I
Le précepteur que choisit madame de Féreste pour réformer les mœurs d’Arthur se nommait Hermès. C’était un bon garçon, fort doux, d’une trentaine d’années, instruit, comme on l’est généralement quand on a parachevé ses études à l’École normale et qu’on s’est trouvé lancé dans la vie, à la façon de Vulcain, par un grand coup de pied que vous a libéralement octroyé l’auteur de vos jours. Le coup de pied dont notre précepteur avait à se plaindre, n’était rien moins que le mariage de son père avec une demoiselle qui lui mangea, en peu de temps, ce qu’il possédait. À vingt ans, le digne garçon, si studieux, se trouva donc sur le pavé, avec ses lauriers universitaires pour toute fortune. Il avait, dans le cœur, un ardent amour pour le bien, d’immenses illusions, et supposait qu’il suffisait de se conduire en honnête homme pour parvenir à tout dans ce monde. Un peu d’expérience le tira d’erreur. Il traversa successivement, en qualité de pédagogue, quatre maisons des mieux posées, et qui toutes semblaient devoir lui assurer un avenir. La première était un hôtel du noble faubourg Saint-Germain.