûreté et une lenteur exquises. Elle haleta, submergée par une sensation de plénitude qu’elle ne se rappelait pas aussi intense. André gémit en s’enfonçant en elle. — Regarde-moi, ma belle .. Rouvrant les yeux, elle fut confrontée à l’intensité brûlante de son regard. Elle en eut un coup au cœur. Il était si ardent, si beau... Et en cet instant au moins, il lui appartenait. — Tu m’enflammes, Liya . Tu me... Quoi qu’il ait voulu dire, la phrase resta en suspens tandis qu’il fermait les yeux, se retirant presque complètement avant de s’enfoncer de nouveau en elle avec une vigueur décuplée. Elle avait oublié à quel point c’était fabuleux, incroyable, entre eux. André la prenait, encore et encore... La tension monta en elle, sans cesse croissante, jusqu’à ce que, enfin, elle ait la sensation d’être précipitée dans l’espace... Son corps frémit et vibra alors qu’elle criait de plaisir. Ses sens exacerbés captèrent la senteur de leur échange passionné, où se mêlaient les parfums des fleurs du jardin et une infinité d’autres odeurs... Mais, surtout, elle était infiniment sensible au corps de André . Il était chaud, dur, vibrant et, en cet instant, il la possédait tout entière. Un long moment plus tard, alors que les dernières vagues de volupté s’estompaient, il s’écarta d’elle et l’aida à se redresser, avant de l’appuyer contre lui. — Je t’emmène, Liya . Dans mon lit. Une objection ? — Pas la moindre, répondit-elle avec un petit rire comblé. André eut un large sourire. — Voilà qui fait plaisir à entendre. Je te promets que cela en vaudra la peine, amour de moi . ** * André se réveilla juste avant l’aube. Quelque chose semblait changé, et il lui fallut un instant dans la pénombre pour comprendre de quoi il s’agissait. Il était heureux. Il fronça les sourcils. Il n’aurait pas dû l’être. Pas du tout, même. Il aurait dû être fou de rage contre la femme qui dormait près de lui. Il lui en avait violemment voulu. Puis il s’était perdu en elle et, depuis, ce n’était plus pareil. Il n’arrivait plus à faire resurgir la colère qu’il avait éprouvée. Il ne lui restait à présent que de la douleur, de la tristesse et du désir. Un océan de désir. Putain , quelle nuit ils avaient passée ! Il se sentait exténué, complètement repu. Il ne se souvenait pas d’avoir été aussi éreinté après l’amour. Sauf, peut-être, la première fois, avec elle... Il rabattit les couvertures et se leva en douceur pour ne pas réveiller Liya , qui dormait sur le côté, le corps pelotonné. Réprimant un élan de désir, il attrapa sur une chaise le jean dont il s’était débarrassé avant de mettre son smoking et l’enfila. Il ignorait quand la soirée s’était terminée, à quel moment le dernier invité s’en était allé. Mais il était sûr qu’ils avaient tous passé un bon moment, en dépit de son absence. Quittant la chambre, il gagna la nursery, qui se trouvait à quelques pas dans le couloir. Il avait d’abord envisagé d’installer Liya et son bébé dans une autre aile de la propriété avant de découvrir la vérité sur la naissance de l’enfant. Ce bébé était donc son fils, et il ne savait pas au juste ce que cela signifiait pour lui sinon que c’était important. Il entra et avança jusqu’au berceau. Le petit garçon dormait sur le dos, les yeux fermés, le souffle régulier. André le contempla, un tourbillon de sentiments prenant possession de son être. C’était là sa chair et son sang. Il le voyait, maintenant. A ses cheveux noir , à la forme de sa bouche, à ses cils étonnamment longs. Cet enfant avait tous les traits distinctifs des Néves Envahi par des sentiments primitifs, il eut envie de prendre le bébé dans ses bras et de le serrer contre lui, mais il ne voulait pas le réveiller alors qu’il dormait si paisiblement. Il continua à regarder le petit garçon, et pensa à sa propre mère. Lui était-il arrivé de le contempler dans son sommeil et d’éprouver l’émotion et l’instinct protecteur qui l’envahissaient en ce moment ? Sans doute pas. Ce qui l’étonnait, c’était qu’il puisse éprouver ce genre de sentiments. Il ne connaissait pas ce bébé, pas vraiment, et pourtant, il savait qu’il ne permettrait jamais qu’on lui fasse du mal. Jamais. Des larmes lui picotèrent les yeux, ce qui le stupéfia. Il les essuya et s’attarda encore près de ewran , si beau et si parfait. Quand il se détourna pour quitter la pièce, il demeura saisi. Liya était sur le seuil, ses cheveux en désordre sur ses épaules. Elle lui avait emprunté une chemise, et elle avait les jambes nues. Elle était si fraîche et si jolie, si ingénue et sensuelle à la fois ! Quelque chose d’obscur lui étreignit la poitrine. Il eut envie de l’attirer contre lui pour la serrer très fort. Mais il ne céda pas à son élan. — Comment va-t-il ? murmura-t-elle. — Il dort. Elle s’approcha et contempla son fils, sourire aux lèvres. André eut très envie de l’embrasser. De la posséder, et de posséder aussi ce sourire. — Il est adorable, dit-elle avec douceur. Un petit bébé bien sage... Elle leva alors les yeux vers lui, et la tristesse de son regard lui serra le cœur. Il était surpris de constater qu’elle avait à ce point le pouvoir de l’affecter. Et qu’il avait tellement envie de la protéger, et de protéger leur bébé. Lui qui n’avait jamais éprouvé de sentiments possessifs envers quiconque... Quelques jours plus tôt, il lui avait ordonné de s’en aller. De prendre l’argent qu’il lui donnerait et de partir. Mais à présent, il ne pouvait plus imaginer de la laisser partir. Il ne voulait pas qu’elle s’en aille. Et l’idée qu’elle puisse le faire l’effrayait carrément. Sans doute ce qu’il éprouvait avait-il transparu sur son visage, car elle lui effleura la joue en disant : — Ne t’inquiète pas. Tu seras bien, avec lui. Il t’adorera. — Je suis sûr que tu es dans le vrai, dit-il, remué jusqu’au fond de son être. Elle l’enlaça et posa sa tête contre son torse. — Tu verras. Tout sera parfait. Il avait très envie d’y croire. Mais il avait appris, longtemps auparavant, que rien n’était jamais parfait. .
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