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Un seul être vous manque et tout est dépeuplé disait Lamartine, malheureusement beaucoup de personnes ne connaissent pas le sens véritable de cette phrase.
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Karim Firdaous
Le début de l'année scolaire était comme la fin de la dernière. Avec Aïcha on se voyait toujours chez elle après les cours, j'était tombé complètement fou de cette fille, je ne parlais de d'elle, ne respirais que par elle, je l'avais dans la peau. Tout le collège était au courant qu'on sortait ensemble, on était The Couple. On était devenu célèbre dans l'enceinte de l'école, le beau métis et miss la jolie intélo, on ne passait pas quelque part en étant ensemble sans les entendre chuchoter entre eux. Moi ça me foutait le seum que tout le monde s'intéresse à notre couple mais Aïcha trouvait ça mignon donc je ne disait rien. Deux mois après la rentrée scolaire, ma mère est tombée malade. Je m'inquiétais pour elle mais elle me disait que ce n'était rien, que ça allait passer et que je devais me concentrer sur mes études. Deux jours plus tard je suis rentré et j'ai trouvé notre voisine qui m'attendais devant notre chambre. Je lui demandât ce qui n'allait pas en entrant dans la chambre, je pose mes affaires et elle entre et me dis qu'elle avait retrouvé ma mère inconsciente dans la chambre et elle l'a amené à l'hôpital. Sans écouter plus de mot je lui ai demandé où elle l'avait amené et j'y suis parti en trombe. Arrivé, je me suis dirigé vers la réceptionniste.
-Bonjour Mme, je cherche ma mère, on l'a amené ici elle était inconsciente je lui demande à bout de souffle, j'avais sprinter tout le chemin.
-Son nom je vous prie elle me répond en s'apprêtant à taper sur son clavier. Après lui avoir donné et me donne le numéro de la chambre et j'y suis allé. En entrant je trouvé un médecin entrain de lui administrer je ne sais quoi par piqûre. Quand il m'a entendu entrer il s'est retourné et m'a dis:
-Seule la famille est autorisé à entrer, veillez sortir s'il vous plait.
-C'est ma mère.
-Lui: Ah dans ce cas vous pouvez entrer.
-Est-ce qu'elle va bien Docteur ? Qu'est ce qu'elle a ? Elle va s'en remettre ? je lui demandais sans respirer une seconde.
-Une question à la fois il me répondit en souriant. Il m'invite à le suivre dans son bureau. Oui elle va bien pour le moment et pour de quoi elle souffre je dois en parler aux adultes de sa famille...
- Mais Mr je suis sa seule famille, y'a pas d'autres membres de la faille que vous pourriez appelé !
-Ah me dit-il en se grattant la tête.
-Docteur wax ma lane mo khew ( dites-moi ce qu'il y'a ). Certes je suis jeune et que je suis la seule famille qui lui reste mais ça ne fait pas autant de moi un enfant dans l'âme, je comprend déjà que quelque chose ne vas kone gawéma ( donc dit moi ).
-Je vous comprend il me répond. C'est pourquoi je m'en vois navré de vous apprendre ça, aucun enfant ne devrait avoir à vivre ce qui vous arrive. Après un bref instant de silence il reprend votre mère a un cancer du sein et malheureusement il a été diagnostiquer à un stade très très avancé. Il ne lui reste plus beaucoup de temps...
Durant toute la discussion, j'étais debout devant lui et lui assis sur son bureau en écoutant religieusement ses propos. Mais quand il m'a dit ça, je ne sais comment mais je me suis retrouvé genoux à terre, la tête entre les deux mains. Mon cœur battait à tout rompre, ma tension cardiaque était à son summum. Je repensais à nos moments ensemble, toutes les fois où elle me prenait dans ses bras pour me réconforter à cause de l'absence d'une figure paternelle, à chaque fois qu'elle me disait " Je t'aime plus que ma propre vie, mon fils ".
