Marthe Bonjean précise d’un geste large : — On est à 850 mètres et on domine tout. Et si on prend le chemin juste derrière la ferme, ça grimpe une bonne heure, et c’est la crête et la Loire de l’autre côté avec les Alpes qui se détachent dans le lointain les bons jours. Cela n’a pas de prix ! Mais je ne suis pas montée là-haut depuis au moins vingt ans, j’ai trop de travail ici ! Jean-Baptiste passe la soirée derrière le feu. Le moindre bruit l’inquiète, et tout craque sous le coup de la chaleur, les poutres et le plancher. Il dort mal. La grande vague dépressive gagne de nouveau du terrain, une marée trop longtemps retardée va le couper de la terre. Il se fait l’impression d’un insulaire tropical qui doit se barricader dans l’urgence d’un cyclone. Une profonde envie de pleurer repousse


