Épisode 13

3776 Mots
Une nuit d’amour sans lendemain Épisode 13 Lorsque nous atterrissons en France , il faisait nuit noire. Je ne savais pas du tout où nous nous trouvions ; j’ai seulement lu dans la presse que les Néves avaient une maison à Marseille . Je n’ai pas l’occasion d’interroger André , car il monte dans une voiture différente. Je me retrouve dans celle de Sylvia et ewra. , ce qui fut un grand soulagement, après la tension du voyage. Les voitures roulaient dans la nuit jusqu’à ce que nous atteignons une vaste propriété située sur une colline. Je ne suis même pas sûre que je résiderais avec André , avant la descente de voiture je le vois faire signe au majordome. Celui-ci, après s’être incliné, se hâte de donner des ordres aux domestiques. Et les valises furent emportées, disparaissant avec leurs porteurs derrière les doubles portes de la villa. André entre sans m’accorder un regard. J’ai un pincement au cœur. Suivi d’une moue de défi. Non, je n’avais pas la nostalgie de cet instant où il avait dit que je lui faisais « désirer d’étranges choses » ! J’allais oublier au plus vite cette complicité illusoire. Et m’armer pour faire face à la nouvelle situation. On me mene dans une vaste pièce meublée d’antiquités, de tapis orientaux, de miroirs de bois doré, de canapés et de fauteuils. Il y avait un meuble-télévision et un immense lit à baldaquin. — J’aurai besoin d’un berceau — Ce n’est pas utile,madame . Le bébé est installé dans la nursery. Je m’avise que Sylvia ne m’avais pas suivie avec ewran dans les bras. Recrue de fatigue et perdue dans mes pensées, je n’avais pas remarqué qu’ils n’étaient plus à côté de moi . J’ai eu alors un élan de panique. — La nursery ? Où est-ce ? Ma ravissante interlocutrice, aux cheveux noirs ramenés en chignon, continue à sourire comme si elle était dressée à rester courtoise en toutes circonstances, et répond — Pas très loin. — Pas très loin ? C’est inacceptable ! — Mr Néves l’a ordonné, madame . Je ne peux pas contrevenir à ses ordres. Je ne me donne pas la peine de discuter. Je tourne les talons, et quitte la pièce. Je marche en , avançant au hasard, débouchant sur des culs-de-sac ou des pièces vides, revenant sur mes pas pour chercher ailleurs. Je tombe sur un escalier et je me retrouve dans l’immense vestibule. Il était maintenant désert. Je tends l’oreille et perçois un cliquetis de verre, accompagné d’une voix. Me laissant guider, je fais bientôt irruption dans une bibliothèque. Une lampe, sur le bureau, diffusait une lumière douce. Derrière le meuble, un homme était au téléphone, le dos tourné. André . La rage et le désir me submergèrent simultanément. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais à la fois envie de m’en prendre à lui et de le serrer dans mes bras. Je fais un pas en avant et, à ce bruit, André se retourne . Son regard flamboya de colère quand il me vit. Il met aussitôt fin à son coup de fil. — Qu’est-ce que tu veux ? — Comment oses-tu ?. Comment oses-tu ? — De quoi parles-tu, chérie ? Précise ta pensée, ou sors d’ici tant que tu le peux encore. — ewran . Tu l’as mis dans la nursery. Loin de moi ! . — La place d’un bébé est dans une nursery. — C’est mon fils, et sa place est auprès de moi — C’est aussi mon fils, et je veux qu’il soit dans la nursery, où il est en sécurité. — Insinuerais-tu qu’il ne l’est pas avec moi ? — Et quand bien même ce serait le cas ? Je Sens que nous en viendrons aux mains si je réponds à cette provocation — Pourquoi as-tu une nursery, d’ailleurs ? Tu n’es pas marié et tu n’as pas d’enfants... — Maintenant, j’en ai un, non ? — Tu sais très bien ce que je veux dire. — Certes. J’ignore son intonation sarcastique. Il agissait ainsi pour prouver sa supériorité et son pouvoir. Pour me faire peur, tout simplement. — Pourquoi as-tu une nursery ? Il contourne le bureau, s’y appuya et croise les bras. Ses muscles saillirent sous sa chemise. Comment pouvait-il posséder un corps pareil ? Il était clair qu’il faisait du sport mais je me demandais bien quand il en trouvait le temps, puisqu’il semblait s’occuper constamment de ses affaires. Je secoue la tête en m’interdisant de penser à son physique en un tel instant. — Cette propriété appartient