Elle a énormément souffert de l'absence de sa famille, de mon père pour qui elle avait tout envoyer valser, du manque de cette personne sur qui elle pourrait s'adosser, se confier, se sentir protéger et aimer. Mais malgré tout elle souriait pour ne pas que je ressens sa souffrance mais je le voyais. Je lui disais les yeux pleins d'espoir " Maman quand je serais grand et que j'aurais un bon travail, je prendrais soin de toi, tu n'auras plus rien à faire ou à te soucier de quoi que ce soit. Je ferais de toi la reine que tu es, je prendrez tous les rôles pour toi, mère, père, mari, fils, ami, confident et enfin tu pourra te reposer et me laisser m'occuper de toi comme tu le fais avec moi. Je te promet ". Et à chaque fois elle me prenais dans ses bras, me faisait un gros bisou sur le front et me répondait larme à l'œil " Le seul fait de te voir grandir, de voir dans tes yeux tout l'amour que tu éprouve pour moi, de voir l'esprit dans tes yeux et surtout de voir la personne magnifique, mature et formidable que tu devient malgré ton âge me rempli de joie. Mais tu sais mon fils, même le plus grand des amours, le vœu le plus cher ne peuvent rien face à la volonté divine, dans la vie l'homme propose et Dieu dispose ". Je n'avais jamais compris le sens de cette dernière phrase mais maintenant tout semble s'éclaircir d'un coup, elle savait déjà. Elle savait déjà pour sa maladie mais par faute de moyen et sûrement pour ne pas m'alerter, elle me l'a caché.
En ce moment je faisais tout pour ne pas craquer, ne pas craquer devant cet inconnu et surtout pour être fort pour ma mère. Mais ce que moi même j'oubliais c'est que je n'étais qu'un enfant. Certes j'étais plus mature que la plupart des enfants de mon âge ou même ceux plus âgés mais mon cœur lui n'avait pas oublier qui j'étais: un enfant non voulut par son père, dont la mère s'est décarcassée comme un beau diable pour subvenir à ses besoins et comme elle le disait si bien, malgré tout mon vœu de la garder près de moi pour toujours, elle va me quitter, j'ai proposé, Dieu va disposé. Beaucoup de gens me diront qu'ils comprennent ce que je ressens mais honnêtement vous êtes tous loin, très loin du compte. Tout ma vie je n'ai connu ni père, ni oncle, ni tante, ni frère, ni sœur, ni grands-parents, je n'ai connu qu'elle. Ma mère m'a toujours dit que est Dieu miséricordieux, que nous les Hommes sont ses préférés de toute sa création, qu'Il nous aiment etc. Je ne veux pas blasphémer, loin de moi cette idée mais quand la souffrance, la vraie s'empare de vous, vous vous demandez si c'est vraiment le cas, comment peut-on à ce point faire souffrir une personne, de surcroît un enfant. Dieu éprouve ceux qu'Il aime aime dit-on et qu'Il ne met une charge sur nous supérieure à ce que l'on peut supporter mais je ne suis qu'un ado, sans père. Vais-je survivre si je perd la seule personne que j'ai dans ma vie ? Non je ne penses pas !
Le Docteur m'avait réconforter du mieux qu'il pouvait et j'ai pu me ressaisir non sens difficulté et aller voir ma mère avant la fin des heures de visites. Je lui ai demandé pourquoi elle me l'avait caché mais je savais déjà la réponse donc pas de surprise ce côté. Elle m'a demandé d'être fort, de prier pour elle et que yalla baxna ( Dieu est bon ). Le reste du temps j'ai essayé de ne pas faire fi de la situation et essayer de lui redonner le sourire tant bien que mal et au final elle s'était endormi dans mes bras. J'ai posé sa tête sur l'oreiller, je lui ai fait un bisou sur le front et je suis rentré à la maison. Sur le lit, ce lit qui est sienne j'ai repensé à ma vie, à nos moments et toute la tristesse, les larmes que je retenais depuis que j'étais entré dans cette chambre d'hôpital sont remontés à la surface, une puissante vague de souffrance et de tristesse que j'ai craqué. J'avais pleurer toute la nuit, j'avais tellement mal à la tête que je ne suis pas allé en cours.
