XXIII

158 Mots
XXIII Ou, du moins, qu’on l’a rencontré dans un moment inopportun, alors qu’une inégalité d’âge, vraiment déplorable, vous sépare de lui de toute la distance qui existe entre une mère et son enfant ! – Agissons donc en mère ! se dit la princesse. Elle mit, dans cette philosophique résolution, toute la vivacité que les femmes déploient d’habitude pour poursuivre la réalisation de leurs caprices. Il était difficile de se livrer chez elle, – à cause des gardes du corps, toujours en faction, – au moindre aparté. La princesse se rabattit sur les promenades. Son médecin, afin de combattre une certaine tendance qu’elle pourrait avoir, plus tard, à engraisser, lui avait conseillé la marche. Chaque jour donc, vers cinq heures, escortée de sa garde d’honneur – ce mot était du prince encore, – elle se mit à parcourir l’ombreuse et magnifique avenue de Lichtenthall. Une heure pour aller, autant pour revenir. Que de choses on pouvait se dire ! Les Allemands se tenaient derrière, par ordre, à cause du peu de largeur du sentier.
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