II

162 Mots
II Là, du matin au soir, on faisait une opposition terrible au Roi-citoyen. On l’accusait, entre autres belles choses, de pratiquer des coupes sombres dans les bois de l’État, de placer des sommes énormes en Amérique et en Angleterre, et de fomenter des émeutes pour le plaisir de faire massacrer les Parisiens. Charles X, en revanche, qui s’était fait chasser pour avoir v***é la Charte, et qui, lorsqu’il n’était encore que comte d’Artois, avait, s’il m’en souvient, mené une existence assez folâtre, passait pour le monarque le plus sage et le particulier le plus vertueux. Il ne fut pas possible à un jeune homme aussi sincère que l’était Hermès d’avaler toutes ces couleuvres sans protester au moins par des clignements d’yeux. On se méfia, on l’interrogea, et comme, à l’École normale, il avait pris la fâcheuse habitude de dire ce qu’il pensait, on comprit qu’il n’était pas digne de former l’esprit et le cœur d’un fils des croisés, et, avec toute sorte de ménagements, – tels que de lui donner vingt-quatre heures pour faire ses malles, – on le fit sortir par la porte.
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