IV La rencontreLorsque Jean-Baptiste pénètre dans la ville qu’il fréquente depuis tant d’années et qui mêle des millions d’histoires, agrégées depuis des siècles dans sa mémoire collective, il sait qu’il n’est plus le même homme. Il remonte lentement vers la vieille ville. Son appartement, un quatre pièces cuisine au parquet en fougère et à la hauteur de plafond considérable, l’a protégé de l’affolement contemporain. La cour du XVIIIe siècle est chaleureuse, avec une fontaine qui coule goutte à goutte et des hortensias géants. La vieille ville est recroquevillée, la grande tour de guet de la cathédrale noire lui montre à longueur de temps son horloge. Il passe quelques jours un peu déboussolé. Il éprouve une sensation particulière, comme si quelqu’un le suivait en permanence, enquêtait su


