Épisode 12

1367 Mots
Une nuit d’amour sans lendemain Épisode 12 Liya La peur s’était emparée de moi, et m’enveloppais le cœur, m’étreignant à présent tel un étau. André , à côté de moi, se montrait plus glacial que jamais. Il était clair qu’il me haïssait. Je souffrais de voir que notre complicité naissante avait été anéantie par la révélation qui venait d’avoir lieu. Momentanément, je reste paralysée, effrayée de penser qu’il pouvait me bannir de sa vie et me priver de mon fils. Ewran agrippe mon blouson , et mon amour pour mon fils me soulève en m’insufflant la force nécessaire. Je réponds avec un regard déterminé : — Tu ne me sépareras jamais de mon petit garçon. — Tu oublies qui détient le pouvoir, chérie , répliqua-t-il. — Et tu oublies qui est la détentrice de l’autorité parentale — Ça peut changer. — Non, Non. Tu ne peux rien contre ça ! André n’était plus l’homme avec qui je venais de passer quelques jours. Il montrait son visage le plus sombre, le plus effrayant. Mais je suis prête à le combattre de toutes mes forces. Il était hors de question qu’il me prenne Ewan ! — Tout le monde a un prix, Liya . Même toi. — Erreur, Je suis navrée que tu aies eu une enfance difficile, et que ta mère ait renoncé à toi pour de l’argent. Mais j’aime Erwan et je ne l’abandonnerai pas ! Ton argent n’y changera rien ! — Nous verrons, chérie , rétorqua-t-il avec un regard étincelant qui me fait frissonner. Il n’ajoute rien pendant tout le reste du trajet. Il prend son téléphone et, avant que nous n’arrivions près du jet en attente sur le tarmac, il passe plusieurs coups de fil dans un anglais rapide. Je l’écoute , les nerfs à vif, me demandant à qui il parlait, ce qu’il pouvait bien projeter. S’adressait-il à ses avocats ? A quelqu’un qui me refoulerait lors de ma montée en avion, tandis qu’il me prendrait ewran et s’envolerait vers l’Europe ? Je serre mon enfant contre moi, résolue à empêcher coûte que coûte une telle éventualité. Au pied du jet, André me demande de confier ewran à Sylvia, qui attendait au bas de la passerelle. Je refuse, malgré l’accueil chaleureux de la nounou. Je monte, tenant mon fils au creux d’un bras et agrippant de l’autre la rampe métallique. André me suivait de près, et je pouvais sentir son eau de toilette. Je devinais aussi sa colère implacable. Mais son corps trop proche m’enveloppais de sa chaleur, et je me hâte d’augmenter la distance, et d’avancer dans la cabine. L’avion était d’un luxe impressionnant : cuir blanc, finitions de bois sombre et acier chromé. Il y avait un bar, un téléviseur, un canapé, des fauteuils confortables. — Il y a deux chambres et plusieurs salles de bains. L’une de ces dernières était plus vaste que mon ancienne chambre à Bassam . Je savais que andre était riche : dirigeant d’une multinationale, il était aussi l’héritier du patrimoine familial. Mais, jusqu’à cet instant, je n’avais pas mesuré l’étendue de cette fortune qui, bientôt, serait peut-être employée contre moi. J’ai signé un contrat de plus de 200 millions . Mais ce n’était qu’une goutte d’eau comparé à ce que possédait André Néves . Il y avait de quoi s’inquiéter... Je panique lorsque la porte de la cabine se referme avec un bruit sourd. Et si André essayait de me prendre ewran ? J’ai envie de récupérer mon fils, que je viens de confier à Sylvia, et de dévaler la passerelle, de courir à travers l’aéroport, très loin de cet appareil qui allait n’emporter de l’autre côté de l’océan, dans un pays où je ne connaissais personne. Et où je n’aurais évidemment aucun pouvoir. Je me tourne pour rejoindre Sylvia et rester avec mon bébé pendant la traversée, puisque toute fuite était maintenant impossible. Mais André était là, imposant, qui me toisait avec froideur et dédain. Une douleur poignante me saisit quand je pense à la soirée