LVIII
J’ai dit que pendant que son père et sa mère conversaient à son sujet, le jeune Arthur les écoutait à travers la porte. La comtesse reprochait à son mari, en termes éloquents, l’abominable idée qu’il avait eue d’envoyer leur fils au collège. C’était là, disait-elle, que cet enfant avait appris des choses qui ne se trouvent ni dans la géométrie de Legendre, ni dans le cours de géographie de Cortambert. Le comte répliquait avec bonhomie que, puisque les jeunes gens devaient apprendre, tôt ou tard, ces choses-là, autant valait qu’ils les apprissent de leurs camarades que d’autres personnes ; que, d’ailleurs, le collège avait toujours été considéré par les esprits sages comme l’institution la mieux faite pour rendre les hommes sociables. La comtesse lui coupa la parole juste au milieu de sa théorie, et déclara que son fils ne remettrait jamais les pieds dans ces écoles de pestilence. L’enfant apprendrait mieux, chez lui, avec un précepteur ; et elle espérait bien qu’il n’était pas trop tard pour réformer ses mœurs.