à ma famille depuis des générations, chérie . Il y a toujours eu une nursery, ici. Pensais-tu vraiment que mon fils n’aurait pas un endroit réservé, à son arrivée ? Que je ne me soucierais pas de son confort et de ses soins ? Il y avait de la menace dans son intonation. Et aussi de la passion. Etrangement, ce fut la passion qui me frappa. J’examine ses traits, les angles et les méplats de son visage si parfaitement sculpté, et mon pouls s’affole. Je m’efforce de me maîtriser. Je devais garder les idées claires ! — Mon bébé doit rester avec moi. Il n’a pas l’habitude de dormir seul. — Il n’est pas seul, Liya . Il a une nounou. — Il n’a rien à faire d’une nounou !. Il a besoin de moi ! André se dresse de toute sa hauteur, mais je refuse de me laisser intimider, de céder un seul pouce de terrain. — Il lui faut mieux qu’une mère qui tire le diable par la queue, martela- t-il. Il lui faut mieux qu’une mère qui le laisse à des étrangères douze heures par jour. J’inspire profondément, en m’intimant de ne pas fondre en larmes. Il frappait à l’endroit névralgique, évidemment. — Je lui ai apporté tout ce que je pouvais, André . Et je continuerai. — Mais moi, je peux faire plus. Et mieux. Comment peux-tu lui refuser ça ? — Je n’ai jamais dit que je refusais. Mais tu ne nous sépareras pas ! Jamais ! — Que de conviction ! s’exclama-t-il en plissant les paupières. Je me demande ce qui la suscite... Aurais-tu trouvé, toi aussi, ta poule aux œufs d’or ? Te cramponneras-tu à cet enfant jusqu’à ce qu’il t’ait rapporté un maximum d’argent ? Sans réfléchir, je leve la main et m’élance . Une seconde plus tard, André m’emprisonné le poignet, d’une main de fer. Ma paume était immobilisée à quelques centimètres de sa joue. Je me débat , mais il ne me relâcha pas. Au contraire, il m’attira plus près, d’un coup sec, jusqu’à ce que nos corps s’écrasent l’un contre l’autre. C’était la première fois depuis un an que nous étions si proches, et cette sensation me bouleversa. Mes paumes se posèrent sur son torse ce torse viril qui avait nourri mes fantasmes pendant de si longs mois. Je me force à ranimer ma colère, au lieu de m’abandonner à ce que je ressentais : l’impression d’entrer enfin au port après une longue errance en mer. — Tes propos sont ignobles !. J’aime mon fils plus que ma propre vie. Je ferais tout pour lui ! Tout ! — Prouve-le. — Que veux-tu dire ? — Pars, Liya . Laisse-le-moi, et je veillerai à ce qu’il ait tout ce qu’il y a de meilleur. . Comment osait-il essayer de me manipuler? — Pas question ! Tu peux me faire ce que tu veux, je ne céderai pas ! — Est-ce bien sûr ? demanda-t-il avec un éclair dans le regard. — Sûr et certain ! André me repousse et contourne son bureau pour se rasseoir, puis il ouvre un tiroir sans plus prêter attention à ma présence. Il finit par relever la tête. — Il y a une soirée professionnelle, demain. Tu y assisteras. — Une soirée ? — Oui. Tu as signé un contrat, me rappela-t-il avec dureté. Tu es le nouveau visage de audacieuse . Tu m’accompagneras, demain soir. Je ne pouvais guère refuser, nous en étions bien conscients tous les deux. — Où est mon fils ? — La nursery est proche de ta chambre. Un peu plus loin sur la droite. J’imagine que tu as pris à gauche en sortant... Je me trouve stupide. Comment s’y prenait-il pour moi ridiculiser ? — Restons-en là, dit-il en baissant les yeux sur ses papiers. Bonne nuit. ** * Pdv de l’auteur Quand elle fut partie, André enfouit sa tête entre ses mains. Cette femme ne cessait de mettre sa vie sens dessus dessous ! Ce matin, pourtant, tout allait bien dans son univers. Etrangement, il s’était senti satisfait que Liya se trouve chez lui. Il avait eu envie de bavarder avec elle, de la regarder s’occuper du bébé. Son enfant. Son propre fils, se dit-il, la gorge serrée. Pendant le voyage en avion, il avait travaillé sans discontinuer, passé des coups de téléphone, lu des rapports... Tout lui avait été bon pour se changer les idées. Mais il n’avait eu qu’un désir : dire violemment ses quatre vérités à Liya . Puis, il avait eu envie de lui arracher ses vêtements et de la prendre. Peu importait de quelle façon, pourvu qu’il possède cette femme. Cela le mettait en rage. Comment