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202 Mots
XX Le baron de Féreste, qu’elle se fit présenter, – aussitôt qu’elle apprit qu’il était gentilhomme, – vint la tirer de sa torpeur. Non pas qu’elle eût des desseins sur lui, grand Dieu ! cela serait horrible à supposer. Mais il avait une pétulance, une gaieté ! Il exhalait la passion de vivre par tous les pores. Elle ne pouvait se lasser d’admirer en lui quelque chose de poétique et de candide, de naturel et de distingué, d’aimable, d’imprévu, d’impétueux, qui contrastait singulièrement avec le flegme et la raideur de ses Allemands, et qu’elle aimait, parce que cette manière d’être, à ses yeux, était par-dessus tout française. Les autres, ils lui faisaient l’effet d’hommes de bois. Mais celui-là, il avait du sang dans les veines, des muscles sur les os, un cœur bouillant dans la poitrine et de la résolution dans la tête. Celui-là, bien certainement il ne reculerait devant rien, s’il s’agissait… Quand elle en était là de ses réflexions, la princesse, dans le but de s’encourager sans doute, dirigeait les yeux sur Arthur. Mais alors, le voyant avec ses joues imberbes, son teint de fille, sa contenance presque enfantine, elle soupirait et se disait tout bas : – Si j’avais seulement dix ans de plus ! Mais à trente-cinq ans, – et je n’en avoue que vingt-sept ! – je ne peux véritablement pas… car cela serait ridicule… Ah ! quel malheur qu’il soit si jeune !
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