XII – LA FOSSE CREUSÉE Olympe de Treguern resta ainsi longtemps, immobile et perdue dans le recueillement de sa douleur. Elle ne parlait plus. Le feu de ses yeux avait séché ses larmes. Elle contemplait le pauvre visage pâle de Stéphane, où les mouvements de la lumière mettaient parfois une sorte de vie. Mais ce mensonge ne la trompait plus. Stéphane était mort. Il avait eu vingt ans la veille. Hélas ! À cet âge, le danger appelle et attire. Stéphane n'avait pas voulu croire quand on lui avait dit : La mort est là ! Il avait fermé l'oreille à la voix de sa fiancée comme à la voix de ses pressentiments. Vous souvenez-vous ? quelques heures à peine écoulées, comme il était beau, comme il était heureux ! comme il portait haut sa jeunesse souriante et fière ! comme il poussait son fringant