pouvait-il désirer une femme qui lui avait caché l’existence de son fils pour décrocher un contrat ? Elle avait eu de multiples occasions de lui dire la vérité, mais elle ne l’avait pas fait, et il était convaincu qu’elle n’en avait pas eu l’intention. Mais lorsqu’elle aurait eu besoin de fonds, après avoir dépensé son cachet, elle serait venue le trouver en tendant la main... D’ailleurs, quand bien même il lui aurait accordé le bénéfice du doute, aurait-il pu lui pardonner le mensonge obstiné de toute une année ? Elle prétendait avoir écrit et avoir tenté de lui téléphoner. Il n’était certes pas facile de le joindre, mais cela n’avait rien d’impossible. Et Liya connaissait son adresse, contrairement à la plupart des femmes avec lesquelles il était sorti. S’il n’était jamais allé à grand Bassam , que se serait-il passé ? Serait-elle venue le voir un jour ? André frémit. Lorsque sa mère l’avait conduit pour la première fois chez les Néves pour obtenir de l’argent, il avait quatre ans. Il se rappelait encore la mine de son oncle quand ils s’étaient présentés à la villa : choc, colère, confusion. Puis sa mère s’était retirée avec Paolo dans son bureau, tandis qu’il était censé jouer dans le jardin. En fait, il était resté dans le vestibule, et il avait entendu leurs éclats de voix. Il se souvenait d’avoir eu peur, et cru que tout cela était sa faute. Jamais il ne permettrait que son fils vive de telles choses, comme s’il était une source de problèmes, comme s’il n’était qu’un objet de marchandage ! Il se leva, décidé à affirmer ses droits sur son enfant. Liya s’était mise en travers de son chemin pendant trop longtemps. Il fallait que cette situation cesse. Soit il la posséderait totalement, soit il la renverrait une bonne fois pour toutes. ***** Liya en retrait dans l’ombre à l’intérieur de la maison, à la lisière de la terrasse, elle la musique, les voix et les rires du dehors. avait l’impression que son cœur allait éclater tant il battait fort. André l’avait informée le matin même que la soirée aurait lieu dans sa villa. Elle s’était demandé comment elle pourrait tenir son rôle alors qu’elle ne possédait que des jeans et des tennis. Mais, peu après l’annonce de André , une grande femme élégante, accompagnée de trois assistantes, s’était présentée avec une sélection de robes, chaussures et bijoux. Deux heures plus tard, le choix était fixé sur une robe , assortie de tous ses accessoires, y compris la lingerie fine. Liya était maintenant parée de la longue robe blanche, fluide, sans manches, brodée de paillettes iridescentes. Elle n’avait jamais porté une robe aussi belle et aussi onéreuse. Et elle se sentait si peu dans son élément qu’elle était dominée par la nervosité et la peur. Après s’être habillée, elle avait humé le flacon de audacieuse que André lui avait fait parvenir, et su qu’elle ne porterait pas ce parfum : il ne lui correspondait pas. Alors, elle avait vaporisé sur elle un peu de fleur , puis avait quitté sa chambre, le cœur battant, pour descendre au rez-de-chaussée. Elle avait cru que andre l’attendrait au bas de l’escalier, mais il n’y avait personne. La réception se déroulait dans le jardin, par cette belle soirée toscane. Le soleil s’était effacé derrière l’horizon, mais le ciel restait baigné d’or, et le paysage de collines était peu à peu gagné par des ombres croissantes où se mêlaient le vert et le noir. Liya ne se sentait pas à sa place. Elle avait envie de remonter, de rester blottie dans la nursery avec son fils. Mais elle ne pouvait pas battre en retraite. C’était pour ewran qu’elle faisait cela... Pour assurer son avenir. — Je n’aime guère la foule, moi non plus, dit une voix. Elle se retourne avec vivacité et découvrit un homme qui ne se trouvait pas dans la pièce lorsqu’elle y était entrée. Il était grand, beau moins que andre, cependant et souriait. Il avança en tendant la main. — Je ne crois pas que nous nous soyons déjà rencontrés, dit-il . Je suis Michel . Liya lui serre la main. Elle avait le trac. Michel Hervé de la maison du glamour était un homme puissant. La maison du glamour proposait dans ses boutiques une sélection de parfums de luxe pour accompagner ses vêtements et sacs. — Liya , dit-elle. Mais