Après avoir but un tasse de lait chaud je suis reparti à l'hôpital et m'a mère ma convaincu de rentrée tôt et me reposer pour pouvoir retourner à l'école le lendemain. Quand je suis arrivé j'ai trouvé Aïcha décent la porte de notre chambre à m'attendre. Elle était inquiète que je ne sois pas venu à l'école. Je lui ai tout raconté les larmes aux yeux, elle m'a réconforté et m'a dit qu'elle reviendrait le lendemain pareil heure. Le lendemain elle est venu comme promis et venu l'heure de rentrer elle m'a tendu une enveloppe dans laquelle j'ai trouvé de l'argent. Elle m'avait ensuite expliqué qu'avec Issa ils ont décidé de faire une quête ( comme le font beaucoup d'élèves dans nos écoles quand un camarade perd un parent... ) et avec l'aide des autres il ont fait le tour de l'établissement, même les profs avaient participaient d'après elle. Quand je fis le compte et que je tombe sur 300 milles FCFA je fus grave surpris. Je la remercia et lui demandât de faire de même à la classe de ma part.
Trois semaines plus tard, mère a été rappelé à son créateur. " Chaque âme goûtera à la mort " ; " De Dieu nous venons et vers lui nous retournerons " dit le coran. Et en bon m******n je devrait m'y résoudre et surtout que j'avais le temps pour me préparer à la triste nouvelle mais combien même on saurait le jour, l'heure, la minute, jamais on ne s'y sera bien préparé, c'est indéniable, je le sais maintenant... Le jour de son enterrement il n'y avait pas beaucoup de monde. Dans d'autres circonstances ça serait tristes, mais ma mère a toujours aimé vivre dans la discrétion, alors qui suis-je pour changer ça dans sa mort. Ce jour-là mon monde s'est véritablement écroulé j'ai tellement pleurer que j'ai cru que j'allais la rejoindre. Rien qu'à cette idée je le disais que c'est ce qui pourrait m'arriver de mieux vu où j'en suis. Après que tout le monde soit partis, je suis rester seule devant sa tombe, les genoux au sol et je prier en silence, je ne pleurais plus. A quoi bon même, ça ne la ramènera pas. Tout ce que je pouvais faire c'était prier pour son salut éternelle. J'étais à fond dans mes pensées quand je senti une main se poser sur mon épaule. Après avoir essuyer les quelques traces de larmes qui restaient sur mon visage je me suis levé tout doucement et je me suis retourné. Y'avait un homme devant moi, teint claire, environ la trentaine qui me regardait avec pitié. Personne ne parlait, on se contenté de se regarder. Plus je le regarder plus je me disais que je le connais mais où. Et d'un coup la ressemblance m'a frappé, je voulais tellement me jeter dans ses bras, pleurer mon désarroi, me confier à lui, le laisser me consoler, me dire que tout vas bien aller maintenant qu'il est là et redevenir seulement l'enfant que j'était il y'a de cela quelques mois.
Mais je me ressaisi avant, je ne devais rien ressentir pour cet homme. Je me devais de le détester, de le haïr au plus profond de mon être. Tout ce qui arrive est de sa faute, à cause d'elle ma mère a eu un enfant hors mariage, dans le haram, à cause de lui toute sa famille lui a tourné le dos, à cause de lui elle a arrêter ses études pour s'occuper d'un enfant, mis sa vie, ses rêves en suspend, elle qui avait tellement d'espoir en lui. Et lui qu'est ce qu'il fait, il l'a mis en cloque et s'est barré comme un voleur. Jamais je ne pourrait lui pardonné ça... Voyant que je ne réagissais pas il s'approcha de moi en ouvrant ses bras pour me faire en câlin sûrement. Je le stoppa nette et avant qu'il ne comprenne quoi que ce doit, deux aller retour sur sa face. Je voulais lui crier ma rage au nez, l'insulter, le tabasser à mort le maudire mais il n'en valait pas la peine. Je le laissa planté là le nez en sang et rentre chez moi le cœur lourd...
Mais hélas comme on dit, un malheur ne vient jamais seul...
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Vivement que ça vous ai plu, alors
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