de la veille, au dîner. Je m’étais presque sentie proche de lui, à ce moment-là. Presque. — Il faut que tu t’assoies et boucles ta ceinture, dit-il. Nous décollons dans quelques minutes. — Je veux être avec Ewran . — Sylvia s’en occupe. Elle est payée pour ça. — Mon idée de l’éducation n’est pas de payer une nounou. Il a besoin de moi. — A partir de maintenant, il aura ce qu’il y a de mieux. Et Sylvia est ce qu’il y a de mieux. — Et moi, je suis sa mère. J’ai donné à Ewran tout ce que je pouvais .Mais, bien sûr, ce n’était pas ce qu’on pouvait offrir quand on disposait d’une fortune. Je n’allais pas céder pour autant. Je dois faire preuve de courage. Et tenir tête à André . — Les soins d’un enfant, ce n’est pas qu’une affaire d’argent. Ewran a besoin de l’amour et de l’attention que je lui apporte. — C’est ça ! lâcha-t-il. Comme lorsque tu le déposais chez la voisine pour aller au travail. Il avait sûrement de l’amour et de l’attention à foison, à ce moment-là ! — Je faisais de mon mieux. Après tout, tu n’étais pas là pour m’aider. Et tu n’y étais pas parce que je n’avais pas pu te joindre. Tu m’avais clairement signifié que je ne devais plus te contacter. Il bondit de son siège — Pour me vendre du parfum ! s’écria-t-il. Tu ne devais plus me contacter au sujet de ton maudit parfum ! — Et comment aurais-je su que tu faisais cette distinction, vu que tu avais ordonné à ton assistante de refouler mes appels ? J’étais censée envoyer des signaux télépathiques, peut-être ? Dans l’espoir que ça marcherait ? Je fais mine de décrocher un téléphone et de le porter à mon oreille — Oh ! tiens, Liya ... Mais cette fois, c’est important ! Il serre les mâchoires avec une expression orageuse. Je fais volte-face, me laisse tomber dans un fauteuil et boucle ma ceinture. Je frémis de nervosité et de tension, les mains repliées sur les accoudoirs. André s’assoit sur le siège voisin, même s’il y avait quantité de fauteuils libres, et bouclé à son tour sa ceinture. Il bouillait de fureur. — Si tu l’avais vraiment voulu, tu aurais trouvé un moyen ! lança-t-il. Mais au lieu de ça, tu m’as laissé croire que ce bébé avait un autre père. Un homme marié qui t’avait abandonnée et te laissait crever de froid et de faim. Tu as menti. Et si je n’avais pas compris la vérité, tu aurais continué à me mentir. — Je n’ai pas dit qu’il était marié. C’est toi qui as supposé que... — Tu as confirmé ! Qu’est-ce que je pouvais croire d’autre, au vu de ton comportement ? Mais en réalité, tu avais peur d’être prise en flagrant délit de mensonge. — Oui, j’avais peur ! J’étais inquiète parce que tu m’avais offert un moyen de sortir de ma situation. Si je t’avais dit la vérité et que tu avais réagi comme la première fois, je serais revenue à la case départ. Et cette fois, je devais songer à mon fils. Il n’était pas question que je te permette de lui faire du mal. André plisse les paupières d’un air menaçant. Je sens soudain que sa colère manifeste n’était que la partie émergée de l’iceberg. Sa fureur était infiniment plus profonde que je ne l’avais supposé. Il se contrôlait mais de justesse. — As-tu envisagé une seconde que je pourrais avoir une réaction différente en apprenant que j’avais un fils ? Surtout après ce que je t’avais dit de mon enfance ? — Pas au début. Mais j’avais l’intention de t’informer. Je voulais juste le faire au bon moment. Il se penche vers moi, me foudroyant du regard. — Et pour quelle raison est-ce que je te croirais ? — Au... aucune — C’est bien ce que je pensais. Il s’appuye contre le dossier du fauteuil, rigide de fureur, alors que le jet commençait à rouler sur le tarmac. — Tu regretteras ton silence, Liya , dit-il. Tu le regretteras amèrement, crois-moi, quand j’en aurai fini avec toi. .
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