comment avez-vous su... ? — ... que vous n’étiez d’ici ? acheva-t-il en riant. Ma chère, André ne parle que de vous. Vous êtes le nouveau visage de audacieuse . Il la parcourut du regard, et elle rougit. Elle allait devoir s’accoutumer à ce genre d’accueil, même si elle avait l’impression d’être une mystificatrice. — J’ai objecté à André que je n’étais pas mannequin professionnel, mais il semble convaincu que c’est moi qu’il veut. Pour la campagne publicitaire. Michel rit de nouveau. — Oui, André est ainsi. Il s’approche encore un peu et huma l’air autour d’elle. — Est-ce le parfum ? J’avais une odeur différente à la mémoire... — Euh... en fait, balbutia-t-elle, ce n’est pas audacieuse ... — Une nouvelle fragrance ? André n’en a pas parlé. Liya se demande si elle devait être franche ou changer de sujet. Pouvait-elle laisser passer une occasion pareille alors que andre menaçait de lui prendre son bébé ? Parler de fleur à michel Hervé c’était peut-être prendre une option pour l’avenir. Car André n’allait sûrement pas acheter son parfum, après ce qui s’était produit ! — C’est une création personnelle — Vraiment ? demanda Michel en lui offrant son bras avec un intérêt soudain. Venez donc, chère Liya ... Dites-m’en un peu plus sur ce parfum, pendant que nous rejoignons les invités. Liya eu une hésitation. Que penserait André si elle se joignait aux invités au bras d’un autre homme ? La vérité s’impose à elle sans ménagement et lui serra le cœur : il n’y attacherait aucune importance. Il la méprisait, à présent. Il penserait même qu’elle cherchait à jeter son dévolu sur un autre homme riche ! Elle sourit, acceptant le bras de Michel . ** * André , entouré d’un groupe de ses meilleurs clients, parlait de ses projets pour audacieuse lorsqu’un silence soudain se fait parmi les invités. Ses voisins regardèrent par-dessus son épaule, le regard brillant. Il se retourna pour voir ce qui accaparait leur attention... Et resta stupéfait par la gracieuse apparition virginale qui avançait sur la terrasse, au bras de Michel Hervé . Pendant quelques instants, il se demanda qui était cette femme. Il le savait, pourtant dans son cœur, son corps et son âme. Cette vision ne ressemblait pas à la Liya qu’il connaissait et qu’il préférait, comprit-il avec un coup au cœur. La Liya qui venait d’apparaître était élégante et ravissante, avec ses cheveux relevés en chignon révélant la grâce de son cou, et sa robe fourreau qui scintillait à la lumière des torches de la terrasse. André eut un mouvement de colère en la voyant au bras de Michel Hervé ,le dévorant des yeux comme si elle n’avait jamais contemplé un être plus merveilleux. Il voulut l’arracher aux bras de cet individu et la proclamer sienne. Pour que nul homme n’ose la toucher. Au lieu de quoi, il avança à grands pas vers le couple, en train de rire aux éclats. Liya adopta une attitude réservée dès qu’elle le voit , mais Michel n’accorda qu’un bref regard à André avant de déposer un b****r sur la main de Lysa — merci , belle dame , dit-il. C’était un plaisir de bavarder avec vous. — Un plaisir partagé, répondit-elle avec douceur. Un plaisir dont elle ne le gratifiait jamais, constata André . Elle était aimable et attentionnée avec tout le monde, sauf avec lui. Cette pensée le tourmenta alors qu’il parvenait près d’elle et la prenait par la main. — Amore, dit-il, je t’attendais. — Et me voici, répondit-elle avec un sourire qu’il trouva factice. Il contint sa rancœur, et la conduisit parmi les invités, auxquels il se fit un devoir de la présenter. Il veilla à ce qu’elle ait de quoi boire et se restaurer, et la garda à côté de lui. La plupart du temps, sa main fine était enfermée dans la sienne, et ses sens en étaient saturés de désir. Dès qu’il put s’éclipser sans attirer l’attention, il l’entraîna dans son bureau, dont il referma la porte. Puis il se tourna vers elle. Elle était debout dans la pénombre, avec sa robe blanche iridescente qui piégeait les reflets lumineux du dehors. Il franchit la distance qui les séparait. Sa senteur se faufila jusqu’à lui et il se raidit, comprenant enfin ce qui n’avait cessé de l’intriguer depuis une heure. — Tu ne portes pas le parfum . — Non. — Pourquoi ? — Parce