VIII La chapelleUn vent froid a succédé aux pluies incessantes de la dernière semaine, et Jean-Baptiste Monge ne parvient pas à se réchauffer. Après deux heures de route, il s’est garé sur un terre-plein herbeux et a emprunté ce chemin difficile et glissant. La montée dure vingt bonnes minutes qui l’essoufflent. Les terres abandonnées ont cédé sous l’avancée de la friche, par moments resserrée, épaisse, quasi forestière. Des clairières apportent des respirations herbeuses, des amorces de prairies parsemées de rochers polis témoignent de l’activité d’herbivores sauvages. Jean-Baptiste marche à petits pas. Il y a quelque chose dans l’air. Est-ce une réminiscence du pèlerinage lointain que les pénitents empruntaient pour la chapelle des hautes herbes ou l’incertitude de sa démarche ? Il cher