que je fais tout ce que tu me demandes, sauf ça. Je le porterai la prochaine fois. — Qui te dit qu’il y en aura une ? — Rien, en effet, répondit-elle après quelques secondes. — De quoi parlais-tu avec Michel ? — D’un tas de choses. De toi, de la campagne publicitaire, du temps qu’il fait. — Rien d’autre ? — Qu’est-ce que ça peut te faire, André ? Tu ne t’intéresses à moi que comme ambassadrice de ton parfum. — Tu es la mère de mon enfant. — Parce que ça compte pour toi, maintenant ? Je croyais que j’étais un obstacle, un simple problème à régler. La pertinence de ces mots le piqua au vif. — Et je le réglerai, . Ewran est mon fils et mon héritier. Je ne te permettrai pas de me priver de lui, ni de l’utiliser pour avoir barre sur moi. Suis-je bien clair ? — Tu es révoltant ! s’exclama-t-elle. Je suis navrée que tu aies eu à subir certaines épreuves, dans ton enfance, mais je ne suis pas ta mère, et je n’abandonnerai pas mon fils. Tu ne peux pas m’acheter. Je te combattrai jusqu’au bout, André , et je ne reculerai devant rien. Si tu m’y forces, je divulguerai tout sur le Net. J’alerterai les médias et je vous traînerai dans la boue, toi et neves Cosmetics. Il fut envahi d’une fureur sourde, mais il éprouva aussi autre chose. De l’excitation. Il le comprit au frémissement de son corps, à la tension de ses nerfs à fleur de peau. Il avait envie de la toucher, de la pénétrer, de la sentir se cramponner à lui, s’enrouler autour de lui alors qu’il la faisait jouir, encore et encore... Il se retint de céder à son propre vertige, à l’attrait de ce moment irréversible où il plaquerait sa bouche sur la sienne, où il n’aurait de cesse d’obtenir le reste de son corps. — Essaie un peu, pour voir, lui dit-il. J’ai assez d’argent pour obtenir que tout ça soit effacé. Un simple tweet selon lequel André Néves était injuste envers une pauvre femme suffirait, certes, à lui causer beaucoup de tort. Mais il avait déjà affronté ce genre de situation et n’en avait pas peur. — C’est ta façon d’opérer, je parie ! lui lança-t-elle. Tu achètes les gens. Tu les menaces, tu ordonnes, et on t’obéit. Eh bien, ça ne vaut pas pour moi, André . Et sois sûr que je te traînerai devant les tribunaux, s’il le faut ! Il aurait ri s’il n’avait été aussi furieux. Elle n’avait aucune idée du pouvoir qu’il détenait. Il pouvait l’embourber dans une série de procédures jusqu’à ce qu’elle n’ait plus les moyens de tenir. Même si elle gagnait, il ne lui resterait plus un centime, une fois qu’elle aurait payé les avocats. Soudain, il fut las de se battre avec elle et avec lui-même alors que tout ce qu’il voulait, c’était la posséder. S’emparer sauvagement d’elle. Pourquoi continuer à résister à son désir ? Il allongea le bras et l’attira à lui, si bien que leurs corps se trouvèrent l’un contre l’autre ; il posa ses doigts là où l’échancrure plongeante de la robe dénudait son dos, et les sentit frémir comme si un courant électrique les animait. — Le chaton sort ses griffes, murmura-t-il. Elle renversa la tête en arrière, quêtant son regard. Son membre réagit, butant contre le tissu de son pantalon, et il sut, en voyant la dilatation de ses yeux, qu’elle avait senti son érection. Elle n’essaya pas de s’écarter, et il jubila. Elle avait crispé les doigts sur sa chemise, et ses yeux brûlaient de fièvre sensuelle. Il ne s’était pas trompé. Elle le désirait. Eperdument. — Je ne suis pas un chaton, André , dit-elle en fixant sa bouche. Je parle sérieusement. — Je sais, dit-il en la plaquant contre son sexe. Elle eut un soupir étranglé. Puis elle remua les hanches. C’était un geste à peine ébauché, mais il sut qu’elle était perdue aussi perdue que lui, aussi impuissante à lutter contre ce qui les aimantait. — Je te déteste, gémit-elle alors qu’il la soulevait pour se frotter contre le cœur de sa féminité. — C’est ça, ma belle , tu me hais... — Ce n’est pas normal, je ne devrais pas ressentir ça, pas après toutes les choses que tu as dites... Il ne l’aurait pas dû non plus. Mais il inclina pourtant la tête, faisant courir ses lèvres sur son cou. — Ne pense pas, dit-il. Ressens, c’est tout... Abandonne-toi à ce que nous éprouvons...
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